Fort McMurray: sombre horizon pour les sables bitumineux

Depuis l'incendie, à l'instar de Statoil et Shell,... (Photo Olivier Pontbriand, Archives la Presse)

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Depuis l'incendie, à l'instar de Statoil et Shell, d'autres pétroliers ont décidé de se retirer partiellement ou totalement des sables bitumineux.

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Julien Besset
Agence France-Presse
Fort McMurray

Un an après le gigantesque feu de forêts dans la province de l'Alberta, la pire catastrophe naturelle de l'histoire du Canada, l'horizon reste sombre pour la région des sables bitumineux, troisième réserve d'or noir de la planète.

L'avancée des feux à la fin du printemps l'an dernier a forcé la fermeture de sites pétroliers et l'évacuation des personnels. Conséquence, la production pétrolière a été coupée de plus d'un million de barils par jour et a fait reculer de 0,4 point de pourcentage la croissance canadienne pendant l'été.

Avec la faiblesse des cours du brut persistante depuis trois ans, les groupes pétroliers cherchent par tous les moyens à réduire leurs coûts, plusieurs décidant même de se retirer de l'exploitation de ce pétrole lourd, coûteux et difficile à extraire.

«Les feux de forêts ont accentué les problèmes», dit à l'AFP Bilal Abbas, 38 ans, un sous-traitant d'un groupe pétrolier incertain de son emploi depuis que ce dernier a décidé de se retirer de la production.

Il y a plus de dix ans, les grands pétroliers comme ExxonMobil, Shell, Statoil ou Total se ruaient vers les sables bitumineux du Nord de l'Alberta, véritable eldorado quand le baril dépassait les 100 $.

Devenue synonyme d'argent facile et de plein emploi, la ville pétrolière de Fort McMurray attirait les travailleurs des quatre coins du monde, sa population enflant à près de 100 000 habitants.

Avec la chute des cours du brut, l'Alberta s'est enfoncée dans une longue récession et en sort à peine.

«Les compagnies ont réduit leurs coûts et ont beaucoup licencié. Le moral en a pris un coup à Fort McMurray et les feux de forêt n'ont fait qu'amplifier la situation», raconte M. Abbas.

Vive concurrence

La raison du boum de 2014? La «révolution" de la fracturation hydraulique et chimique des schistes pétroliers aux États-Unis, reconnaît d'emblée Tim McMillan, président de l'Association canadienne des producteurs de pétrole.

«Durant les années Obama, la production américaine de pétrole a bondi de 4,4 millions de barils par jour» grâce à cette innovation technologique, souligne-t-il.

Résultat, le marché mondial s'est retrouvé engorgé, plombant le cours du brut léger autour de 50 $ le baril et à un prix encore plus bas pour le pétrole canadien, pénalisé car éloigné des grandes raffineries.

Sixième producteur mondial, le Canada produit environ 3,6 millions de barils par jour, écoulés aux trois-quarts aux États-Unis.

Mais «aujourd'hui, notre premier client est notre premier concurrent», note M. McMillan. «Et la compétition ne sera que plus vive sous l'administration Trump», prévoit-il.

La vie après le feu

Depuis l'incendie, à l'instar de Statoil et Shell, d'autres pétroliers ont décidé de se retirer partiellement ou totalement des sables bitumineux comme les Américains ConocoPhillips ou Marathon Oil, ces derniers préférant exploiter le pétrole de schiste du Dakota du Nord, plus rentable.

Les pétroliers canadiens, comme Canadian Natural Resources ou Cenovus, ont déboursé plus de 30 milliards de dollars américains pour racheter les actifs délaissés par leurs concurrents.

Ces groupes veulent augmenter leur production et profiter des capacités d'exportation qui seront offertes par les trois nouveaux oléoducs, dont le critiqué Keystone XL autorisé par le président Donald Trump, ouvrant les portes des raffineries dans le Golfe du Mexique.

L'industrie canadienne reste cependant sous pression pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, qui représentent plus du quart des émissions totales du Canada.

Depuis le début de l'année, elle doit aussi composer avec une taxe carbone de 30 $ par tonne imposée par le gouvernement de l'Alberta.

Avec cette nouvelle donne environnementale, Melissa Blake, maire de Fort McMurray, avoue ne plus croire aujourd'hui «à de nouveaux développements dans les sables ».




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