Une semaine de vacances de plus coûterait 2,5 milliards $

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Situé en banlieue d'Ottawa, le parc Calypso du Groupe Villages Vacances Valcartier compte 600 travailleurs. Avec l'annonce de la hausse du salaire minimum en Ontario, cela représente des coûts supplémentaires «de plus de 500 000 $», seulement pour l'été 2018.

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(Québec) Le gouvernement provincial devra tenir compte de la capacité à payer des entreprises s'il décide de bonifier le régime de vacances des Québécois. Pour le secteur privé, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) estime que chaque journée supplémentaire représente des coûts avoisinant le demi-milliard de dollars pour les employeurs.

Mardi, le gouvernement Couillard a promis d'étudier la possibilité d'offrir davantage de vacances aux travailleurs. Il envisage d'augmenter le nombre de congés payés prévus à la Loi sur les normes du travail, soit actuellement deux semaines de salaire après une année de labeur avec le même employeur et trois semaines de vacances après cinq ans de services.

Cette sortie du premier ministre a fait grincer des dents plusieurs hommes d'affaires de la région, avec qui Le Soleil a discuté. Le président du conseil d'administration du Groupe Calypso-Valcartier, Louis Massicotte, ne cache pas que la journée de mardi a été plutôt difficile sur la patate.

En avant-midi, le gouvernement ontarien annonçait entre autres une augmentation du salaire minimum à 14 $ l'heure dès janvier prochain. Et par la suite à 15 $ en 2019. Seulement pour l'été 2018, cela représente des coûts supplémentaires «de plus de 500 000 $» pour l'entreprise propriétaire des deux parcs aquatiques.

«Cela représente un gros montant pour une compagnie en forte croissance. Ça vient modifier le modèle économique. C'est une hausse de 23 % du salaire minimum. Et, selon moi, le préavis de sept mois est très court. Nous aurions aimé le savoir avant», indique au Soleil M. Massicotte, demandant du même souffle à Philippe Couillard «de donner plus de temps» aux entreprises s'il décide d'aller de l'avant avec davantage de congés. «Cela serait plus stratégique et plus respectueux des entreprises de le prévoir plus longtemps d'avance. Ce serait bien que les gouvernements soient un peu plus prudents», poursuit-il. 

Situé en banlieue d'Ottawa, en Ontario, le parc Calypso compte 600 travailleurs. Le grand patron n'est pas contre l'idée d'offrir plus de vacances aux familles. Il estime toutefois que le gouvernement devrait proposer des pistes de solutions afin d'atténuer l'impact sur les compagnies. Prêchant pour sa paroisse, il soulève notamment la possibilité de repousser la rentrée scolaire de quelques jours afin que les familles profitent davantage de l'été.

«Plutôt que prendre une décision en silo, il a peut-être des moyens pour favoriser l'industrie touristique et que tout le monde sorte gagnant de cette mesure. [...] Il faut un équilibre économique», avance-t-il.

Dans la région de Québec, le Village Vacances Valcartier, qui ouvrira ses portes le 7 juin, emploie près de 1000 travailleurs, durant l'été. Une modification à la Loi sur les normes du travail aurait un impact de centaines de milliers de dollars sur le portefeuille de la société.

Couillard invité à faire preuve de prudence

Pour la vice-présidente principale à la FCEI, Martine Hébert, la sortie du gouvernement Couillard est préoccupante. Elle invite d'ailleurs le premier ministre à faire preuve de prudence.

«Cela ne se fera pas sans coûts. Nous avons calculé, à partir du salaire moyen de 2016 (22,13 $), que chaque journée additionnelle de congé dans le secteur privé entraînerait des déboursés de l'ordre d'un demi-milliard de dollars», avance-t-elle. «L'idée n'est pas de dire que les employeurs ne veulent pas de conciliation travail-famille, mais pour avoir de la conciliation travail-famille, il faut avant tout avoir un travail. Il faut faire attention avec ces mesures. Au Québec, le trois quarts des entreprises comptent moins de 10 employés. Ils n'ont pas la même marge de manoeuvre qu'une importante compagnie», ajoute-t-elle, craignant des fermetures. 

Mme Hébert s'inquiète de l'impact que pourrait avoir l'ajout de congés sur des secteurs comme le commerce de détail et la restauration. «Il y a des limites à l'augmentation de prix que ces entreprises peuvent refiler aux consommateurs [...] Nos PME québécoises, qui sont déjà les plus taxées au pays, sont l'épine dorsale de l'économie», dit celle qui dénonce également les choix du gouvernement de l'Ontario. 

Selon les données de la FCEI, une semaine supplémentaire représenterait des coûts économiques d'environ 2,5 milliards $ sur les entreprises privées québécoises.

Selon le propriétaire du restaurant Tutti Frutti, à Sainte-Foy, cinq congés supplémentaires coûteraient 10 000 $ à l'entreprise qui emploie 22 travailleurs.

«Je pense que c'est aux entreprises de prendre ce genre de décision. Si l'employé est efficace, ces conditions se négocient», note l'homme d'affaires, David Chabot. «Une décision du genre affecterait le rendement de mon entreprise, c'est certain. Ce n'est pas vrai que tu peux inclure un 10 000 $ dans le prix de l'assiette du jour au lendemain», conclut-il.




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