150 ans de thé et de café

En 2006, Guylaine Carrier et Claude Dupuis ont... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

En 2006, Guylaine Carrier et Claude Dupuis ont fait l'acquisition de Brûlerie Rousseau, qui possédait alors des points de vente aux Halles Cartier et aux Halles Sainte-Foy.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le Soleil fête cette année ses 120 ans. Dans la région de Québec, plusieurs autres entreprises peuvent se vanter d'avoir atteint et même dépassé cet âge vénérable. Nous vous en présenterons quelques-unes au fil de l'année. Aujourd'hui : La Brûlerie Rousseau

Brûlerie Rousseau n'est plus une petite jeunesse. Dans le domaine du café, on peut même la qualifier comme l'une des doyennes de la région.

Après 150 d'histoire, la compagnie qui a vu le jour sur la rue Saint-Joseph a développé une certaine expertise dans le domaine des breuvages chauds. Et c'est le moins qu'on puisse dire, car aujourd'hui elle doit rivaliser avec des géants comme Starbucks et Tim Hortons. La recette du succès : la qualité des produits, note le copropriétaire Claude Dupuis.

Jean-Baptiste Rousseau a propulsé l'entreprise, baptisée alors T.... (Fournie par la Brûlerie Rousseau) - image 2.0

Agrandir

Jean-Baptiste Rousseau a propulsé l'entreprise, baptisée alors T. T. T. J.-B. Rousseau. Elle a fait ses premiers pas exclusivement dans le domaine du thé.

Fournie par la Brûlerie Rousseau

Bien connu à l'époque dans la région, c'est l'homme d'affaires Jean-Baptiste Rousseau qui a propulsé l'entreprise, baptisée T. T. T. J.-B. Rousseau. Elle a fait ses premiers pas exclusivement dans le domaine du thé. Comme pour plusieurs autres commerces, l'approvisionnement arrivait par bateau de l'Angleterre. Il s'agissait de thé du Japon et de la Chine, peut-on lire dans des annonces publicitaires de l'époque.

De fil en aiguille, comme tout bon entrepreneur, le patron a cherché à améliorer ses produits et à faire croître son entreprise. Il a multiplié les points de vente, notamment sur la côte du Passage à Lévis et sur la rue Saint-Jean. En 1889, le café fait son apparition sur ses tablettes, raconte M. Dupuis. «C'était principalement du café de la Colombie et du Brésil. Vers 1938, il a commencé à torréfier le café.»

M. Rousseau gère l'entreprise jusqu'à son décès dans les années 20. Sa conjointe reprend le flambeau et poursuit l'aventure avec d'autres membres de la famille. «Dans les années 50 et 60, le café Rousseau était très présent dans toutes les entreprises. Van Houtte ne rentrait pas à Québec», dit M. Dupuis. 

Au début des années 80, la compagnie change de mains et sort de la famille. Elle est vendue à un couple de la région de Québec, qui déménage notamment la succursale du chemin Sainte-Foy dans les Halles Sainte-Foy. 

En 2006, M. Dupuis et sa conjointe en font l'acquisition : des amateurs de café qui étaient à la recherche d'un «nouveau défi», comme le dit Guylaine Carrier, qui oeuvrait dans le domaine de la mode avant la transaction. M. Dupuis, lui, travaillait comme directeur général chez Technicolor. 

Brûlerie Rousseau possédait alors deux points de vente, soit aux Halles Cartier et aux Halles Sainte-Foy. Depuis, le couple a revampé l'image de l'entreprise et a fait un petit en 2011 sur la rue Bouvier. En plus du comptoir café, cette succursale comprend un entrepôt et une cuisine centrale. Ils ont investi dans la compagnie plus de 1,5 million $ depuis l'acquisition. 

«Tout ce qu'on retrouve dans nos commerces est fait maison», note M. Dupuis, qui gère près de 55 employés. «Nous avons développé beaucoup le côté commercial. Nous avons environ 250 clients, comme les restaurants Le Charbon et le Viva», poursuit-il, avouant que l'aventure n'a pas toujours été facile. «On travaille sept jours sur sept.»

Une passion pour le café

L'homme d'affaires de 57 ans est d'avis que tout comme pour le vin, les gens ont maintenant développé une passion pour le café. 

«Il y a 25 ans, lorsque tu allais à la SAQ, il y avait une rangée de vin et le reste était des spiritueux. Aujourd'hui, c'est l'inverse. Les gens ont découvert le bon vin. C'est la même chose pour le café. Les clients demandent maintenant aux restaurateurs d'avoir un café de qualité avec leur repas à 45 $», affirme-t-il. «Ce qui fait que nous sommes toujours en vie, ce sont nos produits de qualité développés en fonction de la demande du marché», poursuit M. Dupuis. 

Ses grains proviennent de différents continents et pays, de l'Afrique, de la Colombie, du Brésil et du Costa Rica, pour ne nommer que ceux-là. En boutique, il offre une trentaine de sortes de café.

Afin de dénicher un café à saveur unique, le patron n'a pas peur d'investir pour magasiner à travers la planète. D'ailleurs, l'un de ses employés s'envolera dimanche pour le Guatemala. Après, au cours de l'année, pour le Salvador, la Colombie et le Pérou. 

«Il va visiter des fermiers et goûte différents cafés. On explore les territoires», soutient le père de deux enfants, précisant avoir un laboratoire pour faire des tests par la suite. Les produits retenus se retrouvent dans les boutiques.

En 2013, afin que leur fils Jacob puisse prendre part à l'aventure, les Dupuis ont ouvert avec un associé, Jean-François Lessard, les boutiques Monsieur T. Cette division, qui emploie une quarantaine de travailleurs, compte quatre succursales à Québec, notamment aux Galeries de la Capitale. Elle pourrait d'ailleurs prendre de l'expansion au cours des prochaines années, notamment vers Montréal, conclut M. Dupuis, qui refuse de penser encore à la retraite.

Le Soleil fête cette année ses 120... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 4.0

Agrandir

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

3 questions aux copropriétaires

Q Le nombre de boutiques et comptoirs à café dans la région a explosé au cours des dernières années. Même McDonald's met maintenant de l'avant son café, en l'offrant parfois gratuitement aux consommateurs. Comment fait-on pour se démarquer des compétiteurs?  

R La majorité des entreprises s'approvisionnent auprès des négociateurs de café à gros volume. Mais, il y a aussi la possibilité d'aller directement sur le terrain et de choisir notre fermier. C'est ce que je fais de plus en plus. Les plus petits fermiers ne font pas de grosses productions, ils n'intéressent pas les gros volumes. On va alors chercher un produit plus rare et de meilleure qualité. 

Q Quels sont vos projets pour l'avenir? Souhaitez-vous vendre des franchises?

R Nous avons deux propositions pour ouvrir un local sous la bannière Brûlerie Rousseau. D'ici trois ans, un des deux projets va peut-être se réaliser. Notre autre objectif est de poursuivre le développement commercial. Pour les franchises, nous avons des demandes, mais ce n'est pas dans mes plans à court terme.

Q Comment vont les affaires dans le domaine de la restauration?

R En 2006, lorsque j'ai acquis la compagnie, je savais qu'il y aurait un engouement pour le café avec de plus en plus d'entreprises. Mais il n'y a rien de mieux pour nous aider. Aujourd'hui, les gens parlent de café. Et nous, nous souhaitons être à l'avant-plan. [...] C'est difficile de trouver de la main-d'oeuvre aujourd'hui et cela coûte cher d'opérer un commerce, avec les taxes et les loyers. Lorsque tu calcules, tu te rends compte qu'il en reste moins dans tes poches qu'il en restait à l'époque pour faire de la restauration. Notre volume d'affaires est toutefois toujours en croissance.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer