Les commandites des sociétés d'État fondent à vue d'oeil

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La baisse de commandites de la part des sociétés d'État a entraîné la disparition de certains événements, dont la Traversée internationale du lac Memphrémagog.

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(Québec) Les sommes dédiées aux dons et commandites des sociétés d'État fondent comme neige au soleil. Depuis 2013, les enveloppes budgétaires pour les festivals et les événements ont chuté de 7,3 millions $, a constaté Le Soleil.

Lors de l'exercice financier 2013-2014, Loto-Québec avait distribué 14,85 millions $. Pour 2016-2017, elle a partagé environ 10 millions $. La situation est similaire chez ses sociétés soeurs, le budget chez Hydro-Québec est passé de 18,6 à 17,5 millions $ - il a été de 16,8 millions $ pour 2015-2016 - et de 7,4 à 6 millions $ du côté de la Société des alcools du Québec. 

Joint par Le Soleil, les trois responsables aux communications des sociétés d'État ont confié que pour 2017-2018, les sommes dédiées aux commandites devraient être similaires à l'année précédente. Et tous s'entendent pour dire que la bourse n'augmentera pas. Rappelons qu'en 2014, le gouvernement de Philippe Couillard avait mis en branle un plan de réduction global. Il avait entre autres demandé aux sociétés de réduire leur budget de commandite et de publicité afin de contribuer au redressement des finances publiques. 

«Depuis 2014, Loto-Québec a entrepris une démarche globale d'optimisation à la fois pour augmenter ses revenus et pour réduire ses dépenses de façon importante. Elle a notamment procédé à une révision de ses façons de faire dans tous ses secteurs d'activités», indique par courriel Patrice Lavoie, responsable des communications. «Ainsi, Loto-Québec a ajusté à la baisse son enveloppe dédiée à la commandite d'événements. Ces changements se sont étalés sur trois ans, de 2014 à 2017. En ce qui concerne les événements que Loto-Québec ne commanditait plus à compter de 2016, la société a offert aux organismes pour l'année 2015, 50 % des sommes octroyées en 2014», poursuit-il. 

Le porte-parole précise également que Loto-Québec privilégie maintenant les commandites commerciales, «qui présentent une valeur ajoutée à l'offre de divertissement». Ainsi, le nombre d'événements commandités à diminuer au cours des dernières années, passant de 139 à 113 entre les exercices financiers 2013-2014 et 2015-2016.

Pour le Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI) et l'organisme Festivals et Événements Québec (FEQ), le resserrement des cordons de la bourse est une situation préoccupante. Ces deux organismes demandent d'ailleurs depuis belle lurette au gouvernement d'instaurer «un montant plancher» pour les commandites. 

«Loto-Québec est notre principal partenaire. Pour nos membres, c'est entre 4 % à 5 % des revenus qui proviennent des commandites des sociétés d'État. Ce sont des sommes très importantes», affirme le président-directeur général du RÉMI, Martin Roy. «Depuis quelques années, on constate qu'il y a une érosion sur le budget global et moins d'événements sont soutenus. Certains responsables nous ont d'ailleurs fait part de leurs inquiétudes», poursuit-il, ajoutant que l'impact des coupes s'est principalement fait ressentir sur les événements de moins grande envergure.

Le RÉMI représente 27 membres, soit notamment à Québec le Carnaval, les Grands Feux Loto-Québec, les Fêtes de la Nouvelle-France ainsi que le Festival d'été.

Du côté du FEQ, qui compte 300 membres à travers la province, on ne cache pas que plusieurs événements ont souffert de la baisse des commandites.

«Financièrement, les dernières années n'ont pas été faciles pour les festivals. Et cette diminution a été l'une des problématiques», commente Pierre-Paul Leduc, directeur général de FEQ. «On espère qu'en 2017-2018, la situation va se stabiliser. Au moins, on souhaite avoir les mêmes sommes que nous avons eues l'an passé. C'est préoccupant, surtout que globalement, les commandites [avec celles du secteur privé] représentent 34 % des revenus des membres. La commandite des sociétés d'État tourne aux alentours de 5,5 %», poursuit-il. «C'est de l'argent qui permet aux événements de se démarquer et d'être plus compétitifs».

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Des disparitions

M. Leduc déplore le fait que des événements ont disparu au cours des dernières années en raison notamment d'un manque de financement. Parmi les défunts, il énumère le Festival Divers/Cité et la Traversée internationale du lac Memphrémagog. Cette dernière a vu sa contribution de Loto-Québec passée de 40 000 $ en 2013-2014 à 10 000 $ en 2015-2016.

Selon le directeur, Ottawa doit également en faire plus pour soutenir les festivals. «Depuis l'abolition du programme de commandites, il y a eu quelques aides fédérales ponctuelles, mais une aide récurrente substantielle, il y en a plus», avance-t-il. «Le fédéral ne fait pas sa part par rapport au gouvernement du Québec».

Il salue notamment la bonification du programme d'Aide financière aux festivals et aux événements touristiques annoncée en janvier par la ministre du Tourisme, Julie Boulet. L'enveloppe est passée de 75 à 110 millions $ sur cinq ans.




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