Pas de craintes pour le tourisme à Barcelone

Le drapeau était en berne vendredi à Londres,... (AFP, Tolga Akmen)

Agrandir

Le drapeau était en berne vendredi à Londres, en mémoire des victimes de l'attaque de Barcelone. Le nombre de touristes étrangers au Royaume-Uni a augmenté de 7 % en juin 2017 par rapport à l'an dernier, et ce, malgré les attentats qui ont récemment frappé la capitale britannique.

AFP, Tolga Akmen

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Clara Wright
Agence France-Presse
Paris

Les attentats de Barcelone et de Cambrils pourraient avoir un impact négatif sur la fréquentation touristique en Espagne, mais les dernières années en Europe ont montré qu'il devrait être de courte durée, selon des experts du secteur.

Annulations, raccourcissement de séjours, diminution des réservations... L'effet d'un attentat sur le tourisme d'une ville européenne peut s'étaler sur trois à six mois, selon les évaluations des professionnels qui tombent d'accord pour trouver que l'effet se dissipe de plus en plus vite.

Banalisation

«La durée de l'impact se raccourcit avec la banalisation des attentats», confirme Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du voyage. En revanche, des effets négatifs plus durables sont à prévoir «s'il y a une répétition des attentats dans un même lieu», selon lui.

En cas d'attaques en série, une ville peut finir par «apparaître dangereuse», opine Didier Arino, directeur du cabinet spécialisé Protourisme.

Comme Paris, frappée à plusieurs reprises en 2015 et où les attentats du 13 novembre avaient provoqué une perte de 0,1 point de PIB au quatrième trimestre.

Deux villes espagnoles ont été frappées jeudi, mais le retentissement médiatique de l'attaque à Cambrils a été moindre, relèvent M. Arino et M. Mas.

Miroir grossissant 

Difficile d'évaluer de façon générale les conséquences d'un attentat. Le nombre de touristes étrangers au Royaume-Uni a ainsi augmenté de 7 % en juin 2017 sur un an, selon l'Office of National Statistics, et ce, malgré les attentats du printemps à Londres, première destination touristique britannique. «Plus l'image d'une destination est forte et plus l'impact est limité», explique M. Arino.

L'enjeu est donc d'éviter la dégradation de cette image avec un «travail sur les réseaux sociaux», en publiant «des mises en situation avec des selfies» pour stimuler «le sentiment d'appartenance», comme l'a fait la Côte d'Azur après l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice. «Cela ne sert à rien de dire : ''notre destination est sûre''.»

Pour les clientèles asiatiques, le sentiment de sécurité est pourtant primordial, note M. Mas. Les clientèles «lointaines» perçoivent les attentats avec «un effet de miroir grossissant», développe M. Arino.

En France, où le secteur touristique connaissait une perte des clientèles européennes, mais une augmentation des clientèles «lointaines» avant les attentats, le «recul» des clientèles «lointaines» a eu «un impact fort sur les zones touristiques concernées», rappelle M. Arino.

La France a accueilli, en 2016, 83 millions de visiteurs étrangers contre 85 millions en 2015, selon l'Insee. Une baisse d'environ 2 %, sachant que le tourisme génère 8 % du PIB français.

«La clientèle venant de pays éloignés et ayant une sensibilité accrue à l'égard de menaces terroristes, comme la Chine et les États-Unis, voit la situation dans un contexte plus global. Ils [..] se posent la question ''Vais-je encore faire mon voyage en Europe?''»,    souligne Christian Tänzler, porte-parole de l'Office de tourisme visitBerlin. La réponse est en fait souvent oui.

Ainsi, malgré l'attentat de Noël 2016 à Berlin, entre janvier et mai 2017, les visiteurs chinois ont augmenté de 15 % en Allemagne, et de 6 % en provenance des États-Unis, selon la Deutsche Zentrale für Tourismus, office de promotion touristique à l'étranger.

Et l'Espagne?

L'Organisation mondiale du tourisme (OMT) souligne pour sa part «les bons résultats du tourisme européen», avec «sur les quatre premiers mois de 2017, une hausse du nombre de touristes internationaux en Europe de l'ordre de 7 %», Européens inclus.

Quel scénario pour l'Espagne? «Le pays est dans une telle dynamique de croissance» que l'effet se fera «moins voir», estime M. Arino.

Première ville en matière de tourisme international dans un pays lui-même classé en deuxième position des nations les plus visitées au monde en termes de nombre de voyages, Barcelone bénéficie d'une clientèle internationale (7,6 millions de touristes en 2016) qui provient majoritairement du Royaume-Uni, de France et d'Italie, des pays géographiquement proches.

«Pour l'instant, on recense seulement des questions de plusieurs clients sur la situation sur place, mais aucune demande de retour anticipé», indique Susanne Stünckel, porte-parole du groupe allemand TUI. Celle-ci est convaincue que les attaques «n'auront pas d'impact sur les réservations en Espagne».




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer