Tembec avalée par une société américaine

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Une usine de Tembec à Témiscaming

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Après le quincailler Rona, les rôtisseries Saint-Hubert et Groupe Uniprix, c'est au tour d'une autre compagnie québécoise, Tembec (TSX : TMB), de passer dans le giron d'une société étrangère.

Rayonier Advanced Matrerial, de Jacksonville en Floride, propose d'acheter la société née en 1972 des cendres de la Canadian International Paper pour 807 millions $US (1,09 milliard $), en incluant la prise en charge de la dette.

L'Américaine, qui génère actuellement un chiffre d'affaires annuel de 870 millions $US (1,17 milliard $CAN) et qui compte 1200 employés, se spécialise dans la cellulose de grande pureté - un polymère naturel que l'on retrouve habituellement dans les téléphones cellulaires, les écrans d'ordinateur ainsi que les produits pharmaceutiques.

Cette acquisition lui permettrait de bonifier ses activités de cellulose, qui sont «complémentaires» à celles de Tembec, en plus de se diversifier en ajoutant les secteurs des produits forestiers, des pâtes et des papiers à son portefeuille.

«Tembec était le partenaire idéal», a fait valoir le président et chef de la direction de Tembec, James Lopez, jeudi, au siège social de l'entreprise, à Montréal, accompagné du grand patron de Rayonier Advanced Matrerial (NYSE : RYAM), Paul Boyton.

Jusqu'à 63 % des actionnaires de Tembec pourront recevoir 4,05 $ pour chaque action ordinaire, tandis que les autres 37 % recevront plutôt 0,2302 action ordinaire de Rayonier Advanced Matrerial pour chaque action de Tembec. Sur le parquet de la Bourse de Toronto, le titre de l'entreprise québécoise a bondi de 41,36 %, ou 1,22 $, pour terminer à 4,17 $, soit son cours le plus élevé en plus de six ans.

Rayonier prévoit réaliser des synergies d'environ 50 millions $US (67 millions $) dans les trois années suivant la clôture de l'acquisition.

Beaucoup de promesses

M. Boyton a promis de conserver à Montréal le siège social canadien de l'entreprise en plus de maintenir toutes les activités de Tembec, qui compte 3000 employés au Québec, en Ontario ainsi qu'en France et dont les recettes annuelles sont d'environ 1,5 milliard $.

On prévoit même bonifier le plan d'investissement de 136 millions $ qui prend fin en 2020 pour les installations québécoises de Tembec, comme des scieries.

«Ces actifs sont rentables, a dit M. Boyton. Nous croyons qu'ils peuvent être encore plus productifs avec des investissements supplémentaires appuyés par notre solide bilan financier.»

Dans les faits, toutefois, si la transaction va de l'avant en deuxième moitié d'année, après avoir obtenue les approbations réglementaires habituelles et le feu vert des actionnaires, M. Lopez quittera Tembec, qui sera dirigée par M. Boyton depuis Jacksonville.

Cet aspect de la transaction inquiète particulièrement le syndicat Unifor, qui représente 900 travailleurs de Tembec.

«Nous craignons que le siège social des activités canadiennes à Montréal n'ait qu'un rôle mineur dans la direction des activités de la compagnie», a souligné le directeur québécois d'Unifor, Renaud Gagné.

En marge de sa mission multisectorielle en Israël, le premier ministre Philippe Couillard s'est pour sa part montré prudent dans ses commentaires en disant qu'il fallait suivre le fil des événements avant d'être «pessimiste».

«Je rappelle que quand les deux conseils d'administration décident de façon consensuelle de conclure une transaction, il faut les laisser agir», a-t-il dit, en mêlée de presse.

M. Lopez, lui, a tenté de calmer le jeu en affirmant que la majorité des actionnaires importants de Tembec étaient déjà des fonds d'investissements américains. Selon lui, «les propriétaires changent peut-être, mais le modèle d'affaires, lui, demeure le même».

Un allié canadien

Par ailleurs, les droits compensatoires décrétés sur les exportations canadiennes de bois d'oeuvre aux États-Unis n'ont pas incité Tembec à accepter cette offre d'achat, a assuré son grand patron, qui a toutefois concédé que les montants à verser aux autorités américaines freinaient la stratégie de l'entreprise visant à la fois à réduire sa dette tout en investissant dans ses installations.

Même si l'entreprise qu'il dirige est établie au sud de la frontière, M. Boyton a dit qu'il allait défendre les intérêts de ses usines dans l'actuel conflit entre le Canada et les États-Unis.

«Nous allons faire ce qui est le mieux pour le Québec et l'Ontario», a-t-il dit.

Bien que cette acquisition ne réduira pas le droit compensatoire d'environ 20 % imposé à Tembec, M. Lopez a estimé que l'entreprise aura désormais les reins plus solides pour poursuivre sa croissance tout en continuant d'effectuer des paiements aux autorités américaines.

Les produits forestiers devraient représenter environ 16 % du chiffre d'affaires annuel d'environ 2 milliards $US (2,7 milliards $) de l'entreprise issue du regroupement, mais seulement 3,2 % de son bénéfice d'exploitation.

L'analyste Paul Quinn, de RBC Marchés des capitaux, a estimé que l'acquisition permettrait à Rayonier Advanced Matrerial de réduire le niveau de risque de son portefeuille étant donné que la société effectuait une entrée dans de nouveaux secteurs, comme les produits forestiers.




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