Pourquoi les investisseurs tardent à venir en Iran

Le président de l'Iran, Hassan Rohani, a rencontré... (AP)

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Le président de l'Iran, Hassan Rohani, a rencontré le président et chef de la direction de Total, Patrick Pouyanne, après la conclusion d'un accord de 5 milliards $ afin que Total développe le potentiel pétrolier de ce pays.

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Eric Randolph
Agence France-Presse
Téhéran

Malgré la levée partielle des sanctions imposées à l'Iran après l'accord nucléaire historique de 2015, les investissements étrangers tant espérés ont tardé. La signature lundi par Total d'un accord gazier majeur constitue un succès pour Téhéran.

Les compagnies déjà présentes

Malgré la venue de centaines voire de milliers de délégations européennes et asiatiques, les investissements importants ont été plutôt rares jusque-là.

Le constructeur automobile français PSA a signé en juin 2016 un accord de 400 millions d'euros avec Iran-Khodro et un autre accord de 300 millions d'euros avec le groupe iranien Saïpa pour construire des véhicules de marque Citroën.

Le géant français AccorHotels travaille sur 10 à 15 projets d'hôtels en Iran dans l'espoir d'une hausse du nombre des touristes dans ce pays.

L'Iran a également signé des accords pour l'achat de 100 appareils Airbus et 80 avions de la compagnie américaine Boeing.

De nombreux accords préliminaires ont été signés avec des compagnies étrangères, notamment les constructeurs automobiles français Renault et sud-coréen Hyundai, les groupes d'hydrocarbures anglo-néerlandais Shell et russe Gazprom.

Mais, selon un rapport des Nations unies publié en juin, le montant des investissements étrangers directs a atteint seulement 3,4 milliards $ en 2016, un chiffre en deçà des 4,7 milliards $ de 2012 et bien loin des 50 milliards $ annuels espérés par le président iranien Hassan Rohani pour relancer l'économie du pays.

Les obstacles

Les sanctions américaines qui pourraient être alourdies en raison de l'attitude hostile de l'administration du président Donald Trump constituent un des principaux freins aux investissements étrangers, tout comme certains problèmes intérieurs.

Bien que de nombreuses sanctions internationales aient été levées en janvier 2016 grâce à l'accord sur le programme nucléaire, Washington maintient des mesures de rétorsion liées au programme balistique de l'Iran, à son rôle dans les conflits régionaux et à la situation des droits de l'Homme.

Le Congrès américain prépare également une série de lois pour renforcer encore les sanctions contre l'Iran, ce qui rend craintives de nombreuses sociétés et surtout les banques internationales.

Les compagnies étrangères doivent éviter de travailler avec des sociétés iraniennes liées aux Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime, visées par les sanctions américaines et qui sont très présentes dans l'économie du pays.

Les sociétés étrangères ont également du mal à trouver des banques internationales à la fois pour le financement de leurs projets, mais aussi pour les transactions courantes en raison des menaces américaines.

Outre l'épée de Damoclès des sanctions américaines, l'Iran est un pays à risque pour les investisseurs étrangers à cause de la corruption, de la bureaucratie et d'un secteur bancaire fragile, selon la société d'analyse économique BMI Research.

Ce qu'il faut attendre

Les yeux sont tournés vers Washington, où le président Trump doit annoncer le résultat du réexamen de la politique américaine par rapport à l'accord nucléaire entre l'Iran et les grandes puissances, dont les États-Unis.

Les autres pays signataires (Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) ainsi que l'Iran sont en revanche déterminés à maintenir l'accord nucléaire en vie ce qui complique la tâche des États-Unis.

Mais Washington a le pouvoir d'appliquer des mesures punitives comme il l'a fait avec la banque française BNP Paribas qui a dû payer une amende de 8,9 milliards $ il y a trois ans pour non-respect des lois américaines sur le Soudan, Cuba et l'Iran.

L'accord gazier de 4,8 milliards $ signé par Total et un consortium international pour développer et exploiter le vaste champ gazier en haute mer de Paris devrait toutefois encourager d'autres sociétés européennes et asiatiques à sauter le pas et investir en Iran.




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