La Vie en Rose de François Roberge

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(Québec) Lorsqu'il a acheté La Vie en Rose pour 2,4 millions $ en 1996, François Roberge avait seulement 50 000 $ en poche. La chaîne de lingerie pour femmes était alors déficitaire de plus de 700 000 $.

Aujourd'hui, cette compagnie née en 1985 à Toronto possède un chiffre d'affaires avec sa division Bikini Village de 250 millions $. Comme quoi, il est possible de réaliser ses rêves avec beaucoup d'huile de coude.

Toutefois, parlez-en à M. Roberge, une ascension vers le sommet ne se fait pas sans quelques ecchymoses. Surtout, dans le monde du commerce de détail où la compétition est très féroce, notamment avec l'émergence du Web.

Comme plusieurs autres hommes d'affaires, M. Roberge n'a pas toujours misé juste, avoue-t-il humblement. Il a été contraint de fermer des boutiques. Toutefois, lorsqu'on dresse le bilan de la compagnie depuis qu'il est le grand patron, force est de constater qu'il a du flair pour les bonnes affaires. De 23 points de vente en 1996, le Groupe, dont le siège social est à Montréal, détient aujourd'hui avec ses associés 275 boutiques La Vie en Rose à travers le monde, dont 182 au Canada. La bannière est entre autres présente en Arabie Saoudite, au Liban, en Algérie, en Jordanie, aux Émirats Arabes Unis, au Maroc et en Égypte.

«À l'époque, lorsque j'ai vu La Vie en Rose, je savais que c'était une mine d'or. Dès la première année, j'ai fait un profit de 200 000 $», se remémore l'homme de 55 ans, originaire de Sillery. La recette du succès? «Savoir se renouveler et bien s'entourer», poursuit celui qui baigne dans le domaine du commerce de détail depuis 1981. 

Son oncle, Paul Delage Roberge, a notamment été propriétaire des boutiques San Francisco et les Ailes de la Mode. M. Roberge a d'ailleurs commencé sa carrière comme camionneur pour la chaîne de magasins San Francisco.

Pour réussir en affaires, selon le grand patron, l'élément le plus important est avant tout la passion pour son métier. Il avoue avec le sourire être un peu workaholic.

Lorsqu'il ne traîne pas dans ses boutiques, il visite de potentiels sites dans des centres commerciaux ou discute avec de nouveaux investisseurs pour vendre des franchises maîtresses. Il est aussi mari et père de trois enfants et il est également acériculteur à ses temps libres, «un moyen de s'évader chaque vendredi», dit-il. D'ailleurs, pour l'ouverture jeudi de son nouveau magasin à Laurier Québec - le plus grand au Canada dans un centre commercial avec 4575 pieds carrés - les 120 premiers clients ont eu le droit à un contenant de sirop d'érable provenant de ses terres dans les Cantons-de-l'Est. 

Expansion en Russie...

Au menu pour les prochaines années, M. Roberge, qui s'inspire du modèle d'affaires du Groupe Aldo, espère que la bannière fera des petits en Russie, en Chine, en Inde et aux États-Unis. Il avoue que sa stratégie est «très agressive», surtout que le marché du commerce de détail est appelé à se renouveler et traverse actuellement une période plus sombre. Il souhaite tout de même faire taire les détracteurs qui estiment qu'il est impossible présentement de brasser de bonnes affaires. 

«J'espère être présent en Russie au cours des prochains mois. On travaille sur ce dossier depuis un an et demi», relate celui qui a réalisé des études en agriculture, car il envisageait plus jeune reprendre la terre de son père dans Lotbinière. Dans son plan d'affaires 2018-2022, il vise un chiffre d'affaires de 500 millions $ et atteindre le cap des 6000 employés. Pour arriver à ses fins, il souhaite plus que doubler le nombre de magasins à l'étranger et atteindre son plein développement pour le marché canadien. Il mise également sur son site Web comme arme de séduction.

À travers le pays, d'ici la fin de 2018, le pdg de La Vie en Rose espère ouvrir une vingtaine de nouvelles boutiques pour franchir les 200 magasins. 

«Nous regardons pour Fort McMurray et nous allons prochainement ouvrir en Alberta. Nous voulons ouvrir des magasins sans faire du cannibalisme», souligne-t-il, précisant que sa compagnie offre depuis cet automne la possibilité à nos voisins du sud de commander en ligne des vêtements. «Cette stratégie va nous permettre de savoir d'où provient la demande. D'ici 2022, nous espérons avoir une dizaine de boutiques aux États-Unis», poursuit-il.

Cette année, la direction de La Vie en Rose prévoit investir 21 millions $ à travers le pays pour rajeunir certains magasins et en ouvrir d'autres. L'an dernier, le propriétaire avait sorti 14 millions $ de son portefeuille.

Pour la bannière Bikini Village, que l'homme d'affaires a acheté en 2014 pour 4 millions $, aucun projet majeur d'expansion n'est présentement sur la table. C'est l'un des enfants de M. Roberge qui a d'ailleurs maintenant les rênes de cette division. «Il faut commencer à penser à la relève», conclut-il.

***

La Vie en Rose en chiffres

  • 275 boutiques dans 16 pays
  • 182 magasins au Canada
  • 3000 employés au Canada
  • 250 personnes au siège social à Montréal
  • 250 millions $ de chiffre d'affaires
  • 9 magasins dans la grande région de Québec
  • 700 000 $ d'investissement pour le nouveau magasin de Laurier Québec
  • 52 boutiques Bikini Village
Source: La Vie en Rose




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