Irma donne des maux de tête aux agences de voyages

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Même si elles tentent de rassurer leurs clients, les agences, qui vendent les forfaits de voyagistes ne peuvent pas encore dire ce qui arrivera à ceux dont le départ est prévu au cours des prochaines semaines.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Irma donne des maux de tête aux agences de voyages, qui peinent à répondre aux nombreuses questions de leurs clients prévoyant s'envoler prochainement vers certaines destinations des Antilles ravagées par le passage de l'ouragan.

«Le volume d'appels est beaucoup plus important, explique Annie Prémont, propriétaire de Club Voyages Prémont, qui exploite quatre points de vente. Nous recevons l'information au compte-gouttes. Les voyagistes gèrent les cas urgents.»

Accompagné de puissants vents, Irma a ravagé des endroits comme Saint-Martin et Saint-Barthélemy, Barbuda ainsi qu'Anguilla en plus de déferler sur certains endroits prisés par les touristes à Cuba - comme Cayo Coco et Cayo Santa Maria.

«Chaotique à Cuba»

Même si elles tentent de rassurer leurs clients, les agences, qui vendent les forfaits de voyagistes comme Transat A.T. ou Sunwing, ne peuvent pas encore dire ce qui arrivera à ceux dont le départ est prévu au cours des prochaines semaines.

«Notre problème, c'est que nous sommes tributaires des informations des voyagistes, qui eux, attendent des informations des hôteliers sur place, affirme le vice-président de l'exploitation chez Voyages Bergeron, Fabrice Bozon. À Cuba, c'est un peu chaotique.»

Ce dernier affirme que le volume d'appels «est multiplié par 10» en raison de cette «situation exceptionnelle».

Le son de cloche est similaire du côté de Voyages Collection Monde, située à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, où sa propriétaire, Judith Bélisle, tente de gérer un véritable «casse-tête» au chapitre de la logistique.

Celle-ci dit être sans réponse devant les interrogations de clients ayant réservé, par exemple, à Cayo Santa Maria pendant le temps des Fêtes, et qui craignent que l'hôtel dans lequel ils doivent séjourner ait été endommagé ou détruit.

«Même pour nos clients qui doivent partir en octobre, les voyagistes ne nous répondent pas pour le moment», explique Mme Bélisle.

Par sa politique sur les ouragans, Transat A.T. propose entre autres aux voyageurs qui devaient s'envoler vers Fort Lauderdale en Floride ou Varadero, Cayo Coco, Santa Clara et Holguin à Cuba de retarder leur séjour ou d'en modifier la destination.

Une porte-parole, Debbie Cabana, a expliqué par courriel qu'entre-temps, la situation était évaluée «dans chacune de nos destinations».

Une assurance?

Lorsqu'un voyagiste détermine qu'un complexe hôtelier est en état d'accueillir des voyageurs, ceux-ci ne peuvent changer leur fusil d'épaule et récupérer leur argent - à moins de détenir une assurance permettant d'annuler un séjour à tout moment.

Chez Club Voyages Prémont, environ 30 % de la clientèle opte pour cette protection, qui peut coûter de 200 $ à 300 $ par personne.

«C'est une assurance plus dispendieuse comparativement à un produit qui dépend de clauses médicales ou de décrets gouvernementaux, souligne Mme Prémont. Pendant la saison des ouragans, les prix sont moins élevés, mais ils reflètent ce risque.»

À l'Office de la protection du consommateur, on ne s'attend pas, pour le moment, à ce que la situation entourant Irma soit à l'origine d'une multitude de litiges entre consommateurs et voyagistes.

«Il va certainement y avoir des cas pas tout à fait clairs où la possibilité de voyager ou de ne pas voyager ne sera pas perçue de la même façon que l'on soit le client ou le fournisseur», dit son porte-parole, Charles Tanguay.

Advenant que des consommateurs s'estiment lésés au terme de leur séjour, c'est à eux que revient la tâche de prouver que la destination n'était «pas conforme» à ce que l'on faisait miroiter lors de la vente du voyage.

«Il faut documenter que le voyage ne valait pas la somme déboursée», fait valoir M. Tanguay.

Opinions divergentes

Pour le moment, si Mme Prémont anticipe une montée du prix des forfaits pour les Québécois qui voudront troquer la neige pour les plages cet hiver, M. Bozon s'attend à ce que l'impact soit limité.

«S'il y a moins d'hôtels et de destinations, il peut y avoir un effet boule de neige sur les prix, croit la propriétaire de Club Voyages Prémont. Nous n'avons pas eu un bel été. L'effet était déjà ressenti sur le nombre de réservations.»

Pour sa part, le vice-président de l'exploitation chez Voyages Bergeron croit que les voyagistes peuvent offrir de nouvelles destinations, ce qui devrait diminuer l'effet de rareté.

À son avis, des endroits comme le Mexique et la Jamaïque pourraient être les «grands gagnants» de la «situation malheureuse» provoquée par le passage de l'ouragan Irma dans les Antilles ainsi qu'en Floride.

Tesla débride à distance les batteries des conducteurs fuyant Irma

Alors que des millions d'habitants de Floride avaient... (AP, Mike Stocker) - image 3.0

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Alors que des millions d'habitants de Floride avaient reçu l'ordre d'évacuer avant l'arrivée de l'ouragan Irma, Tesla a facilité le voyage de certains d'entre eux en déverrouillant à distance la capacité de la batterie des Model S et des Model X.

AP, Mike Stocker

Dans un généreux geste de relations publiques, le constructeur de voitures électriques américain Tesla a débridé à distance cette fin de semaine la capacité des batteries de certains véhicules circulant en Floride pour mieux fuir la tempête Irma.

Alors que des millions d'habitants de Floride avaient reçu l'ordre d'évacuer avant l'arrivée de l'ouragan, Tesla a facilité le voyage de certains d'entre eux en déverrouillant à distance la capacité de la batterie des Model S, une berline, et des Model X, un VUS.

Alors que ces batteries sont verrouillées à 60 kWh, l'interrupteur à distance a étendu leur capacité à 75 kWh, leur permettant de rouler plus longtemps sans avoir besoin d'être rechargées.

Le blogue spécialisé Electrek a le premier rapporté l'initiative. Un porte-parole de Tesla a confirmé ce geste à l'AFP lundi.

À la demande d'un client

Tesla a décidé d'offrir cette extension après qu'un propriétaire de ses véhicules en détresse en Floride a joint le constructeur pour lui demander d'optimiser sa batterie alors qu'il fuyait l'ouragan sur la route.

Ce déblocage à distance, qui normalement est offert commercialement pour la somme de 4500 à 9000 $US (5445 à 10 895 $) suivant les modèles, n'est que temporaire. Le sésame s'éteindra le 16 septembre. Il offre quelque 48 km de circulation supplémentaire, donnant à la voiture une autonomie totale de quelque 370 km.

Ce geste bénévole et bienveillant de Tesla a aussi suscité des critiques sur l'emprise qu'une entreprise peut désormais exercer à distance sur ses clients. Comme le rapportait le blogue Jalopnik : «Le geste est louable et approprié, mais on peut aussi y voir une perspective terrifiante de notre avenir automobile.»

Titre en hausse

Le titre du constructeur de Palo Alto, en Californie, qui a aussi lundi annoncé un renforcement de son réseau de chargeurs électriques dans le pays, a clôturé la journée de lundi à 363,69 $, en hausse de 20,29 $ ou 5,91 %, à la Bourse de New York.  AFP

Les ouragans troublent le monde de la réassurance

Les grands réassureurs mondiaux, réunis à Monaco en congrès, ont commencé à se préoccuper de la facture que laisseront les ouragans Harvey et Irma, au moment où le secteur est mis sous pression par une érosion des prix et des taux.

«Harvey et Irma sont des événements significatifs pour l'industrie, (...) ils vont dominer les discussions ici à Monte-Carlo», a déclaré Torsten Jeworrek, l'un des dirigeants du réassureur allemand Munich Re, lors de la grand-messe annuelle du secteur qui s'est ouverte dimanche.

Après avoir ravagé plusieurs îles des Antilles, Irma a frappé dimanche un chapelet d'îles très touristiques en Floride et remontait lundi la côte ouest de l'État américain. Fin août, l'ouragan Harvey a provoqué de très importants dégâts au Texas et en Louisiane.

Rien qu'aux États-Unis, ces catastrophes pourraient avoir provoqué pour 300 milliards de dollars de dégâts, a estimé le service de météorologie privé Accuweather.

Seule une partie des coûts sera couverte et il est trop tôt pour évaluer précisément la facture totale, dont devront s'acquitter assureurs et réassureurs, selon la plupart des professionnels présents à Monaco.

À lui seul, l'ouragan Harvey devrait se solder par une charge d'environ 30 milliards de dollars pour les assureurs, a estimé dimanche Munich Re.

L'ampleur de ces ouragans risque de mettre sous pression un certain nombre de compagnies, déjà secouées par un contexte économique difficile.

Le marché de la réassurance souffre depuis plusieurs années d'un environnement de taux bas qui limite les gains sur les sommes placées tandis que l'intense compétition au sein du secteur tire les tarifs vers le bas.

D'un côté, «les catastrophes naturelles récentes vont doper la demande aux États-Unis, nous le voyons déjà, et faire remonter les tarifs de la réassurance» dans la région, mais «il est encore tôt pour dire si le marché mondial va suivre», a prévenu Munich Re.

De nombreux dégâts et régions du monde ne sont toujours pas couverts par les assurances. De nouveaux risques aussi, avec la montée en puissance ces prochaines années du marché de la cyberassurance.

L'écart entre les dégâts mondiaux et les pertes assurées en matière de catastrophes naturelles et événements climatiques représente jusqu'à 180 milliards de dollars, a estimé lundi le réassureur helvétique Swiss Re, signe de l'ampleur des risques et zones encore non couverts.




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