Des chantiers paralysés par une autre grève

Les quelque 1400 membres de l'Association professionnelle des... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Les quelque 1400 membres de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec sont en grève depuis le 24 mai, si bien qu'au moins 150 chantiers routiers seront paralysés au Québec.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La grève des travailleurs de la construction s'achève mercredi, mais celle des ingénieurs du gouvernement du Québec se poursuit. Si bien qu'au moins 150 chantiers routiers seront toujours paralysés à travers la province.

Les quelque 1400 membres de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) ont reporté deux fois leur grève générale illimitée - d'abord à cause des inondations, puis pour donner une chance aux négociations - avant de mettre leur menace à exécution le 24 mai.

Manque de pot, c'est la journée où les 175 000 travailleurs de la construction ont aussi déserté les chantiers. Si bien que le conflit des ingénieurs est passé sous le radar. 

Alors qu'une loi spéciale force le retour au travail des premiers, les seconds sont toujours dans la rue. «On a été dans l'ombre pas mal toute la semaine. Nos impacts réels vont se mesurer à partir de mercredi», a prévenu mardi Marc-André Martin, président de l'APIGQ. Une manifestation est d'ailleurs prévue en avant-midi autour de l'Assemblée nationale, tandis qu'une 50e rencontre de négociation est programmée en après-midi. 

«Nous, on est toujours en croisade pour le renforcement de l'expertise. Il n'y a pas juste nous qui le mentionne. La seule personne qui ne croit pas qu'il y a un problème d'expertise au ministère des Transports, c'est le Conseil du trésor. On essaie de les faire changer d'avis, mais on voit qu'avec des arguments, on n'y arrivera pas», soupire M. Martin. 

Selon lui, la ritournelle gouvernementale sur l'équité entre employés de l'État ne tient plus puisque les policiers de la Sûreté du Québec viennent d'obtenir des hausses salariales de 17,5 % sur sept ans. Les ingénieurs réclament un «correctif salarial» de 20 % pour combler l'écart avec Hydro-Québec et le secteur privé. 

Interrogé à cet effet, le président du Conseil du trésor a refusé de commenter l'entente de principe conclue avec le syndicat des policiers avant le vote final des syndiqués. «Il faut voir la négociation dans un contexte de rémunération globale et de l'ensemble des conditions», a-t-il tout de même lancé prudemment. 

Quant aux ingénieurs, M. Moreau veut continuer à négocier, mais «à l'intérieur des paramètres financiers du gouvernement». Le front commun du secteur public a décroché des augmentations de 9,15 % sur cinq ans en 2015.

M. Moreau s'est dit ouvert à considérer «des cas spécifiques notamment là où on a besoin d'une expertise particulière». Il a toutefois nié tout problème d'attraction ou de rétention des ingénieurs. Ce à quoi les syndiqués répliquent que le ministère des Transports embauche principalement des recrues sortant de l'université. 

Pas d'échéancier

L'argentier du gouvernement Couillard n'avance pas d'échéancier pour s'entendre avec les ingénieurs. Mais il prévient : «Notre patience ne sera pas infinie. J'ai dit hier que je n'écartais pas la possibilité de recourir à une loi. Sauf que ce n'est pas ce que nous priorisons.» Si des pénalités devaient être imposées au MTQ pour non-respect de contrats, le vent pourrait tourner. 

L'Association des constructeurs de routes et de grands travaux du Québec (ACRGTQ) déplore les effets de la grève pour les entrepreneurs, qui ont réservé du temps, de l'équipement et de la main-d'oeuvre pour effectuer des travaux précis et se retrouvent à rien faire, sans possibilité de plan B puisqu'ils doivent demeurer disponibles. 

Selon le directeur général adjoint, les retards sur le terrain pourraient être difficiles à rattraper. «Les conséquences sont encore plus notables en région où le marché du génie civil, c'est l'affaire du MTQ», fait remarquer Pierre Tremblay.

L'ACRGTQ estime que le gouvernement devrait considérer la possibilité d'imposer les conditions de travail de ses ingénieurs par une loi spéciale. Avec Simon Boivin 




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer