La petite histoire de McDo à Québec

Le McDonald's de Lévis compte trois employés qui... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le McDonald's de Lévis compte trois employés qui y sont depuis 40 ans. Le propriétaire Jacques Auger travaille toujours derrière le comptoir et au service à l'auto, tout comme  ses employées Pauline Bouchard (gauche) et Odette Lacroix-Lebel, qui sont en poste depuis la genèse du restaurant.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Il y a 40 ans aujourd'hui, Me Jacques Auger abandonnait la profession de notaire pour se lancer dans la restauration rapide. Il a ainsi fondé, à Lévis, le tout premier restaurant McDonald's de la région de Québec malgré les doutes et les inquiétudes de sa famille.

Aujourd'hui âgé de 75 ans, M. Auger ne regrette pas du tout d'avoir persévéré puisque le restaurant de la route Kennedy a grandi et que l'aventure a évolué vers la création d'une entreprise familiale regroupant 16 franchises des arches dorées que lui et ses trois filles possèdent à Québec et en Chaudière-Appalaches.

C'est d'ailleurs à cause de ses filles, Natalie, Isabel et Martïne, qu'il est tombé en amour avec McDonald's à l'été de 1976. «J'allais reconduire mes filles dans un camp d'été aux États-Unis et elles ont insisté pour que j'arrête au McDonald's de North Conway, au New Hampshire. Je suis tombé de ma chaise. Les frites étaient bonnes, le café aussi, et c'était tellement peu cher que j'étais convaincu que l'employée s'était trompée!» raconte-t-il dans son restaurant de Lévis.

À son retour au Canada, il s'est rendu à l'Université Laval pour faire des recherches sur la chaîne dont la première franchise avait vu le jour en 1953 en Californie.

«Sans y croire vraiment, j'ai ensuite téléphoné dans un McDonald's à Montréal pour savoir ce que je devais faire pour devenir franchisé. On m'a envoyé un formulaire que j'ai rempli et je ne pensais pas avoir de nouvelles. Mais une semaine plus tard, on m'a rappelé et on m'a dit que justement, ils avaient l'intention d'ouvrir dans la région de Québec», explique-t-il.

Après une immersion de trois jours dans un McDonald's montréalais, M. Auger décide de faire le grand saut. «Ma mère était bien découragée que je quitte le notariat et tout le monde me disait que ça ne fonctionnerait pas, qu'il y avait déjà trop de restaurants à Lévis. Ma femme disait que ça allait bien fonctionner l'été, mais pas l'hiver et que je ferais faillite à l'automne», se rappelle-t-il, sourire en coin.

C'est qu'aucun des scénarios catastrophes annoncés ne s'est réalisé. «Dès la journée d'ouverture, et tous les dimanches soirs par la suite, il y avait tellement de gens que la police me demandait si je pouvais fermer mon restaurant une demi-heure pour débloquer la circulation sur Kennedy! Je leur répondais que la circulation, c'était leur responsabilité alors que la mienne était de nourrir les gens», se souvient-il.

Les résidents de Québec traversaient régulièrement le fleuve pour aller se taper un Big Mac ou un Quart-de-Livre avec fromage et M. Auger se souvient même de clients qui faisaient le voyage de plus loin encore pour aller dans son établissement. «Je me rappelle de gens qui m'avaient téléphoné quelques minutes avant la fermeture [à minuit] pour me dire qu'ils seraient là dans cinq minutes et qu'ils avaient fait le voyage de Rimouski pour manger chez nous...»

Amour de famille

Aujourd'hui, les filles de Jacques Auger, qui ont toutes complété des études universitaires, gèrent 13 restaurants, quatre pour Martïne, autant pour Natalie et cinq pour Isabel, alors que le paternel en gère trois en plus de s'engager au Manoir Ronald McDonald de Québec, qu'il a contribué à fonder en 1988.

Le restaurant de Lévis peut même encore compter sur trois employés qui sont là depuis 40 ans, dont une qui y oeuvre depuis la journée d'ouverture! Embauchées au McDonald's à l'adolescence, Pauline Bouchard et Odette Lacroix-Lebel sont aujourd'hui dans la cinquantaine et toujours fidèles au poste.

Comme elles, M. Auger a l'intention de demeurer en poste. «La retraite, ce n'est pas pour moi. J'ai du plaisir à aller dans mes restaurants, à travailler derrière le comptoir et à remettre moi-même des commandes à l'auto!» conclut celui qui ne s'ennuie pas du tout du notariat.

Avec «le fondateur»

Jacques Auger a bien aimé le film Le Fondateur, qui raconte la vie de Ray Kroc, fondateur de la chaîne McDonald's. C'est qu'il a bien connu M. Kroc au cours de ses premières années dans la restauration rapide.

«Je l'ai rencontré et je lui ai parlé plusieurs reprises. Il m'appelait «my lawyer» parce que j'avais déjà pratiqué le droit notarial. Une année, il s'était rendu à Montréal pour donner une conférence devant tous les administrateurs de McDonald's au Canada. J'ai passé trois jours avec eux. J'ai même amené M. Kroc dans les discothèques de la rue Crescent!», se souvient-il.

Le Fondateur est aussi venu bien près de rendre visite à Jacques Auger à Québec pour l'ouverture de l'un de ses restaurants dans la capitale. «Il m'avait dit oui, mais l'ouverture avait lieu l'hiver et sa santé n'était pas au mieux, alors il a annulé», se souvient-il à propos de l'homme d'affaires décédé en 1984 à l'âge de 81 ans.

«Je garde le souvenir d'un monsieur qui était très gentil avec ses franchisés, mais aussi d'un homme qui savait ce qu'il voulait. Dans le film, quand on voit Michael Keaton le jouer ramassant un verre de liqueur qui traînait par terre sur le terrain d'un franchisé, c'était exactement lui, ça!»




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