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Les sociétés d'État moins payantes que prévu

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La baisse des recettes des sociétés d'État est attribuable principalement à Hydro-Québec.

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(Québec) Les sociétés d'État se sont avérées moins généreuses que prévu l'an dernier, soit 97 millions $ en deçà des prévisions du gouvernement Couillard. Le magot a été de 4,75 milliards $. Pour 2017-2018, l'État est moins gourmand et réclame 4,48 milliards $ à ses bras financiers, une diminution de 5,7 %.

Cette baisse des recettes est attribuable principalement à Hydro-Québec en raison notamment «de la révision de l'impact comptable lié à l'application des Normes internationales d'information financière», peut-on lire dans le budget 2017, dévoilé mardi. Sans cette modification, Hydro-Québec aurait généré 150 millions $ de plus que les prévisions.

Pour son dernier exercice financier, Hydro-Québec a livré 2,4 milliards $, soit 200 millions $ sous les attentes. Les températures plus clémentes ont notamment grugé les profits, ce qui a réduit la demande d'électricité, et une baisse des prix sur les marchés de l'énergie. À l'inverse, Loto-Québec (1,15 milliard $), la Société des alcools (1,07 milliard $) et Investissement Québec ont dépassé les cibles fixées l'an dernier. Mentionnons toutefois que les revenues provenant de Loto-Québec sont 47 millions $ inférieur à ceux de 2015-2016.

Au cours des prochaines années, le portefeuille d'Hydro-Québec devrait toutefois reprendre du poil de la bête. Dans son Plan stratégique 2016-2020, la société d'État s'est donnée comme objectif «de poser les bases nécessaires pour doubler ses revenues d'ici 2030». Pour arriver à ses fins, elle prévoit augmenter ses exportations d'électricité et réaliser des acquisitions hors Québec.

«Hydro-Québec se démarque puisqu'elle sera un investisseur contribuant à la transition énergétique mondiale et un exploitant expérimenté dont les technologies innovantes seront au service de ses partenaires», retrouve-t-on dans le document provincial. Elle précise que les investissements se feront par sa filiale Hydro-Québec International inc.

D'ailleurs, au mois d'octobre, le président d'Hydro, Éric Martel, avançait dans le Journal de Québec que l'entreprise pourrait investir jusqu'à 20 milliards $ au cours des prochaines années pour réaliser ses projets d'expansion.

Du côté de la SAQ, qui a dernièrement coupé près de 200 postes, on attribue le bilan positif à plusieurs gestes d'efficience qui ont permis de réduire la structure de coûts. Cette stratégie a permis aux consommateurs d'obtenir trois baisses de prix sur les bouteilles de vin. Au total, 1600 produits ont subi une diminution de 1,40 $. L'objectif de la SAQ est que ses prix soient similaires avec ceux de l'Ontario.

Pour la prochaine année, le gouvernement attend 2,15 milliards $ d'Hydro-Québec, 1,14 milliard $ de Loto-Québec et 1,08 milliard $ de la Société des alcools du Québec. Pour 2018-2019, il prévoit réclamer à ses sociétés d'État 4,4 milliards $.

La Régie des alcools sera modernisée

Le gouvernement prévoit moderniser au cours des prochains mois la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).

Un rapport du député de Jean-Lesage, André Drolet, a dernièrement été présenté au caucus des élus libéraux. Il devrait être rendu public au cours des prochaines semaines.

Dans le budget Leitão, Québec indique souhaiter «moderniser la culture institutionnelle de l'organisme», «réviser la réglementation et l'encadrement des boissons alcooliques», une mesure réclamée depuis plusieurs années par des acteurs de l'industrie, ainsi qu'«assurer de meilleurs suivis avec l'industrie sur des enjeux de fond».

Des responsables de l'industrie, dont l'Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ), réclament depuis belle lurette de pouvoir vendre de l'alcool à l'extérieur des heures permises afin de demeurer compétitifs avec les autres joueurs du milieu, comme les bars ou les restaurants. Les chaînes St-Hubert et Normandin souhaitent pour leur part un nouveau type de permis d'alcool plus flexible qui permettrait aux clients d'apporter leur vin dans leurs établissements.

Par ailleurs, dans le plan économique du Québec, dévoilé mardi, le gouvernement Couillard a annoncé des mesures qui soutiennent le développement de l'industrie de la distillation et l'adaptation de l'encadrement de l'industrie brassicole. Il signe notamment un chèque de 9 millions $ sur cinq ans pour leur donner un coup de pouce.

En date du 1er février 2017, on dénombrait 535 permis en vigueur dans le secteur de la production et de la fabrication de boissons alcooliques au Québec, dont 258 pour des produits artisanaux.

Vente sur place

Pour l'industrie de la distillation, qui compte 33 titulaires de permis en 2017, le gouvernement autorisera la vente sur les lieux de fabrication et il appuiera le positionnement des spiritueux via son le réseau de la Société des alcools du Québec (SAQ). Actuellement, seulement les détenteurs de permis de production artisanale autorisant la distillation avaient le droit de vendre leurs produits sur place.

Afin de soutenir ce secteur, Québec allouera également une aide financière aux entreprises. «Celle-ci correspondra à 4 % des ventes pour les spiritueux fabriqués avec des matières premières québécois et à 14 % des ventes pour les spiritueux entièrement composés d'un alcool distillé par le fabricant, exclusivement à partir de matières premières québécoises. Et une bonification de 2 $ par bouteille sera ajoutée pour les produits correspondants à ce critère, ayant été vieillis trois ans ou plus». D'autres modalités du programme seront annoncées prochainement.

Les ventes à la Société des alcools du Québec pour les spiritueux québécois sont en constante progression depuis quelques années. Elles ont été de 28 millions $ en 2015-2016, comparativement à 8 millions $ en 2010-2011. Pour l'ensemble des produits du Québec - vin, cidre, hydromel, spiritueux, etc. - les ventes ont été en 2015-2016 de 50 millions $.

Du côté de l'industrie brassicole, le ministère des Finances prévoit dans son budget «faciliter la tenue d'évènements ayant pour objectif la présentation et la découverte de bières» et «autoriser les producteurs artisanaux de bière à vendre directement aux titulaires de permis de réunion».

Finalement, pour la mise en place du Programme d'appui aux initiatives de commercialisation du secteur des boissons alcooliques, le budget prévoit une enveloppe de 4 millions $. Cet argent servira à appuyer les activités promotionnelles et commerciales afin de faire connaître les marques québécoises.




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