À la défense de la planète Terre

Pierre Rabhi possède encore sa ferme en Ardèche,...

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Pierre Rabhi possède encore sa ferme en Ardèche, d'où il a popularisé l'agriculture biologique en France.

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(Québec) «La terre, elle est faite d'abord pour nourrir l'humanité, elle n'est pas faite seulement pour faire des dollars.»

Celui qui parle ainsi l'a travaillée pendant longtemps, cette terre, pour nourrir sa famille. Et il la chérit toujours. Pierre Rabhi, Français d'origine algérienne, est à la fois agriculteur, philosophe, écrivain et expert international en sécurité alimentaire. Il est de passage au Québec, dans la foulée du Jour de la Terre, pour parler d'agroécologie, sa spécialité, et de «sobriété heureuse», un concept qui se rapproche de la simplicité volontaire bien connue au Québec. C'est d'ailleurs chez lui qu'il logeait quand Le Soleil l'a joint au téléphone.

Parler d'agriculture avec M. Rab-hi, c'est parler de la terre dans un sens large, celle que l'on cultive, celle que l'on habite et, malheureusement, celle que l'on détruit. «Je ne suis ni pessimiste ni optimiste. Je suis simplement réaliste. Si nous continuons à nous comporter comme nous nous comportons, il est évident et clair que nous nous dirigeons vers le désastre», insiste-t-il de sa voix douce et posée.

L'homme de 72 ans en a contre cette obsession de la croissance économique, basée sur l'exploitation des ressources naturelles. «On ne peut pas appliquer à un système planétaire vivant limité un principe qui, lui, serait illimité», dit-il en paraphrasant l'économiste Nicholas Georgescu-Roegen, qui vantait déjà les mérites de la décroissance dans les années 70.

C'est pour rendre ce concept plus concret qu'il a inventé l'expression sobriété heureuse, qui met le consommateur - devenu citoyen - au centre d'un «nouvel art de vivre fondé sur la modération». Si on consomme moins, «on va moins prélever, il y aura moins de baleines à tuer, moins de forêts à détruire», résume-t-il. M. Rabhi ramène son interlocuteur à quelques besoins fondamentaux : «être nourri, avoir accès à de l'eau potable, être soigné et avoir un toit». En tant qu'agriculteur et écologiste, il s'intéresse particulièrement au premier et se demande pourquoi les gouvernements tardent à financer la conversion de toutes les fermes à l'agriculture biologique.

«Actuellement, il y a des moyens un peu ambigus, on laisse croire qu'on est un peu préoccupés [par l'environnement], on fait des petites réformes. Mais il n'y a pas de petite réforme avec la terre. Il faut choisir soit une technique, soit l'autre, mais pas trouver des intermédiaires. L'agriculture biologique fonctionne bien. Ça produit en quantité et en qualité, pourquoi ne pas l'adopter?» demande l'expert, qui suggère de procéder par étapes pour ne pas trop bousculer les agriculteurs et «désintoxiquer» la terre. L'idée est aussi d'éviter que les agriculteurs des pays en développement reproduisent les erreurs de leurs camarades occidentaux, «un séisme potentiel».

Bien sûr, cela demanderait beaucoup de courage aux politiciens, qui devraient rompre avec les lobbies de la finance, des semences et même avec ces groupes de citoyens qui ne veulent rien changer à leurs habitudes, concède le philosophe. Mais il en va de la cohérence de leurs actions et de leurs discours. Une cohérence à laquelle il tient mordicus dans sa propre vie et qu'il voit se répandre autour de lui avec une satisfaction évidente.

Alors qu'il prêchait autrefois dans le désert (sans jeu de mots sur son Algérie natale ou son implication en Afrique), M. Rabhi constate que les étudiants, les agriculteurs, même les entrepreneurs sont de plus en plus ouverts. «Des consciences s'éveillent, mais il ne faut pas en rester aux constats.»

Conférence à Québec

Pierre Rabhi prononce deux conférences aujourd'hui à Québec. L'une, gratuite, sur l'agroécologie, à 12h30, au Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack de l'Université Laval. L'autre a lieu ce soir, à 19h30, à l'auditorium 1 du Musée de la civilisation. Il faut réserver son billet (8 $ pour les adultes et 3 $ pour les étudiants et les Amis du Musée) au 418 643-2158.

 

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