SNC-Lavalin dit avoir échappé d'importants contrats à cause des accusations

Le siège social de SNC-Lavallin à Montréal... (Archives La Presse, Olivier Pontbriand)

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Le siège social de SNC-Lavallin à Montréal

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Les accusations criminelles qui pèsent contre SNC-Lavalin l'ont empêchée de décrocher d'importants contrats à l'étranger l'an dernier, affirme le président et chef de la direction de la firme d'ingénierie, Neil Bruce.

En marge de l'assemblée annuelle de la multinationale, jeudi à Montréal, celui-ci en a profité pour inciter une fois de plus Ottawa à s'inspirer des systèmes mis en place dans certains autres pays, comme aux États-Unis, qui permettent notamment aux entreprises de régler des cas de corruption et ainsi d'éviter d'être désavantagées lorsqu'elles se disputent des contrats avec des firmes rivales.

«Nous estimons avoir échappé des contrats [...] parce que nous faisons face à des accusations alors que deux de nos concurrents ont pu mettre ces événements derrière eux», a expliqué M. Bruce, au cours d'une conférence de presse, en marge du rendez-vous annuel.

SNC-Lavalin réfute les accusations de fraude et de corruption déposées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en lien avec des gestes qui auraient été posés par certains de ses ex-employés en Libye. D'après la police fédérale, la firme aurait versé 47,7 millions $ à des titulaires de charges publiques en Libye dans le but de les influencer. De plus, ses divisions construction et international auraient privé diverses organisations locales d'environ 129,8 millions $.

En après-midi jeudi, le ministère fédéral de la Justice n'avait pas répondu aux questions envoyées par La Presse canadienne.

Questionné à ce sujet, le grand patron de SNC-Lavalin (TSX:SNC) n'a pas quantifié l'impact financier des contrats ou nommé les compagnies qui avaient coiffé la firme québécoise au fil d'arrivée.

«C'est ironique, parce que [dans un des cas] nous avions l'occasion de faire appel au savoir-faire québécois pour nous aider à livrer la marchandise», a affirmé M. Bruce.

Au terme du dernier exercice, terminé le 31 décembre, la valeur du carnet de commandes de la société était de 10,7 milliards $, en baisse de presque 11 % sur un an.

Toujours pour 2018

Même si le piètre état du pont Champlain actuel empêche des camions en surcharge d'effectuer la livraison des pièces, M. Bruce affirme que la livraison du nouvel ouvrage est toujours prévue pour 2018.

Le Consortium Signature sur le Saint-Laurent (SSL), piloté par SNC-Lavalin, a déposé en mars une poursuite de 124 millions $ contre le gouvernement fédéral en affirmant qu'Ottawa était au fait de restrictions de poids sur le pont Champlain vieillissant et avait omis d'en faire mention durant les négociations sur le contrat.

«Nous sommes confiants de pouvoir [respecter l'échéancier], a répondu M. Bruce à une question. Nous discutons avec notre client et espérons en arriver à une entente satisfaisante pour les deux parties.»

Par ailleurs, SNC-Lavalin ne voit pas pourquoi elle ne serait pas en mesure de compléter l'acquisition de la firme britannique WS Atkins d'ici la fin du troisième trimestre après avoir annoncé la transaction de 3,6 milliards $ CAN le 20 avril dernier.

M. Bruce ne s'est pas formalisé du fait que le fonds d'investissement activiste Elliott Capital détient une participation de 6,8 % dans la firme britannique. Le fonds new-yorkais, qui possède également des bureaux à Londres, avait dévoilé sa participation après le dépôt de l'offre de SNC-Lavalin.

«Ils ont acheté leurs actions en bas du prix que nous offrons (20,80 livres sterling par action), a-t-il dit. Ça serait une belle occasion si une autre offre était déposée. Je crois que les chances que cela se produise diminuent chaque jour. Nous ne considérons pas (Elliott Capital) comme un obstacle.»

SNC-Lavalin peut se permettre cette acquisition grâce à un prêt de 1,5 milliard $ consenti par la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui achètera aussi pour 400 millions $ de nouvelles actions de la firme.

En baisse

La firme de génie a également profité de son assemblée annuelle pour dévoiler ses résultats du premier trimestre terminé le 31 mars, période au cours de laquelle elle a affiché une baisse de ses profits et revenus.

SNC-Lavalin a engrangé un bénéfice net de 89,7 millions $, ou 60 cents par action, par rapport à 122,1 millions $, ou 81 cents par action, il y a un an. Ce recul s'explique par un gain après impôts de 51,1 millions $ réalisé en 2016 à la suite de la vente d'actifs.

Le bénéfice ajusté des activités d'infrastructures et construction, généralement cité par les analystes, a été de 60,7 millions $, ou 40 cents par action, en hausse de 6,1 %.

De leur côté, les revenus ont reculé de 6,5 %, à 1,85 milliard $.

Cette performance trimestrielle a en partie répondu aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters qui tablaient sur un profit ajusté par action de 40 cents et sur des recettes de 1,9 milliard $.




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