Michel Bellavance croque dans l'aventure Nourcy

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L'ancien copropriétaire de Souris Mini, Michel Bellavance, a fait le saut dans l'aventure Nourcy en 2014.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Alors à la tête avec sa soeur du détaillant de vêtements Souris Mini, qui était en pleine croissance, le 24 décembre 2011, la vie de Michel Bellavance a basculé.

Dans sa voiture, de retour de Montréal, le téléphone sonne. C'est le docteur : ''Monsieurs, vous avez un lymphome non hodgkinien''. Il s'agit d'une forme de cancer...

Depuis octobre 2011, l'entrepreneur alors âgé de 43 ans n'était plus le même homme. Il souffrait. Il devait prendre des médicaments. Les examens médicaux se succédaient, pour le cancer des os et la leucémie, pour ne nommer qu'eux.

Le 3 janvier, les traitements de chimiothérapie commencent et ils s'étalent sur une période de huit mois. M. Bellavance, qui est une personne fière, avoue-t-il humblement, a été victime des effets secondaires du traitement, il a notamment perdu ses cheveux. 

Pour le père de deux enfants, il n'est toutefois pas question de baisser les bras. Malgré la maladie, il demeure au boulot et garde le moral. Afin de l'aider, plusieurs réunions d'entreprise ont lieu à son domicile.

«Un ancien combat de boxe»

Cette histoire est maintenant chose du passé. «Un mauvais souvenir à oublier. Un ancien combat de boxe», illustre le principal intéressé. Toutefois, il est important de raconter cette période, car elle a un effet sur la suite.

En 2012, l'homme d'affaires remet en question plusieurs aspects de sa vie. Il décide de quitter Souris Mini, où il travaillait notamment avec sa soeur, Annie Bellavance, depuis 1989. «Je n'étais plus bien», avoue-t-il. Le Fonds de solidarité FTQ achète ses parts dans l'entreprise familiale. À la recherche d'un nouveau défi et passionné par le domaine du marketing, l'entrepreneur débarque comme consultant à la boutique Benjo, situé dans le quartier Saint-Roch.

Il y travaille durant plusieurs mois. «Il me manquait quelque chose. Je voulais avoir mon entreprise et la diriger», raconte-t-il au Soleil. En 2014, il saute dans l'aventure Nourcy avec Miriam et Nicolas Nourcy. Un partenariat d'affaires qui s'est développé grâce au golf, avance-t-il, avec le sourire.

La boîte fondée en 1977 compte alors une quinzaine d'employés et mise sur son service de traiteur. En décembre prochain, la famille devrait atteindre les 400 cerveaux. M. Bellavance est aujourd'hui l'unique actionnaire.

Présente partout

Nourcy, qui opte pour des repas plus santé, est maintenant présente entre autres au Village Vacances Valcartier, chez Desharnais, au Sibéria Spa, au Centre Vidéotron et bientôt, soit à partir du 7 décembre, à l'Aéroport international Jean-Lesage. La compagnie détient un restaurant à Lebourgneuf (Commissariat) ainsi que deux camions de rue. 

En plus de vendre durant le temps des Fêtes certaines pâtisseries dans les marchés IGA et IGA extra du groupe Sobeys, Nourcy agit également comme traiteur.

Nourcy possède deux restaurants, dont Commissariat, situé à... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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Nourcy possède deux restaurants, dont Commissariat, situé à Lebourgneuf.

Le Soleil, Erick Labbé

D'ailleurs, une application devrait voir le jour prochainement permettant aux gens de commander leur repas en avance. Il suffira de passer au comptoir pour récupérer la nourriture.

Et maintenant, pour la suite du plan d'expansion? 

«J'ai beaucoup de projets», dit l'homme d'affaires, confirmant du bout des lèvres l'ouverture de quatre comptoirs Nourcy dans des cliniques médicales du gestionnaire Medway, ainsi qu'une autre succursale dans la Maison Kent, autrefois siège du consulat de France. Cette expansion devrait se faire d'ici la fin de l'année. «J'aimerais aussi offrir mes desserts à travers le Canada. On espère être présent dans 800 supermarchés», poursuit-il. 

L'usine de production du groupe quittera également le 1er septembre le secteur de Saint-Émile pour s'établir sur la Rive-Sud. Une décision visant à augmenter la production et développer sa division spécialisée dans le chocolat.

Et à moyen terme? «D'ici cinq ans, je vise avoir une cinquantaine de comptoirs à travers la province, notamment en région comme à Chicoutimi et aussi à Montréal. Et après, l'Ontario. Ma stratégie d'affaires est d'être présent où il y a des gens. Dans la capitale, je suis très bien positionné. Il y a 1,7 million de visiteurs à l'aéroport. Près de 1,25 million au Village Vacances Valcartier», ajoute-t-il.

Élargir l'offre

Préférant ne pas trop élaborer sur sa stratégie d'affaires, l'homme d'affaires qui soufflera ses 50 bougies cette année avoue tout de même qu'il aimerait bien élargir son offre dans les dépanneurs, les centres d'entraînement et les écoles. «Il y a beaucoup de possibilités. Mes contacts dans le milieu scolaire avec Souris Mini me servent aujourd'hui. Le téléphone sonne», dit celui qui caresse aussi l'objectif d'être plus présent dans le secteur de l'hôtellerie.

Pour une possible incursion au pays de Donald Trump, le patron ne ferme pas la porte. L'aventure au sud de la frontière pour un comptoir Nourcy n'est toutefois pas au programme pour demain. «J'ai plutôt des projets pour faire de la distribution aux États-Unis. Il y a un marché énorme», précise-t-il.

Quant à la possibilité d'offrir des franchises, cette option ne figure pas dans les plans pour le moment de celui qui souhaite garder un contrôle sur ses opérations afin d'assurer la qualité des produits.

«Pour moi, depuis mon cancer, la santé est une priorité. Je m'entraîne trois fois par semaine. C'est important de prendre le temps et de bien manger. C'est pourquoi je veux offrir aux gens des repas sains et équilibrés. Mes expériences passées me servent assurément aujourd'hui», conclut M. Bellavance, avouant que sa vision de la vie a quelque peu changé depuis son cancer. Mais pas question de cesser de travailler!

***

Un bon salaire, une solution pour retenir les employés

Après avoir passé la majeure partie de sa carrière dans la vente au détail de vêtements avec Souris Mini, l'entrepreneur Michel Bellavance travaille aujourd'hui dans le domaine de la restauration, étant propriétaire du Groupe Nourcy. Cinq questions au patron d'une compagnie de 400 employés qui a vu son chiffre d'affaires grimper de plus de 50 % en un an. 

Q Que pensez-vous du salaire minimum à 15 $?

R Je pense qu'aujourd'hui, nous sommes rendus là. Le milieu de la restauration n'est pas un secteur facile. Il n'y a rien de stable au niveau des ressources humaines. Je pense que le salaire à 15 $, je n'aurai pas le choix de le faire pour essayer de retenir mon monde. Je cherche d'ailleurs actuellement des solutions pour conserver mes employés le plus longtemps possible. Oui, ce n'est pas facile comme entreprise, ce sont des coûts, mais le salaire est peut-être la solution pour conserver une bonne main-d'oeuvre.

Q Comment va le domaine de la restauration?

R Pour ma part, je suis chanceux, je suis en croissance. C'est une business de ressources humaines. Pour réussir, il faut vraiment avoir une bonne gestion. Il y a beaucoup de compétition. Il faut savoir se démarquer avec des produits et des services. C'est important d'être à l'écoute des consommateurs. D'ailleurs, je travaille actuellement à repositionner la marque pour me démarquer encore plus des autres. Je regarde pour avoir un côté plus biologique et avec des produits de chez nous.

Q Où voyez-vous votre entreprise dans cinq ans?

R Je veux que l'entreprise soit partout à travers le Québec. Je veux augmenter le nombre de comptoirs Nourcy. Je souhaite faire la distribution de mes produits dans les IGA. Je ne veux pas que les gens viennent vers moi, je vais vers les gens, les endroits où ils se trouvent. C'est mon modèle d'affaires.

Q Pensez-vous un jour refaire le saut dans le secteur de la vente au détail de vêtements?  

R Non, c'est derrière moi. Cela a été long avant que je débarque de l'entreprise, mais je n'ai aucun regret. Je suis heureux. Avec mon produit, je touche encore les gens.

Q Est-ce qu'il y a une compétition entre frère et soeur? Annie Bellavance est toujours propriétaire de Souris Mini.

R Non, au contraire. J'ai une soeur et c'est mon mentor. On s'aide beaucoup. On se parle souvent. Je suis un gars de développement et de marketing. Avant de prendre des décisions sur certains points, je lui demande ce qu'elle en pense. 

***

Le Groupe Nourcy en chiffres..

  • Fondé en 1977 
  • 400 employés à la fin 2018
  • 14 comptoirs, dont 12 au Village Vacances Valcartier
  • camions de rue
  • 1 restaurant
  • usine de production




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