Grève dans la construction: «Pas la première ni la dernière»

Selon Dominique Vien, la ministre du Travail, chaque... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Selon Dominique Vien, la ministre du Travail, chaque jour de grève dans la construction représente des pertes économiques de 45 millions $.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Une grève dans la construction? Même si la situation n'est pas idéale, elle n'a pas de quoi faire frémir d'importants promoteurs de Québec qui en ont vu d'autres.

«Ce n'est pas la première ni la dernière fois qu'on va voir une grève dans le secteur de la construction. Nous sommes maintenant habitués», avancent au Soleil différents hommes d'affaires.  

Aujourd'hui, à moins d'une surprise, la majorité des chantiers du Québec seront au point mort. Que ce soit le développement de 100 millions $ pour la construction d'un immeuble de 14 étages comptant 592 condos sur les anciens terrains du marché public de Sainte-Foy, le projet de condo-hôtel de 166 unités de plus de 45 millions $ à Lac-Beauport, ou le développement commercial de 300 millions $ du Groupe Dallaire à l'intersection de l'autoroute Duplessis et de la 40. Pour ce dernier, rappelons que le géant suédois IKEA doit prendre possession de son terrain durant l'été. 

«C'est vraiment une situation qui est hors de notre contrôle», indique Jacques Tanguay, partenaire avec le groupe Kevlar dans le projet Entourage sur-le-lac, à Lac-Beauport. Bien qu'il déplore la tournure des événements, l'homme d'affaires demeure toutefois optimiste. «Ils vont éventuellement trouver une entente. Les employés ont besoin de travailler et les employeurs ont besoin de leurs employés. Ils sont condamnés à s'entendre», poursuit-il. 

M. Tanguay, également à la tête de la chaîne de magasins Ameublements Tanguay, ne cache pas que cette situation aura des impacts financiers à travers la province. D'ailleurs, la ministre du Travail, Dominique Vien, estime que chaque jour de grève représente des pertes économiques de 45 millions. En 2013, selon un document de l'Association de la construction du Québec (ACQ), la grève avait eu un impact de plus de 333 millions $ sur le PIB québécois.

«C'est certain que ça engendre des coûts. Lorsqu'un projet accuse un retard, cela coûte plus d'intérêts», concède M. Tanguay, dont la compagnie Groupe commercial AMT réalise également la construction du nouveau siège social de 20 millions $ de Creaform à Lévis. «Pour certains secteurs, notamment le domaine de l'habitation, c'est encore plus grave. Cela occasionne des retards pour les gens qui attendent pour s'installer dans leur demeure. On sait qu'au Québec, le 1er juillet est une date importante», poursuit-il.

Mettre l'épaule à la roue

Le grand patron de la chaîne de magasins espère, se fiant à ses expériences passées, que lorsque les travailleurs vont revenir au boulot, «ils vont mettre l'épaule à la roue pour terminer le chantier le plus rapidement possible tout en maintenant un standard de qualité élevé».

Du côté du Groupe Dallaire, le plus important propriétaire foncier de la région métropolitaine de Québec, le président Michel Dallaire précise qu'il n'assiste pas à son premier bras de fer dans le secteur de la construction. 

«Ça fait plus de 30 ans que je suis dans le métier. Nous avons passé un paquet de grèves et c'est une de plus», a-t-il confié au Soleil en entrevue vendredi alors que la grève paraissait imminente. «Je ne m'attends pas à des impacts majeurs. Lorsqu'une grève est terminée, on met les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu», ajoute-t-il, allant dans le même sens que M. Tanguay.

Pour Marc Lachance, promoteur du projet Le Sommet 3V sur les anciens terrains du marché public de Sainte-Foy, une grève dans la construction «n'a rien de nouveau». 

«Les grèves de façon historique, cela ne dure jamais longtemps», dit-il. «Comme entrepreneurs, nous sommes habitués à cette situation et on vit maintenant avec. Cela ne nous tracasse plus. C'est surtout dommage pour les travailleurs et leurs familles, car ils vont avoir moins d'argent. Et également pour les autres travailleurs qui dépendent de l'industrie de la construction». 

Du côté de l'aéroport international Jean-Lesage, le chantier de 267 millions $ est également en pause. 

«Il est trop tôt pour faire l'évaluation des impacts. Évidemment, nous espérons que les partis seront en mesure de trouver un terrain d'entente dans les plus brefs délais. On va suivre la situation», conclut Mathieu Claise, directeur des communications.




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