Élection de Trump et les affaires: la Terre tourne encore

Le pdg de Québec International, Carl Viel, a... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le pdg de Québec International, Carl Viel, a donné un entretien au Soleil, marquant ainsi le dépôt du rapport annuel de l'organisme de développement économique.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La Terre n'a pas cessé de tourner depuis l'élection de Donald Trump. À moins d'une catastrophe, elle devrait continuer de le faire pendant le règne du nouveau président des États-Unis.

N'empêche que depuis son arrivée à la Maison-Blanche, le magnat de l'immobilier force les entrepreneurs, les investisseurs et les financiers à demeurer sur le qui-vive.

«L'incertitude est omniprésente depuis l'élection de Donald Trump», rend compte le pdg de Québec International, Carl Viel, au cours d'un entretien avec Le Soleil marquant le dépôt du rapport annuel de l'organisme de développement économique.

Il parle d'«incertitude» et non pas de paralysie de l'activité économique depuis l'élection de M. Trump, «car, pour l'instant, c'est business as usual

Cette «incertitude» est liée au sort de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) regroupant les marchés du Canada, des États-Unis et du Mexique.

Sachant que tout ce qui bouge dans l'univers économique privilégie un environnement d'affaires dénué de flottement et d'instabilité, Carl Viel dit comprendre le questionnement des entrepreneurs d'ici qui se demandent s'ils doivent continuer d'investir pour conquérir le marché américain.

Il n'a pas constaté de désaffection de la part des entrepreneurs à l'égard des États-Unis, d'autant plus que la faible valeur du huard par rapport à la devise américaine est propice au développement des affaires. «Les États-Unis, ne l'oublions pas, c'est notre premier marché.»

En Europe aussi

L'incertitude est aussi palpable du côté de l'Europe, un partenaire avec lequel le Canada s'apprête à signer un accord économique et commercial global.

«Pour plusieurs entreprises européennes, l'accès au marché nord-américain va se faire à partir du Canada. Nous sommes bien placés pour accueillir ces entreprises du Vieux Continent qui ont l'oeil sur les États-Unis et le Mexique», note M. Viel. «Nous possédons un avantage indéniable. Nous sommes des Nord-Américains rompus avec les façons de faire en Europe en matière de commerce international.»

Or, en Europe, la valse-hésitation de Donald Trump à l'égard de l'ALENA suscite des appréhensions. Les règles du jeu seront-elles modifiées?

«Malgré tous les commentaires que nous entendons sur les États-Unis et sur l'ALENA , peu d'investisseurs européens ont changé leur fusil d'épaule», assure Carl Viel.

C'est en misant principalement sur deux pôles d'excellence - ceux des aliments santé et des arts numériques et du divertissement interactif - que Québec International entend vendre la salade de la capitale auprès des sociétés européennes pour les attirer ici.

Par ailleurs, en 2016, les interventions de Québec International ont entraîné des retombées totalisant près de 190 millions $, dont la moitié correspond aux investissements directs étrangers. Tout près d'une vingtaine de projets d'implantation et d'expansion ont vu le jour, ce qui a permis le maintien et la création de près de 300 emplois. Parmi ces projets, notons ceux de Nestlé (Suisse), Diana Food (France) et r-Biopharm (Allemagne) dans le domaine bioalimentaire.

L'année 2016 a aussi été marquée par le début des activités de l'incubateur-accélérateur d'entreprises Le Camp au 125, boulevard Charest. Avec un taux moyen d'occupation de 85 %, Le Camp a des allures d'une fourmilière. La panoplie d'activités organisées a attiré près de 2000 participants.

Entrepreneurs internationaux: un phénomène grandissant

Les missions de recrutement à l'étranger permettent aux entreprises de recruter les talents qu'elles n'arrivent plus à dénicher dans la région. Elles favorisent également la venue d'entrepreneurs internationaux.

Ils proviennent principalement de la France et du Brésil. Il s'agit de travailleurs autonomes qui désirent se lancer en affaires à Québec. Ouvrir une boulangerie. Acheter un hôtel. 

En 2016, les entrepreneurs internationaux ont investi 6,4 millions $ dans la capitale. 

Leur geste a permis de maintenir ou de créer 107 emplois.

«C'est un phénomène grandissant», mentionne Carl Viel, pdg de Québec International. 

Et suffisamment important pour que l'organisme de développement économique recrute une ressource spécialisée pour veiller à l'implantation d'entrepreneurs internationaux sur le territoire.

«Sur notre table de travail, nous avons des dossiers qui pourraient conduire à des investissements totalisant de 6 à 10 millions $.»

Carl Viel tient à préciser que ces entrepreneurs internationaux ne sont pas ce que l'on appelle des investisseurs étrangers, ces gens fortunés qui doivent disposer d'un avoir net d'au moins 1,6 million $ dans leur compte bancaire et signer une convention d'investissement de 800 000 $ pour immigrer au Canada.

«Dans bien des cas, les entrepreneurs internationaux ont déjà des membres de leur famille qui sont installés ici et qui veulent vivre une nouvelle aventure en devenant commerçant ou hôtelier, par exemple», souligne M. Viel.

Capital de risque demandé

L'avènement du Fonds Innov­Export a été une bénédiction pour les jeunes pousses prometteuses de la région de Québec, estime Carl Viel, pdg de Québec International.

Toutefois, ce fonds de capital de risque de 45 millions $ n'est pas suffisant pour faire en sorte qu'elles auront les reins suffisamment solides pour franchir l'étape cruciale de la commercialisation de leur trouvaille.

«Plusieurs efforts sont faits pour faire sortir de terre les jeunes entreprises. Quand elles commencent à pousser, par contre, nous les laissons trop souvent tomber. Les billets verts pour la commercialisation sont rares. Comment peut-on les aider à surmonter les différents stades de leur croissance?»

Dans la bonne direction

Pour Carl Viel, la naissance de l'incubateur-accélérateur d'entreprise Le Camp et la mise sur pied du Fonds InnovExport sont des pas dans la bonne direction. Même chose pour le concours Catapulte qui, depuis trois ans, offre une bourse de 30 000 $ à un studio indépendant de jeux vidéo de Québec.

Le malheur des jeunes entreprises prometteuses de la capitale est qu'elles éclosent loin du regard des grands fonds de capitaux de risque qui ont pignon sur rue à Montréal, à Toronto, à Boston ou à New York.

Comme l'explique le pdg de Québec International, la réalité des choses oblige donc les entrepreneurs de Québec à se rendre là où se trouve le capital de risque et à développer leur réseau de contacts.

«Depuis des années, nous sommes plusieurs, à Québec, à faire des pressions auprès des décideurs et des gestionnaires pour que des fonds de capitaux de risque s'installent à Québec et constatent ce qui se fait ici.» 




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