Transporter ses travailleurs entre Montréal et la Beauce

Sigma Industries possède trois usines dans la Beauce,... (fournie par Sigma Industries)

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Sigma Industries possède trois usines dans la Beauce, deux à Saint-Éphrem (photo) et une à Sainte-Clotilde, et deux autres au Manitoba.

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(Québec) Chaque dimanche, Sigma Industries nolise un autobus pour aller chercher des travailleurs à Montréal. Le vendredi en fin d'après-midi, après le boulot, l'autocar quitte la Beauce pour ramener tout ce beau monde dans la métropole.

Ainsi va la vie pour la compagnie spécialisée dans la fabrication de produits en composite qui possède trois usines dans la Beauce - deux à Saint-Éphrem et une à Sainte-Clotilde - et deux autres au Manitoba.

«Durant la semaine, nous les logeons, nous les nourrissons et nous veillons à répondre à tous leurs besoins», explique le président et chef de la direction de Sigma, Denis Bertrand.

La pénurie de main-d'oeuvre dans la région de Québec, et plus particulièrement dans la Beauce, oblige les entreprises et les autorités gouvernementales à se creuser les méninges pour trouver mille et une stratégies pour recruter des bras et des cerveaux.

«Nous allons chercher des travailleurs à Montréal depuis au moins 18 mois et nous ne sommes pas les seuls à agir de la sorte. D'autres entreprises le font également. Nous n'avons pas le choix, c'est le plein emploi dans la Beauce. La seule place pour dénicher des chercheurs d'emploi, c'est à Montréal», souligne M. Bertrand au Soleil.

Chaque semaine, donc, Sigma fait appel à une trentaine des travailleurs montréalais - principalement des personnes immigrantes - pour pourvoir des postes vacants de journaliers. 

L'an dernier, ce nombre pouvait atteindre une soixantaine. «Deux autobus remplis de travailleurs faisaient la navette entre la métropole et la Beauce.»

Évidemment, ces travailleurs qui séjournent à Saint-Éphrem ou à Sainte-Clotilde cinq jours par semaine, Sigma tente de les séduire afin qu'ils établissent leurs pénates en Beauce. 

Trop souvent, c'est peine perdue. «Pas facile de les convaincre d'adopter notre coin de pays!» laisse tomber Denis Bertrand.

Les travailleurs recrutés à l'autre bout de l'autoroute Jean-Lesage ne font souvent que passer chez Sigma. Ils ne restent, parfois, qu'un mois ou deux.

Corvées de formation

Ce va-et-vient oblige l'entreprise à multiplier les corvées de formation du nouveau personnel. 

Pour Denis Bertrand, c'est le prix à payer pour continuer à croître dans un contexte de plein emploi. «Nous apprécions le coup de pouce que viennent nous donner les travailleurs montréalais.»

Quant au recrutement à l'international, cette solution s'applique plus difficilement puisque les besoins de Sigma visent principalement à pourvoir des postes non spécialisés.

Le manque de main-d'oeuvre pousse l'entreprise à investir dans la robotisation de ses activités manufacturières. L'automne dernier, la compagnie annonçait qu'il allait consacrer près de 3 millions $ au cours des deux prochaines années pour moderniser ses équipements.

Vers un retour aux États-Unis

Entreprise inscrite à la Bourse de Toronto, Sigma Industries prépare son retour aux États-Unis où elle réalise près de 80 % de ses ventes.

En 2013, Sigma fermait son usine en Ohio et rapatriait la production dans la Belle Province. Une décision liée, à l'époque, à des changements dans ses procédés de fabrication et à la rareté de main-d'oeuvre dans cet État.

L'entreprise veut maintenant retourner chez nos voisins du Sud pour se rapprocher de ses clients, notamment pour leur éviter de payer des frais de transport trop élevés.

La rentrée aux États-Unis, prévue pour le premier trimestre 2018, se prépare minutieusement.

Au printemps dernier, Sigma a été choisie par le ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation pour participer au programme du Centre de croissance accélérée visant, entre autres, à aider les entreprises à conquérir le marché américain. 

Armée de consultants

Dans le cadre de cette initiative gouvernementale, Sigma peut compter sur une armée de consultants qui l'aideront à déterminer le meilleur endroit aux États-Unis pour déposer ses valises en fonction de la proximité de son marché, de l'aide offerte par les villes et les États et de la disponibilité de la main d'oeuvre.

De 2009 à 2013, dans la foulée de la crise économique, Sigma avait connu un passage à vide.

«Sans perdre un seul client, nos ventes avaient dégringolé de 80 à 40 millions $. Nos équipes ont fait un travail incroyable pour permettre à l'entreprise de garder la tête hors de l'eau durant la tempête», mentionne Denis Bertrand.

Le nombre d'employés avait chuté à 180. Aujourd'hui, près de 300 personnes s'activent chez Sigma dans la Beauce et au Manitoba.

Le retour attendu à la profitabilité est survenu en 2013 pour la compagnie qui exerce ses activités dans les marchés des camions de gros tonnage, des autocars, du transport en commun, de la machinerie et de l'énergie éolienne.

À la fin de l'exercice financier 2017, l'entreprise affichait un chiffre d'affaires de 54,6 millions $ et un bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA) de 4,4 millions $. 

À la Bourse de Toronto, l'action de Sigma (TSXV : SSG) a aussi du poil de la bête. Il y a 18 mois, elle valait à peine 5 ¢. Lundi, à la fermeture des marchés, elle s'établissait à 45 ¢.




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