Dominique Anglade, la femme de 825 M$

Stimuler l'investissement privé. Tel était l'un des mandats... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Stimuler l'investissement privé. Tel était l'un des mandats qu'avait confiés le premier ministre Philippe Couillard lors de la nomination de Dominique Anglade, en janvier 2016, quelques mois à peine après son entrée à l'Assemblée nationale à titre de députée de Saint-Henri-Sainte-Anne.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) «Il va falloir que j'aille négocier avec mon ami Carlos!»

Pour favoriser l'émergence d'un secteur manufacturier innovant, l'un des trois piliers de la politique de développement économique du gouvernement du Québec avec l'entrepreneuriat et les exportations, la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation et aussi responsable de la Stratégie numérique, Dominique Anglade, dispose d'une cagnotte de 825 millions $.

Huit cent vingt-cinq millions de beaux dollars provenant des poches des contribuables qu'elle peut distribuer - et non pas «saupoudrer» à tout vent, insiste-t-elle, mais cibler là où ça va éventuellement créer des emplois de qualité et rapporter des sous dans les coffres de l'État - d'ici la fin de 2018 pour favoriser l'intégration des nouvelles technologies dans les entreprises manufacturières.

En une seule année, Dominique Anglade a déjà déboursé 400 millions $.

«Des dollars publics qui ont entraîné des investissements privés totalisant 1,9 milliard $ au cours de la dernière année», souligne la ministre au cours d'une entrevue éditoriale avec Le Soleil.

Stimuler l'investissement privé. Tel était l'un des mandats que lui avait confiés le premier ministre Philippe Couillard lors de sa nomination en janvier 2016 quelques mois à peine après son entrée à l'Assemblée nationale à titre de députée de Saint-Henri-Sainte-Anne.

«Jamais, dans l'histoire du Québec, il n'y a eu autant d'argent en recherche et en innovation, notamment pour les jeunes et pour la commercialisation», avance celle qui croit que l'État ne doit pas être le moteur de la transformation du secteur manufacturier, mais bien celui qui «donne l'impulsion» au secteur privé. «On ne tire pas sur les fleurs pour les faire pousser avec de l'argent public.»

Il lui reste donc 425 millions $ dans les poches pour les deux prochaines années. 

Au rythme où l'argent sort de la cagnotte, il va lui manquer des sous pour financer tous les projets qui lui sont présentés et qu'elle prend le temps de passer au crible l'un après l'autre. 

«Je risque de me retrouver avec un beau problème sur les bras. Il va me manquer de l'argent! Il va falloir que j'aille négocier avec mon ami Carlos!» dit-elle en parlant du ministre des Finances, Carlos Leitão, le grand argentier de l'État.

«Oui, il y a un début de transformation du manufacturier traditionnel vers un manufacturier innovant», martèle Mme Anglade en rappelant que la Banque de développement du Canada révélait, le mois dernier, que le Québec figurait en tête de liste des entreprises canadiennes qui ont démarré la transformation numérique.

«Il reste cependant beaucoup à faire», convient l'ingénieure et femme d'affaires qui a aussi été présidente de la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Ce qui l'encourage, «c'est que le niveau de confiance des patrons n'a jamais été aussi élevé comme le suggèrent les coups de sonde de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante auprès de ses membres».

ALENA : Ça va être long

Si elle décrit l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne comme une «bouffée d'air frais» pour les entreprises d'ici, Dominique Anglade estime qu'il faudra se montrer patient dans le cas de la renégociation de l'ALENA. Mystère et boule de gomme sur la durée des pourparlers devant mener à une nouvelle entente avec les États-Unis et le Mexique.

«Entretemps», selon Mme Anglade, «ça doit être business as usual avec le Américains» même si la tentation peut être forte chez certains de mettre sur la glace des projets d'investissements au sud de la frontière. 

«Nous déployons des mesures pour être proactifs en sol américain et encourager nos entreprises à partir à la conquête du marché situé tout juste au sud. Vous savez, sur le terrain, les Américains sont favorables au libre-échange. Même des élus républicains. Au Texas, mon homologue me disait, il y a quelques semaines, qu'il voulait plus d'échanges avec le Québec, qu'il voulait resserrer les liens.»

***

Club Med au Massif: Québec a déposé son offre

«Nous avons fait une offre qui répond à la capacité de payer des Québécois.»

Dominique Anglade n'a pas à être convaincue.

Le projet de Club Med au Massif de Charlevoix est un «beau» projet.

Le hic, c'est de savoir si la participation attendue du gouvernement au financement de ce projet de 120 millions $ «respecte la capacité de payer du Québec», insiste la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation. «Il y a des normes, des critères à respecter. Il faut que les retombées économiques intéressantes soient au rendez-vous à la fois pour la région de Charlevoix et pour le Québec. Ce n'est pas mon argent, c'est celui des Québécois.»

Dominique Anglade dit avoir entendu les promoteurs - Le Massif de Charlevoix et le Club Med - voulant qu'il soit déjà rendu minuit moins une et que les gouvernements du Québec et du Canada doivent se mouiller et annoncer leur engagement financier dans le projet.

«Je le répète, il y a des propositions qui ont été faites par le gouvernement. De leur côté, ils doivent finaliser leur montage financier. Maintenant, il faut que tout le monde arrive à la table en même temps.»

***

Une grappe industrielle du pot?

«Nous sommes loin d'une grappe industrielle du pot

La ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade reconnaît le «potentiel de développement» de la vente du cannabis qui devra légale à compter de 2018 au Canada.

«À partir du moment où les gens peuvent en vendre, forcément, ça devient une activité économique», affirme-t-elle. «Quel est le potentiel de cette activité économique? Des études évoquent beaucoup de potentiel, d'autres moins.»

Le dépanneur Couche-Tard ne cache pas son intérêt à vendre du cannabis. «Nous sommes convaincus être un partenaire idéal pour la mise en oeuvre d'un modèle de vente responsable pour les citoyens», a fait savoir une porte-parole de Couche-Tard à La Presse canadienne.

La ministre Anglade indique que l'État pourrait accompagner les entreprises québécoises qui veulent profiter de la légalisation du cannabis pour brasser des affaires.

«Nous sommes loin de la grappe du pot», précise toutefois la ministre.

Le cannabis n'aura pas droit au même traitement que les secteurs de l'intelligence artificielle et des véhicules électriques et intelligents qui bénéficieront eux des avantages de la création d'un pôle industrielle d'excellence.  avec Jean-Michel Genois-Gagnon




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