La révision des activités du Mouvement Desjardins se poursuit

Le président et chef de la direction du... (La Presse, Martin Chamberland)

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Le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, a donné lundi une allocution devant le Cercle canadien de Montréal.

La Presse, Martin Chamberland

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Le Mouvement Desjardins n'a pas fini de revoir ses activités dans le but d'accroître son efficacité : selon son président et chef de la direction, Guy Cormier, ce processus pourrait durer encore deux ans.

Aux commandes de la coopérative de Lévis depuis plus d'un an, celui-ci a mis en place un régime minceur qui s'est notamment traduit par des éliminations de postes de cadres, de directeurs ainsi que de vice-présidents.

La plus récente mesure a été confirmée la semaine dernière avec l'abolition de 150 postes en Ontario dans le secteur de l'assurance pour en rapatrier une centaine au Québec, où Desjardins compte 40 000 de ses 47 000 employés.

«À compter de septembre, il y a plein de décisions qui vont arriver, pendant un an ou deux, qui sont en lien avec [la révision de] nos façons de faire», a dit M. Cormier, lundi, en marge d'une allocution devant le Cercle canadien de Montréal.

Ristournes

La réflexion entourant l'avenir des ristournes versées aux membres n'est pas encore terminée, a-t-il précisé, ajoutant du même souffle que celles-ci étaient «là pour rester», même si elles ont poursuivi leur déclin l'an dernier pour s'établir à 145 millions $.

Des «propositions concrètes» seront présentées aux membres afin de faire évoluer les ristournes dans le cadre d'un congrès prévu à l'automne.

Tandis que Desjardins cherche à améliorer son efficacité et à réduire ses coûts, M. Cormier prononçait, devant un parterre de gens d'affaires, une allocution dans laquelle il appelait à repenser la croissance et le rôle des entreprises afin de freiner le phénomène du repli sur soi.

Questionné à ce sujet, le grand patron de la coopérative a estimé que la révision des façons de faire chez Desjardins était compatible avec le message qu'il voulait lancer dans son discours.

«C'est une question d'équilibre, a dit M. Cormier. Nous ne sommes pas sur une île déserte où tous les Québécois font affaire avec nous dans une situation de monopole. Si le Mouvement Desjardins est encore en affaires après 117 ans, c'est parce qu'il s'est toujours adapté.»

Points de service 

La fermeture de centaines de points de service au cours des dernières années a valu à Desjardins les critiques de certains de ses membres. Le Mouvement compte actuellement 1030 points de service au Québec.

«Trente pour cent [de ces endroits| sont dans des villages où la population est inférieure à 2000 personnes, a affirmé M. Cormier. Il n'y a pas un concurrent au Québec qui a ça.»

D'après lui, il y a annuellement entre 30 et 70 endroits qui ferment leurs portes ou qui se transforment aux quatre coins de la province, un rythme qui devrait «se maintenir» au cours des prochaines années.

Coup de barre à donner

Au cours de son allocution, M. Cormier a lancé un appel à l'aplanissement des inégalités afin que la croissance puisse reposer sur «de nouveaux appuis».

Sans changements, la tendance des 30 dernières années se traduira, à brève échéance, par une montée des inégalités et de l'insatisfaction ainsi qu'une planète en «bien mauvais état», a-t-il dit.

«Si on ne réussit pas cela, le ressentiment qui anime déjà de larges portions de nos populations va prendre encore plus d'ampleur, a lancé M. Cormier. Le ras-le-bol et le cynisme vont s'accentuer.»

Trump et Brexit

Ce sont ces gens en colère qui, a-t-il rappelé, ont été à l'origine de la victoire du républicain Donald Trump à la présidentielle américaine ainsi que de la victoire du vote référendaire du Brexit au Royaume-Uni.

Pour remédier à la situation, le dirigeant de Desjardins a estimé que la croissance devait s'axer dans des investissements dans la propriété intellectuelle, la formation de la main-d'oeuvre ainsi que la réduction du décrochage scolaire.

D'après M. Cormier, on ne peut plus s'en remettre à la «seule loi du marché» puisque la richesse ne «percole pas automatiquement jusqu'au bas de la pyramide des revenus».




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