Walmart à la poursuite d'Amazon

S'appuyant sur son réseau de 4700 magasins américains, Walmart... (AFP, Scott Olson)

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S'appuyant sur son réseau de 4700 magasins américains, Walmart propose depuis peu des rabais sur plus d'un million de produits en ligne, à la condition que les consommateurs récupèrent eux-mêmes leurs articles dans un magasin.

AFP, Scott Olson

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Luc Olinga
Associated Press
New York

Walmart, numéro un mondial de la distribution, se retrouve de plus en plus sous la pression d'Amazon et déploie tout un arsenal d'initiatives pour refaire son retard dans le commerce en ligne.

Fondé en 1962 par Sam Walton, le groupe de l'Arkansas représente de par sa taille et son maillage territorial un bastion de la distribution classique, de plus en plus assiégé par les vendeurs en ligne.

Ses résultats et les progrès de ses ventes générées dans le commerce en ligne vont donc retenir l'attention des marchés lorsqu'il va présenter ses résultats trimestriels jeudi.

Selon la banque Macquarie, un peu plus de la moitié des achats de biens en ligne réalisés aux États-Unis vont aujourd'hui dans les comptes d'Amazon.

«Amazon a réussi à s'inviter dans notre quotidien : on utilise Kindle pour lire, Prime pour regarder la télé. Ce n'est le cas ni de Walmart, ni de Macy's, ni de Gap», résume Krista Fabregas, analyste auprès du site spécialisé FitSmallBusiness.com.

Loin de jeter l'éponge, le pdg de Walmart, Doug McMillon, a décidé de mettre les moyens, en commençant par l'achat en août dernier pour 3,3 milliards $US (4,5 milliards $), de Jet.com, dont le fondateur Marc Lore, un ancien d'Amazon, pilote désormais l'offensive de l'enseigne.

«Les meilleurs prix»

À la tête d'une équipe de 15 000 salariés répartis entre la Silicon Valley, Boston, Omaha et Bentonville, M. Lore, dont la rémunération annuelle de 237 millions $US (324 millions $) est 10 fois supérieure à celle de M. McMillon, a tracé une feuille de route dont les axes principaux sont des acquisitions ciblées pour élargir l'audience et faire de «l'anti-Amazon».

En moins de cinq mois, Walmart a racheté les jeunes pousses Shoebuy.com (70 millions $US ou 96 millions  $), ModCloth (45 millions $US ou 62 millions  $), le site d'équipements de plein air MooseJaw (51 millions $US ou 70 millions  $) et est en négociations avancées pour avaler Bonobos, un site de prêt-à-porter de moyenne gamme pour hommes, pour 300 millions $US (411 millions $).

M. Lore veut également donner la priorité aux produits «essentiels» du quotidien tels le papier-toilette, les produits de beauté, les produits alimentaires, au détriment de produits saisonniers comme l'électronique grand public et les jouets.

«On met l'accent sur le type de produits que les clients achètent le plus», explique Ravi Jariwala, un porte-parole. «Nous voulons également nous assurer d'avoir les meilleurs prix, de livrer à domicile ou d'offrir des promotions».

Walmart a arrêté en février ShippingPass, un service d'abonnement calqué sur Amazon, et propose depuis une livraison gratuite en deux jours pour tout achat de plus de 35 $US (48 $).

S'appuyant sur son réseau de 4700 magasins américains, le numéro un mondial de la distribution propose depuis peu des rabais sur plus d'un million de produits en ligne, à la condition que les consommateurs récupèrent eux-mêmes leurs articles dans un magasin Walmart.

Il teste une sorte de «tour de collecte» baptisée Rapunzel, installée à l'intérieur d'un magasin et pouvant contenir 300 commandes.

Rattrapage?

Walmart.com lie par ailleurs désormais les critères de rémunération de ses salariés à la satisfaction des clients.

Les ventes du commerce en ligne sont passées de 4,54 milliards $US (6,2 milliards $) en 2012 à 8,03 milliards $US (11 milliards $) en 2016, d'après la banque Wells Fargo.

Ces efforts tranchent avec les atermoiements des années 2000 : Walmart, qui avait envisagé d'acquérir Netflix, craignait que d'importants investissements dans le commerce en ligne affectent la fréquentation de ses magasins physiques.

L'enseigne redoutait aussi de devenir un «espace marques» (marketplace) où des vendeurs individuels et indépendants viennent proposer leurs produits. Walmart.com n'a commencé à accepter des vendeurs indépendants qu'en 2015, des années après Amazon.

En attendant, les marchés financiers parient davantage sur Amazon, dont la capitalisation boursière est quasi le double de Walmart : 453 milliards $US (620 milliards $) contre 230 milliards $US (315 milliards $), malgré le fait que le second a enregistré en 2016 un chiffre d'affaires de 485,87 milliards $US (665 milliards $) contre 43,7 milliards $US (60 milliards $) au premier, soit 10 fois plus...




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