Projet de loi 122: le ministre Coiteux peu réceptif aux demandes des médias

Martin Cauchon (photo) de Groupe Capitales Médias et... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Martin Cauchon (photo) de Groupe Capitales Médias et Brian Myles du Devoir ont fait une présentation pour que les municipalités continuent de publier les avis publics dans les journaux.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, s'est montré bien peu réceptif aux demandes de la Coalition pour la pérennité de la presse d'information au Québec mercredi soir, lors des consultations sur le projet de loi 122 visant à augmenter l'autonomie et les pouvoirs des municipalités.

Même si Martin Cauchon, président exécutif du Groupe Capitales Médias (qui regroupe les quotidiens Le Soleil, La Tribune, Le Nouvelliste, La Voix de l'Est, Le Quotidien et Le Droit), et Brian Myles, directeur du Devoir, ont offert une présentation concluante sur la nécessité de venir en aide aux médias écrits du Québec et sur l'importance de conserver pour les municipalités l'obligation de diffuser les avis publics dans les journaux, le ministre s'est fait tirer l'oreille pendant que l'opposition recevait le message.

En plus du Devoir et du Groupe Capitales Médias, la coalition regroupe trois groupes d'hebdomadaires, à savoir TC Transcontinental, Quebec Community Newspapers Association et Hebdos Québec. Elle représente 178 journaux qui rejoignent chaque semaine plus de 80 % de la population provinciale, soit 6,5 millions de Québécois.

M. Cauchon a insisté non seulement sur la période difficile que traversent les médias, mais surtout sur l'importance de leur rôle d'information et de diffusion, notamment le fait qu'ils rejoignent encore la plus grande partie de la population. 

«N'oublions pas que la moitié des 20 % des moins fortunés n'ont pas accès à Internet et que plusieurs parmi les plus âgés ne consultent pas régulièrement les médias en ligne. Est-ce que le fait de laisser diffuser les avis publics ailleurs atteint l'objectif public de rejoindre le plus de personnes? Non!» a indiqué M. Cauchon.

En plus de demander au gouvernement de maintenir l'obligation pour les municipalités de publier les avis publics dans les journaux, M. Cauchon est même allé plus loin en réclamant, par souci de transparence, qu'ils soient rédigés dans un langage facile à comprendre pour les citoyens.

Mesures

M. Myles a pour sa part parlé des grands groupes étrangers que sont Google et Facebook qui accaparent 80 % des revenus publicitaires et du fait que le Québec soit le dernier de classe en matière d'aide gouvernementale aux médias. 

«En Finlande, c'est 92 $ par habitant qui est versé en aide aux médias alors qu'au Québec, c'est entre 3,50 $ et 4 $ par habitant. C'est moins que les États-Unis qui sont pourtant les champions de la non-intervention de l'État!» 

M. Myles a ainsi profité de l'occasion pour réclamer un ensemble de mesures d'aide qui inclut également des crédits d'impôt remboursables sur les coûts de production de l'information et les investissements numériques, l'abolition des taxes de vente sur les journaux vendus et une hausse du budget gouvernemental de placement publicitaire dans les journaux québécois. 

Il souhaiterait aussi une exemption de la contribution pour les services de collecte sélective. «Les journaux sont un des articles les plus recyclés et, pour nous, cette contribution est notre bête noire, représentant une hausse de taxes de 1075 %!» a-t-il expliqué.

Pendant ce temps, M. Coiteux a plutôt répété que la question des avis publics était «un réel enjeu» pour certaines villes, citant le village de 517 habitants de Saint-Denis-de-la-Bouteillerie, et insistait sur la notion de donner aux municipalités le choix de publier les avis sur leur site Internet, par exemple. M. Myles lui a alors fait remarquer que les avis publics représentaient seulement 10 millions $ sur le budget global de 18 milliards $ des municipalités.

L'opposition attentive

Les partis d'opposition ont cependant été beaucoup plus attentifs aux demandes des médias. «Moi, si on adopte cette disposition [n'obligeant plus les municipalités à publier leurs avis dans les journaux], j'ai peur de ne plus voir ces journalistes couvrir les conseils de ville, poser des questions aux élus, faire un travail d'enquête», s'est inquiété le député péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet. 

Sa collègue Agnès Maltais a insisté sur le taux de pénétration des journaux locaux, «qui sont sur la table de la maison 24 heures sur 24» alors que le député caquiste de Blainville, Mario Laframboise, a indiqué aux représentants des médias qu'il les suivait, entre autres sur le besoin d'aide pour le virage numérique et l'abolition de la contribution à la collecte sélective.




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