Optel voit grand pour 2017

Louis Roy, président d'Optel... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Louis Roy, président d'Optel

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) L'année 2016 a été faste pour le Groupe Optel, mais attendez de voir 2017! Le chiffre d'affaires de la compagnie devrait franchir le cap des 200 millions $, parole de son président, Louis Roy.

La dernière année a été marquée entre autres par l'embauche de plus de 350 travailleurs, dont 250 dans la région, l'agrandissement des bureaux dans le Parc technologique du Québec métropolitain et le lancement de la nouvelle division, Medevon, qui vise la contrefaçon dans le domaine médical. Il s'agit du petit frère de la branche Optel Vision, spécialisée dans le développement et la fabrication de solutions d'inspection pour le domaine pharmaceutique.

«OK, on s'est un peu fait avoir avec l'agrandissement [pour 7 millions $] des locaux. C'est trop petit», dit avec le sourire M. Roy. Pourquoi? Car le Groupe Optel a tout de même dû louer en janvier des locaux chez son voisin et est présentement à la recherche d'un nouveau terrain pour doubler son espace de production d'ici quatre ans. 

Par ailleurs, afin de continuer à développer ses produits et répondre à la demande, l'entreprise souhaite dénicher 200 nouveaux talents à Québec et 150 en Irlande et au Brésil d'ici Noël. Cela fera passer la famille à plus de 1000 employés. Comme on dit : elle a le vent dans les voiles. En quatre ans, ses revenus ont «grimpé de 1000 %».

L'arrivée de Donald Trump à la tête des États-Unis avec sa vision protectionniste a également influencé le plan d'affaires de la direction. Installé à Québec, ainsi qu'en Irlande, en Inde et au Brésil, le Groupe Optel, qui brasse des affaires partout sur la planète, souhaite maintenant avoir un pied à terre au pays de l'Oncle Sam. 

Pour arriver à ses fins, l'entreprise s'est dotée d'un budget de 25 millions $ pour procéder à une acquisition qui «servirait de complément à leurs produits». Elle vise une entreprise d'environ 50 travailleurs.

«Des compagnies ont été ciblées et on espère pouvoir réaliser la transaction cette année. On veut consolider notre positionnement. Cela est aussi une bonne façon pour sécuriser notre business», affirme celui qui a reçu dernièrement le titre de «pdg de l'année Investissement Québec» remis par l'Association québécoise des technologies (AQT). «Notre objectif est de devenir le plus gros possible. Nous avons un portefeuille très bien distribué», poursuit-il, avouant être toutefois un peu dépendant de nos voisins du sud. Ils représentent 65 % de son terrain de jeu. 

Bien qu'elle soit encore à ses premiers pas, la division Medevon, lancée officiellement à l'automne, devrait également commencer à porter ses fruits. Déjà plusieurs petits contrats ont été signés, fait remarquer M. Roy. «Nous sommes à l'étape de finaliser et d'aller chercher des ventes avec des contrats. Nous rentrons dans le marché», poursuit-il.

Pour l'heure, le patron n'a aucunement l'intention d'installer le Groupe Optel à la Bourse de Toronto. «Un jour peut-être, s'il y a une bourse responsable et que les gens ne sont pas juste là pour faire de la spéculation. La durée moyenne de propriété à la bourse est actuellement de sept mois. Pour l'instant, je suis contre, mais un jour j'espère que nous allons voir une autre forme de marché public où les gens vont investir dans des compagnies dont ils sont fiers».

Devant la croissance que connaît actuellement le Groupe Optel, des acheteurs ont cogné à la porte au cours des derniers mois. «Juste mardi, j'ai reçu deux offres de fonds pour être acheté. Mais nous ne sommes pas à vendre», conclut le président.

Fondé en 1989 par M. Roy et Jean-François Lafortune, le Groupe Optel fait travailler 800 personnes dans le monde, dont 600 à Québec. La technologie développée par l'entreprise permet notamment aux fabricants pharmaceutiques d'inscrire un numéro de série sur leurs produits pour assurer un suivi constant dans la chaîne d'approvisionnement. Elle permet également de détecter les erreurs de fabrication. Plus de 250 chaînes de production ont recours à la technologie d'inspection artificielle.

Une autre vision des affaires et du monde

Le président et cofondateur d'Optel, Louis Roy, s'est lancé dans le domaine des affaires avec l'objectif de faire naître un nouveau fleuron québécois. Le père de famille avait toutefois une idée bien précise derrière la tête. Forger une entreprise dont le poids lui offrait une écoute des gouvernements, des médias et de la société pour faire bouger le système. 

«Ce combat est loin d'être gagné d'avance», concède celui qui s'est dernièrement inscrit au registre des lobbyistes pour faire part de ses idées pour améliorer la société.

Évasion fiscale

Le président ne le cache pas. Souvent, il s'est fait offrir par des consultants et des spécialistes de transférer l'argent du Groupe Optel vers des paradis fiscaux. Et les gains auraient été substantiels.

«Nous avons fait valider notre taux effectif d'impôt, il est de 28 %. Cela est considéré comme une entreprise qui gère mal ses finances. On pourrait se servir de nos installations en Irlande pour utiliser les leviers fiscaux, mais ce n'est pas dans nos valeurs», note celui qui est dans les affaires depuis 27 ans. «Grâce à l'évasion fiscale, certaines compagnies ne paient que 2 % d'impôt. Et malheureusement, ce passe-passe est légal», poursuit-il. 

L'homme d'affaires déplore le fait que plusieurs entreprises utilisent les paradis fiscaux sans réaliser que leur geste «appauvrit la société» et «accroît l'écart entre les riches et les pauvres». Il estime que le gouvernement devrait être plus proactif dans ce dossier pour enrayer «ce fléau». 

M. Roy souhaite également discuter avec Québec de la facilité de flouer les programmes d'aide financière. «Les crédits d'impôt pour recherche et développement nous ont permis de grandir comme entreprise, mais c'est tellement facile de frauder le gouvernement, de faire une fausse déclaration. C'est un peu comme : "Fais-moi confiance". [...] Lorsque l'on accepte qu'il y ait de la fraude, du travail au noir et de la collusion, on devient une république de bananes. Si nous ne faisons pas le ménage, il y a un certain danger!»

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Optel s'attend à voir passer son chiffre d'affaires à plus de 200 millions $ cette année.

Le Soleil, Yan Doublet

Économie circulaire 

Bien que plusieurs compagnies aient déjà emboîté le pas, le recyclage et la réutilisation des matières premières sont des enjeux importants pour l'avenir, clame le patron d'Optel. 

«On ne devrait plus rien jeter. Tout ce qu'on utilise dans l'électronique, ce sont des matériaux rares. Il y a déjà environ 25 % du tableau périodique qui devrait disparaître dans environ 15 ans. Ce sont des choses que les générations futures n'auront plus, comme l'hélium et l'indium. Que va-t-il rester à nos enfants? Une république de bananes, sans minerai? C'est urgent de mettre en place la valorisation des déchets. Il faut également développer les industries qui vont les transformer pour les remettre dans le cycle industriel.»

Changements climatiques

Selon le président d'Optel, le transport collectif est l'une des options pour lutter contre les changements climatiques. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il se dit favorable au projet de service rapide par bus. 

«L'agrandissement des routes n'est pas la solution. Il faut que les gens changent leur moyen de transport. Le véhicule électrique est seulement une partie de la solution, car sa ressource, le lithium, est une denrée non renouvelable. La clé est vraiment le transport collectif.» 

Saines habitudes de vie 

Afin de désengorger le système de santé, M. Roy est d'avis qu'un plan d'action devra être mis en place pour faire de la prévention et la promotion de saines habitudes de vie, notamment pour lutter contre l'obésité et le diabète. Il cogite d'ailleurs présentement sur une stratégie pour inciter ses employés à adopter des comportements sociaux responsables.

«Si rien n'est fait, l'argent du budget dédié à la santé ne va qu'augmenter au cours des prochaines années. Si on regarde l'avenir, il va y avoir de moins en moins de travailleurs par rapport au nombre de retraités. Ce qui signifie aussi plus de gens dans les hôpitaux. Cela va être insoutenable financièrement. Les gens mangent mal et ils ne font pas d'exercice. Si chaque personne marchait 150 minutes par semaine, le système serait déjà en meilleure santé. Ce geste permettrait également de sauver des milliards de dollars.»




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