En quête d'un poulet sans antibiotique

Le poulet, viande la plus populaire au Québec... (Photothèque La Presse)

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Le poulet, viande la plus populaire au Québec avec le quart des ventes au détail, n'échappe pas à la mode. C'est sans antibiotique qu'on le réclame, comme le porc et le boeuf d'ailleurs.

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Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Les éleveurs de volaille du Québec aimeraient bien être les premiers à produire du poulet sans antibiotique à grande échelle. Mais le défi est de taille.

Actuellement, le poulet élevé sans antibiotique est considéré comme un produit de niche, au même titre que le poulet biologique, qui doit en plus manger des grains certifiés bios et avoir accès à l'extérieur. Pierre Fréchette, directeur général des Éleveurs de volaille du Québec (EVQ), ne peut chiffrer la production en pourcentage tant elle est minime. En 2009, environ 280 millions de kilogrammes de poulet de toutes sortes ont abouti sur le marché. 

Le consommateur recherche des produits toujours plus naturels. Le poulet, viande la plus populaire au Québec avec le quart des ventes au détail, n'échappe pas à la mode. C'est sans antibiotique qu'on le réclame, comme le porc et le boeuf d'ailleurs. Pour répondre à la demande, les éleveurs travaillent à l'élaboration d'un modèle de production intensif qui soit viable. Car le même consommateur rechigne à payer davantage pour ses poitrines.

Deux projets de recherche ont été retenus. Le premier, qui est déjà démarré, consiste à identifier les techniques d'élevage sans antibiotique ayant donné les meilleurs résultats un peu partout dans le monde. Le deuxième volet consistera à reproduire et à améliorer ces techniques dans un milieu d'élevage conventionnel québécois. Le but ultime est de garder la même productivité qu'actuellement afin de maintenir les prix au plus bas.

Des taux accrus de maladie et de mortalité sont en effet constatés dans les grands troupeaux où l'usage des antibiotiques est banni. «Ça fonctionne un élevage, deux élevages, puis ça devient problématique», explique Martin Dufresne, producteur dans Lanaudière et président des EVQ, en marge de l'assemblée générale annuelle du syndicat, au Centre de congrès et d'expositions de Lévis.

Personne n'ose prédire combien de temps il faudra pour pérenniser la production sans antibiotique, puisque d'autres ont déjà tenté leur chance sans grand succès. «L'Ontario essaie, les Américains, je ne sais pas, mais l'Europe s'est essayée aussi. S'il y avait vraiment de l'élevage à grande échelle sans jamais aucun antibiotique, on serait le premier pays à le faire, probablement», précise M. Fréchette, à la fois prudent et plein d'espoir.

Les antibiotiques administrés à la volaille sont ajoutés à petites doses dans la moulée dans le but de prévenir les infections et les problèmes de digestion. Une période de retrait est prévue afin que les médicaments soient éliminés par les oiseaux avant l'abattage.

Des tests sont réalisés sur la viande pour repérer les résidus, suspectés d'engendrer la résistance aux antibiotiques chez l'humain. D'où la quête d'un produit le plus près possible de la nature.

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