TransCanada pourrait abandonner le projet Énergie Est

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TransCanada dit vouloir s'accorder le temps d'examiner les récents changements apportés par l'Office national de l'Énergie à son processus d'évaluation environnementale.

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Roxanne Ocampo
La Presse Canadienne
Montréal

L'avenir du controversé oléoduc Énergie Est semble incertain, alors que TransCanada a demandé à l'Office national de l'énergie de suspendre l'examen du projet de 15,7 milliards $.

L'entreprise établie à Calgary dit vouloir ainsi s'accorder 30 jours pour étudier les récents changements apportés par l'Office national de l'énergie (ONÉ) à son processus d'évaluation environnementale.

En août, l'ONÉ avait annoncé que la portée de son examen du projet Énergie Est serait élargie pour tenir compte de la production de gaz à effet de serre durant sa construction et son exploitation.

Dans son communiqué diffusé jeudi soir, TransCanada (TSX:TRP) mentionne la possibilité de carrément abandonner le projet. Un représentant de TransCanada n'a pas rappelé La Presse canadienne.

L'oléoduc de 4500 kilomètres doit acheminer 1,1 million de barils de pétrole par jour des sables bitumineux de l'Alberta et de la Saskatchewan jusqu'au Nouveau-Brunswick, en passant donc par le Québec et l'Ontario. Le pétrole est destiné aux raffineries de l'est du pays, mais aussi aux marchés d'exportation, à partir du port de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Le directeur d'Équiterre, Steven Guilbeault, ne se dit «pas du tout» étonné par cette débâcle, puisque l'annonce de l'ONÉ avait selon lui enfoncé «un clou de plus dans le projet» le mois dernier.

En entrevue avec La Presse canadienne, Patrick Bonin, de Greenpeace Canada, abondait dans le même sens.

«Il est très évident que TransCanada ne veut pas passer un vrai test au niveau des émissions de GES parce qu'elle sait très bien que ce projet-là serait littéralement recalé», a-t-il exposé.

M. Bonin souligne que le projet Énergie Est fait face à un «mur d'opposition au Québec», en plus d'aller à l'encontre des engagements du Canada dans la lutte aux changements climatiques, notamment en vertu de l'accord de Paris.

Steven Guilbeault dit d'ailleurs observer peu d'engouement à l'égard de ce projet d'oléoduc du côté du gouvernement de Justin Trudeau.

«On ne peut pas faire une chose et son contraire, a renchéri M. Bonin. Énergie Est est l'équivalent d'ajouter, en termes de pollution, sept millions de véhicules sur les routes.»

Signe de détresse

Les deux environnementalistes voient dans l'annonce de vendredi un signe de détresse de la part de TransCanada.

«Je pense qu'il y a un message qui est envoyé actuellement aux actionnaires de la part de l'entreprise : c'est que ce projet-là est solidement dans le trouble», a avancé M. Bonin.

«Pour nous, TransCanada est aussi bien de tirer la plogue au lieu de se faire souffrir comme ça, a-t-il poursuivi. Les gens sont de plus en plus conscients que c'est un projet qui est mauvais pour l'environnement, qui menace l'eau potable, qui va à l'encontre des droits des Premières Nations.»

Patrick Bonin estime qu'il s'agit d'un troisième revers essuyé dans ce dossier.

En 2015, TransCanada avait déjà dû renoncer à son projet de terminal maritime et de réservoirs de stockage de pétrole à proximité du port de Gros Cacouna, une zone du Bas-Saint-Laurent fréquentée par des bélugas de l'estuaire du Saint-Laurent.

Puis, il y a un an, le processus d'audiences publiques de l'ONÉ sur le projet d'oléoduc Énergie Est avait déraillé lorsqu'on a appris que deux membres de la commission avaient rencontré en privé l'ex-premier ministre Jean Charest, qui était alors consultant pour TransCanada. En janvier, l'Office a décidé d'invalider toutes les décisions de l'ancien comité et de reprendre tout le processus depuis le début avec un nouveau comité.

Pour Steven Guilbeault, la suspension des applications auprès de l'ONÉ représente «un pas de plus» vers l'avortement du projet - une «inévitabilité».

«Je ne serais pas surpris si à la fin de cette période d'étude, TransCanada décide de mettre le projet sur la glace formellement ou simplement de le retirer, a-t-il lancé. Ce projet-là est un projet du XIXe siècle qu'on a essayé de faire passer au XXIe siècle.»

L'annonce de TransCanada concerne aussi l'application projet Eastern Mainline, une conduite de 279 kilomètres qui serait vouée au transport de gaz naturel. Les propositions d'Eastern Mainline et d'Énergie Est ont été soumises ensemble puisque, si elles se concrétisent, un gazoduc préexistant serait converti en oléoduc.




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