Axes Network sort des nuages

Axes Network compte sur une escouade d'une quarantaine... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Axes Network compte sur une escouade d'une quarantaine de travailleurs, le tiers d'entre eux s'activant en recherche et développement.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Sous le radar. Depuis son envol, il y a quatre ans, Axes Network est passée pratiquement inaperçue dans le ciel québécois.

Mis à part un court communiqué de presse publié en septembre 2015 par Anges Québec annonçant une quatrième ronde de financement de plus de 2 millions $ de la part d'anges investisseurs dans le capital de la jeune pousse de Québec, Axes Network serait demeurée dans l'anonymat le plus complet.

«C'était voulu ainsi», confie au Soleil son président et chef de la direction, Earle G. Hall.

Il fallait d'abord mettre en orbite Axes Network.

Le lancement a été réussi.

Pour Axes Network, le moment de sortir de l'ombre est donc arrivé.

Destinée à l'industrie des casinos, sa technologie infonuagique (cloud) de collecte et de gestion des données permettant l'augmentation de l'efficience des opérations et de l'efficacité organisationnelle des maisons de jeu, a été adoptée par une cinquantaine de clients dans 35 pays.

Axes Network compte sur une escouade d'une quarantaine de travailleurs, le tiers d'entre eux s'activant en recherche et développement.

Earle G. Hall s'y connaît en matière de démarrage d'entreprise.

«J'en suis rendu à ma septième startup. Axes Network, c'est ma dernière. J'ai d'autres projets à réaliser avant de mourir!» raconte le diplômé du Collège militaire royal du Canada - aussi titulaire d'une maîtrise de l'École nationale d'administration publique (ENAP) - et étudiant au doctorat en psychologie organisationnelle.

Cet Américain qui se décrit comme étant «plus Québécois que les Québécois eux-mêmes» s'y connaît aussi en matière de casino. 

Et ce n'est pas parce qu'il y a laissé une fortune!

En effet, Earle G. Hall a été pendant une dizaine d'années le principal dirigeant de DEQ Systèmes, une entreprise technologique cotée à la Bourse de Toronto qui avait pignon sur rue à Lévis. Exerçant aujourd'hui ses activités à Las Vegas, DEQ aidait les casinos à dénicher de nouvelles sources de revenus en leur proposant des solutions de bonification des gros lots et de fidélisation pour les tables de jeu.

Actionnaires aux poches profondes

Avant de renaître à Québec, Axes Network avait connu une première vie à Sherbrooke. La société offrait des solutions de gestion de paiements automatisés pour les casinos.

À l'instar de nombreuses jeunes pousses, l'entreprise, un jour, a frappé un mur. Des investisseurs de haut calibre aux poches profondes ont décidé, il y a quatre ans, de ranimer Axes Network.

À Québec, cette fois.

Parmi eux, Alain Allard, le fondateur de RD Tech, qui avait vendu, en 2005, son entreprise spécialisée dans la fabrication de tests de contrôle non destructif pour détecter les fissures dans les grands ouvrages à Olympus pour la somme de plus de 115 millions $.

Le Fonds Lune Rouge est aussi actionnaire d'Axes Network. Le Fonds Lune Rouge, c'est la compagnie d'investissements technologiques de Guy Laliberté, le fondateur du Cirque du Soleil.

Boîte noire

L'innovation technologique d'Axes Network est dissimulée dans une petite boîte noire qui, installée dans le coeur d'une machine à sous, enregistre toutes les activités. 

Absolument rien ne lui échappe. Le nombre de mises effectuées. Le laps de temps entre chacune des mises. Le rendement de la machine. Est-elle trop généreuse? 

L'information est recueillie par le logiciel puis dirigée vers des serveurs distants - le fameux cloud - plutôt que sur la machine de l'utilisateur. Ce qui permet, par exemple, à un opérateur de plusieurs sites à travers le monde de consulter, en temps réel, la performance de chacune de ses machines à sous et d'intervenir, par exemple, pour débrancher celles qui sont soudainement trop généreuses.

Si, à l'époque de DEQ Systèmes, la mission d'Earle G. Hall était de faire en sorte que les casinos engrangent plus de profits, ce n'est pas le cas avec Axes Network.

«Nous répondons à une demande pressante de l'industrie du jeu qui est confrontée à l'accroissement des contrôles exigés par les gouvernements qui veulent combattre le jeu illégal et le blanchiment d'argent», explique-t-il.

Avec sa petite boîte noire, Axes Network offre aux propriétaires un outil de traçabilité des transactions et de contrôle de conformité. 

«En quelque sorte, nous sommes devenus les meilleurs amis des policiers chargés de mener les enquêtes de blanchiment d'argent dans les maisons de jeu. Et, par la bande, des gouvernements qui cherchent à récupérer les sommes d'argent qui lui échappent.»

Pour l'instant, Axes Network met tous ses oeufs dans un seul marché, celui des maisons de jeu, même si sa technologie infonuagique de gestion des informations s'applique à plusieurs autres secteurs.

Cet automne, l'entreprise va déployer la seconde phase de sa croissance en faisant profiter les casinos et les joueurs des milliards d'informations contenues dans sa base de données. En effet, elle détient une quantité inimaginable de renseignements sur les habitudes de jeu de pas moins de 1,3 million de joueurs. «Les casinos ont faim pour ce type d'informations et nous allons être en mesure de leur fournir des contenus analytiques.

Axes Network deviendra-t-elle, un jour, une société cotée en Bourse?

«Pas avant que sa valeur atteigne 100 millions $», s'empresse de préciser Earle G. Hall qui, à l'époque de DEQ Systèmes, appréciait le contact avec les actionnaires.

«Chose certaine, la compagnie est conçue et structurée pour devenir une société publique.»

***

«C'est fou, fou, fou»

Les talents recherchés par Axes Network se trouvent chez Coveo ou ailleurs dans les autres entreprises «technos» de la capitale.

«Je ne vais quand même pas aller chiper les gars et les filles qui travaillent pour des chefs d'entreprise avec qui je prends l'avion plusieurs fois par année!» insiste le président et chef de la direction d'Axes Network, Earle G. Hall.

Lui aussi s'arrache les cheveux pour trouver des travailleurs à Québec. «Il n'y a personne sur le marché. Tout le monde est en emploi.»

À ses débuts, Axes Network comptait sur une petite équipe d'employés en Irlande. 

«Là-bas, j'avais trouvé assez facilement des ressources. Par contre, je tenais à ce que la compagnie se développe et grandisse à Québec, et ce, en dépit des difficultés d'attraction et de rétention de la main-d'oeuvre que nous connaissons. Nous avons alors décidé de fermer le bureau en Irlande.»

Dangereuse surenchère

Ses employés, Earle G. Hall affirme bien les payer.

«L'une de mes fiertés, c'est de dire que je paie mon monde mieux que mes compétiteurs. Moi, je veux avoir les meilleurs dans mon équipe.»

Il reconnaît, cependant, que la ville de Québec devient de moins en moins compétitive par rapport à d'autres marchés.

Pour retenir les meilleurs talents, il y a une espèce de surenchère qui fait exploser les salaires.

«C'est fou, fou, fou ce qui se passe ici. Pas certain que toutes les entreprises vont être en mesure de suivre la parade. Leur profitabilité, éventuellement, va en souffrir.» Évidemment, les travailleurs profitent de cet environnement «fou, fou, fou».

«À la limite, un salarié pourrait changer d'employeur trois fois au cours de l'année et gagner 40 000 $ de plus à la fin de l'année», expose M. Hall.

«En plus du salaire, les gars et les filles se font offrir des tas de bénéfices par les employeurs, comme les services d'une femme de ménage!»

La «deuxième maison»

S'il estime offrir une rémunération supérieure à ses troupes dont la moyenne d'âge dépasse à peine la trentaine, Earle G. Hall sait que seuls les billets verts ne parviendront pas à retenir un salarié dans son milieu de travail. 

C'est pourquoi la communication, le plaisir, les activités sociales et la culture d'entreprise occupent une place de choix dans la compagnie dirigée par Earle G. Hall qui, dans ses temps libres, prononce des conférences sur la «science du bonheur».

«Le boulot, pour les jeunes, c'est leur deuxième maison. Pour eux, il ne doit pas y avoir de barrière entre la vie personnelle et le travail. Ils veulent triper. Ils travaillent fort, mais ils veulent aussi pouvoir se la couler douce à leur guise. Moi, ça me fait capoter quand j'en vois deux, en plein après-midi, s'amuser à jouer au ping-pong. Les vieux de ma génération ne jouent pas au ping-pong en plein après-midi! Chaque fois, je me retiens pour ne pas passer un commentaire, car je sais que, bien souvent, ils vont m'envoyer un courriel à 23h30 pour proposer une solution à un problème.»




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