Sommet du repreneuriat: la coop, un modèle viable

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Pour Vincent Lecorne, président du premier sommet et PDG du Centre de transfert d'entreprise du Québec, il faut susciter l'idée du repreneuriat comme outil de développement économique au Québec.

Le Soleil, Yves Therrien

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(Montréal) La reprise collective d'une entreprise fait partie des modèles à envisager autant pour les employés que pour un entrepreneur prêt à prendre sa retraite. Ce n'est pas plus long ni plus complexe que le repreneuriat dans la famille ou par de purs étrangers.

Au contraire, le modèle coopératif a fait ses preuves au Québec et l'histoire démontre un taux de survie plus grand des coopératives et une profitabilité que n'ont pas toutes les entreprises incorporées.

C'est ce qui se dégage de l'atelier sur la reprise collective, l'un des 17 du genre pendant le premier Sommet international sur le repreneuriat qui se tenait à Montréal vendredi.

Coopérative de travailleurs ou d'usagers, la reprise ne prendra pas plus de temps que les autres types de repreneuriat, où l'on constate des démarches sur des périodes dont les périodes de planification varient entre deux et huit ans. «En moyenne, le repreneuriat collectif peut s'effectuer sur une période de trois à cinq ans», racontait Alain Saint-Jacques, conseiller du Centre de transfert d'entreprise du Québec (CTEQ), l'un des quatre experts de l'atelier.

Pour lui, comme pour Stéphane Gaudreault, du ministère de l'Économie, Isabelle Faubert, directrice générale du Réseau Coop, et Claude-André Guillotte, chercheur à l'École de gestion de l'Université de Sherbrooke, le modèle coopératif n'est pas un problème ni un frein pour les affaires dans le monde des entrepreneurs.

Isabelle Faubert a rappelé les succès de la formule en parlant des coopératives de services ambulanciers qui occupent 50 % du marché, de franchises des rôtisseries Saint-Hubert comme celle de Laval dirigée par des employés, de la radio CHNC FM, en Gaspésie, qui a été sauvée de la faillite technique par la coopérative des employés. Ou encore de Promo Plastik, de Saint-Jean-Port-Joli, qui non seulement est profitable, mais qui s'est permis récemment de racheter son principal concurrent dans son segment de marché. 

M. Guillotte soulignait pour sa part les nombreuses coopératives funéraires nées du besoin des consommateurs lorsque les entreprises étatsuniennes se sont mises à acheter des PME funéraires au Québec dans les années 90. Elles ont eu un impact important pour la stabilisation des prix.

La reprise d'une entreprise doit se préparer. Trop d'entrepreneurs ne le font pas ou ne l'ont pas prévu, soulignaient les experts. Ce manque de planification est souvent le noeud majeur qui brouille l'avenir des PME.

Succès de participation

Quant à ce premier Sommet international du repreneuriat, il s'est ouvert sur un succès de participation, car plus de 500 personnes sur les 800 inscrites étaient déjà sur place pour le petit-déjeuner vendredi matin. L'organisation prévoyait entre 200 et 300 personnes au départ.

Pour Vincent Lecorne, président de ce premier sommet et PDG du Centre de transfert d'entreprise du Québec, «ce premier sommet composé de débats, de données de recherches, sert à faire le point sur la situation. Les outils viendront un peu plus tard lorsque les bases seront bien établies».

À son avis, il faut susciter l'idée du repreneuriat comme outil de développement économique au Québec alors que 38 000 propriétaires s'apprêtent à céder les rênes de leur entreprise dans les 10 prochaines années.

«La culture repreneuriale doit se tailler une place», constate M. Lecorne. «Les entrepreneurs nous demandent de les éclairer. Ce sommet nous permet de faire le point pour ensuite proposer des outils», insiste-t-il.

Arrive alors un premier outil avec le tableau de bord du repreneuriat mis au point par PricewaterhouseCoopers de manière à ce que repreneurs et cédants puissent avoir un portrait global de la situation «afin de mieux prendre des décisions», continue M. Lecorne tout en regardant les politiques et les manières de faire à l'étranger pour développer au Québec de meilleures pratiques.

Un mot dans l'histoire

Outre le fait que ce sommet soit unique au monde sur le repreneuriat, le mot lui-même fera son entrée dans l'histoire linguistique grâce à Antidote, l'outil d'aide à la rédaction de Druide, qui en fait une entrée spécifique dans son dictionnaire.

***

Martin Cauchon, de ministre à entrepreneur à la tête de six quotidiens

Martin Cauchon, propriétaire des journaux du Groupe Capitales... (Le Soleil, Yves Therrien) - image 3.0

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Martin Cauchon, propriétaire des journaux du Groupe Capitales Médias, en compagnie de la ministre Lise Thériault, responsable des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Allègement réglementaire et du Développement économique régional

Le Soleil, Yves Therrien

Passer de la vie publique comme ministre fédéral à entrepreneur, il y a un grand pas, même plusieurs pas à franchir. Ce sont ces pas qu'a parcourus Martin Cauchon en reprenant six journaux appartenant au groupe Gesca pour fonder le Groupe Capitales Médias au printemps 2015.

S'il est devenu propriétaire de journaux, c'est qu'il croyait à la mission des quotidiens, qu'ils jouent un rôle fondamental dans la démocratie, autant au plan régional qu'au plan provincial.

Même s'il n'était pas destiné à une carrière d'homme d'affaires, car la politique était son premier centre d'intérêt, il a sauté sur l'occasion lorsque la famille Desmarais a laissé poindre ses intentions. Ami de cette famille depuis son adolescence, l'opportunité d'affaires qui lui était offerte cadrait bien avec sa carrière dans le domaine public et politique. «Mettre sa photo sur un poteau tous les quatre ans, ça prend aussi une force entrepreneuriale», illustre-t-il.

Faire confiance

Bien qu'il n'ait jamais été dans le secteur des opérations des journaux, son expérience dans plusieurs conseils d'administration lui avait permis de bien cerner les enjeux du monde des affaires.

«Mon approche a toujours été de faire confiance aux gens», avance-t-il. «Mais j'ai surtout appris à sentir ce qu'impliquait dans la vie de tous les jours le concept de culture d'entreprise. Je sais l'importance qu'a cette culture dans une compagnie et à quel point il est important d'agir en tenant compte de cette culture lorsque vient le temps de recentrer l'entreprise sur sa mission, notamment en ce qui a trait à la nécessité que tous collaborent ensemble», conclut-il en parlant de la nécessaire collaboration qui doit se développer dans l'ensemble des journaux pour mettre en oeuvre la force du groupe.




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