Sans l'aide réclamée du fédéral, l'INO reste optimiste

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Afin de dénicher des pistes de solution pour réaliser ses ambitions, le président-directeur général de l'Institut national d'optique, Jean-Yves Roy, espère une rencontre prochainement avec un responsable du cabinet de Navdeep Bains, ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique.

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(Québec) L'Institut national d'optique (INO) espérait retrouver dans le budget fédéral 25 millions $ afin de réaliser son expansion pancanadienne, ce qui n'a pas été le cas. Il demeure toutefois optimiste de s'entendre avec Ottawa, puisque plusieurs mesures du budget Morneau visent à épauler et à faire croître les entreprises innovantes.

On retrouve entre autres dans les coffres du fédéral une enveloppe de 950 millions $ sur cinq ans pour appuyer un petit nombre de «supergrappes» d'innovation. Les fonds seront attribués par voie concurrentielle. Précisons toutefois que cette mesure avait été avancée dans le budget 2016, elle était de 800 millions $. 

Il y a également le nouveau Fonds stratégique pour l'innovation de 1,26 milliard $ sur cinq ans. Il a pour objectif de regrouper et de simplifier les programmes existants d'innovation en entreprise.

Depuis plusieurs mois, l'INO cogite justement sur un projet de «grappes» canadiennes. L'institut souhaite ouvrir des bureaux dans d'autres provinces pour mieux vendre les avancées du Québec au reste du Canada. Les travailleurs présents sur les lieux pourraient également contribuer à l'implantation des technologies dans les entreprises. Pour arriver à ses fins, il réclame un coup de pouce du fédéral et du provincial (25 millions $).

Dans le budget déposé mercredi après-midi, on peut lire que «le concours sera lancé en 2017 et visera les supergrappes qui viennent accroître la compétitivité mondiale du Canada en mettant l'accent sur des industries très innovantes comme la fabrication de pointe, l'agroalimentaire, les technologies propres, la technologie numérique, les sciences biologiques et de la santé, les ressources propres, ainsi que l'infrastructure et le transport». Ces secteurs sont d'ailleurs priorisés dans le budget.

Afin de dénicher des pistes de solution pour réaliser ses ambitions, le président-directeur général de l'INO espère une rencontre prochainement avec un responsable du cabinet de Navdeep Bains, ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique.

«De façon générale, il y a beaucoup d'investissements en innovation, c'est une bonne nouvelle. Malheureusement, il n'y a pas de montant spécifique pour l'INO. Il va falloir travailler fort pour trouver par quel canal on peut aller chercher le financement qui nous manque. C'est ce que je vais tenter de faire au cours des prochains jours», indique au Soleil Jean-Yves Roy. L'an dernier, le fédéral avait octroyé 50 millions $ à l'Institut. 

Le patron estime que les troupes de Justin Trudeau devront débloquer les fonds «très rapidement» pour les entreprises issues du secteur de l'innovation. Il craint que le Canada prenne du retard par rapport aux autres pays. Dans son cas, pour le secteur de l'optique-photonique, il rappelle que la compétition est très forte. À titre d'exemple, au sud de la frontière, à Rochester, les Américains ont créé un INO. Ce dernier est financé à 615 millions $ sur cinq ans.

«À travers le monde, on se positionne actuellement dans les domaines de création de richesse pour le futur. Il est très important que les choix [du fédéral] soient alignés sur ça. [...] C'est pourquoi on souhaite démarrer notre projet le plus rapidement possible», note M. Roy, saluant toutefois la volonté du gouvernement d'investir davantage dans l'éducation et la formation de la main-d'oeuvre. Un problème qui touche plusieurs entreprises, notamment dans la région de Québec où le taux de chômage est de 4,3 %. 

Dans son Plan pour l'innovation et les compétences, le fédéral souhaite entre autres «aider les jeunes Canadiens à obtenir les compétences et l'expérience requises pour lancer leur carrière», «rendre les possibilités de formation plus accessibles» et «accroître les investissements des entreprises dans la formation».

Les revenus externes de l'INO, qui prévoit embaucher 110 nouveaux cerveaux d'ici 2020, ont atteint 19,3 millions $ pour l'exercice financier 2015-2016. L'Institut compte présentement environ 190 employés. 

Appui de la Chambre de commerce

Du côté de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, on a bien l'intention d'appuyer l'INO dans ses démarches afin qu'il récolte sa part du gâteau de l'enveloppe de 950 millions $.

«L'INO a généré beaucoup de spin off en nouvelles technologies, en optique-photonique, qui rayonne partout dans le monde entre autres Optel et EXFO. C'est un centre d'excellence, donc ça répond aux critères de supergrappes. On va travailler fort là-dessus», affirme Alain Aubut, président et chef de la direction.

Ce dernier se réjouit également de la formation d'un guichet unique pour les compagnies ainsi que des investissements en innovation et en formation (753 millions $). 

«Les innovateurs et les entrepreneurs du Canada n'auront plus à passer du temps à déterminer le ministère auquel s'adresser ou le programme qui répond le mieux à leurs besoins. Innovation Canada hébergera l'ensemble simplifié de programmes d'innovation du gouvernement fédéral, qui permettra de mieux soutenir les innovateurs canadiens», peut-on lire dans les documents du budget.

«Cela donne un espoir supplémentaire aux PME. Cela va faciliter leurs démarches pour s'adapter aux changements technologiques incontournables ainsi qu'à la transformation des marchés en cours», conclut le président.

Faits saillants

2,7 G$ sur six ans

En plus des 3 milliards $ par année distribués aux provinces et aux territoires pour la conception et la prestation de programmes de formation axée sur les compétences et de soutien à l'emploi, le fédéral souhaite offrir 2,7 milliards $ de plus sur six ans, à compter de 2017-2018, pour soutenir la formation de la main-d'oeuvre.

523,9 M$ sur cinq ans

Le gouvernement met de l'avant un investissement supplémentaire afin de prévenir l'évasion fiscale et améliorer l'observation des règles fiscales. L'investissement servira à financer de nouvelles initiatives et à élargir des programmes existants pour faire en sorte que le régime fiscal soit juste et équitable pour tous les Canadiens.




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