Accuracy: d'abord Québec, puis l'Amérique

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Québec au même rang que Londres, Paris ou Munich? Dans leur bureau de la capitale française, les associés d'Accuracy finissent par s'entendre. L'étalement de leurs tentacules en Amérique du Nord se fera à partir de Montréal et de Québec.

«Québec n'est pas un centre financier de l'envergure de Toronto ou de New York», convient d'emblée l'associé-directeur d'Accuracy au Canada, François Filion, que Le Soleil a rencontré dans les bureaux du Complexe Jules-Dallaire de la firme spécialisée dans les enquêtes financières, les litiges, les transactions d'entreprises et les diagnostics financiers.

«Par contre, personne ne peut faire abstraction de la présence de l'appareil gouvernemental québécois, des sièges sociaux des compagnies d'assurances et de services financiers et d'entreprises déjà actives sur les marchés étrangers et d'autres, en pleine croissance, qui affichent un fort potentiel d'internationalisation.»

Sa porte d'entrée sur l'Amérique du Nord, Accuracy l'a donc installée à Montréal et à Québec, où elle peut compter sur des équipes multidisciplinaires de 20 et de 10 professionnels. L'ouverture d'un bureau à Toronto constitue la prochaine étape. Ainsi, au cours des trois prochaines années, une quinzaine d'«accuraciens» s'ajouteront à ceux déjà en poste au Québec.

Accuracy, c'est le rejeton de sept anciens employés de la firme américaine Arthur Andersen spécialisée dans l'audit, les services fiscaux et juridiques, la finance d'entreprise et le conseil. Arthur Andersen avait été placé en faillite en 2002 au lendemain du scandale Enron.

Les sept associés-fondateurs d'Accuracy ont donc mis au monde, en 2004, une firme indépendante de conseil financier. 

Elle ne fait ni de l'audit ni de la vérification financière. Une façon d'éviter les conflits d'intérêts et de ne pas dépendre d'un client récurrent.

N'étant pas une firme comptable ni une banque d'affaires, Accuracy se spécialise principalement en juricomptabilité et en accompagnement des entreprises dans la prise de décision d'affaires. «Nous donnons un sens aux chiffres», signale François Filion en précisant que le règlement de litiges financiers constituait principalement le pain et le beurre d'Accuracy.

Norbourg, Dunkin Donuts et collusion

Pour faciliter l'implantation d'Accuracy de ce côté-ci de l'Atlantique, la direction de la firme a fait appel, en 2011, à Guylaine Leclerc et à François Filion. Ensemble, ils avaient oeuvré au sein de Leclerc Juriscomptables, une firme spécialisée dans les enquêtes financières.

 En 2005, Leclerc Juriscomptables, à la demande de l'Autorité des marchés financiers, avait mené une vaste investigation financière afin de faire la lumière sur l'affaire Norbourg. L'enquête avait duré six mois. «Au procès, j'ai témoigné pendant 19 jours», se souvient M. Filion, qui a aussi enquêté, au nom des franchisés québécois de Dunkin Donuts, dans la cause les opposant au franchiseur.

En 2015, Guylaine Leclerc quittait Accuracy pour occuper le poste de vérificatrice générale du Québec. François Filion lui a succédé à la tête des bureaux canadiens de la société française aussi présente dans huit pays européens ainsi qu'à Singapour et à Dubaï et qui compte sur une équipe de 300 professionnels.

Le gouvernement du Québec a fait appel, en novembre 2015, à l'expertise en juricomptabilité d'Accuracy pour l'aider à quantifier les dommages dans le cadre du Programme de remboursement volontaire (PRV). Ce programme permet aux entreprises qui ont participé à de la collusion au cours des 20 dernières années dans le cadre de contrats publics de rembourser volontairement les sommes perçues en trop. Accuracy accompagne l'administrateur du PRV, le juge François Rolland, pour évaluer les propositions de règlement présentées par les entreprises fautives.

De l'argent à investir

Si Accuracy - dont le chiffre d'affaires atteint aujourd'hui 100 millions $ - a établi ses pénates au Canada, c'est aussi pour permettre à des entreprises européennes de venir brasser des affaires en Amérique du Nord et, inversement, à des sociétés d'ici d'investir sur le Vieux Continent.

Récemment, Accuracy a apporté son expertise dans l'acquisition de GE Water & Process Technologies par le groupe français Suez et la Caisse de dépôt et placement du Québec. Une transaction de 3,4 milliards $US.  

«L'Amérique du Nord attire l'attention des investisseurs européens», constate François Filion.

«En Europe, le climat économique qui n'est guère favorable à l'investissement. La croissance y est pratiquement inexistante. Ici, le taux de change est favorable et la main-d'oeuvre spécialisée abonde.»

Évidemment, l'Accord économique de commerce global entre le Canada et l'Union européenne va amener de l'eau au moulin. «Il est difficile pour le moment d'en évaluer les retombées, mais nous pouvons déjà prédire qu'elles seront positives», avance François Filion.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer