Industrie de la cuisine: des géants redoutables

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Selon une étude réalisée il y a deux ans par l'AFDICQ,  l'industrie de la cuisine génère plus de 1,3 milliard $ au Québec.

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(Québec) Inquiète par rapport au déploiement des multinationales sur le territoire, l'industrie de la cuisine du Québec demande l'aide du gouvernement provincial pour demeurer compétitive.

D'entrée de jeu, le président de l'Association des fabricants et détaillants de l'industrie de la cuisine du Québec (AFDICQ) tient à préciser au Soleil qu'il ne s'agit pas ici d'un cri d'alarme, pour le moment, puisque son secteur d'affaires est «en croissance et en santé». Mais comme le proverbe le dit : mieux vaut prévenir que guérir, car si rien n'est fait, des joueurs vont assurément disparaître du paysage au cours des prochaines années.

L'ouverture prochaine d'une succursale du géant suédois IKEA à Québec ainsi que l'expansion prévue du groupe allemand Nobilia - sous notamment la bannière Ixina - à travers la province sont deux éléments qui, entre autres, tracassent le président de l'AFDICQ, Simon Bouchard. Bien qu'il ne soit pas contre la compétition, le propriétaire de l'entreprise montréalaise Ateliers Jacob souhaite que son industrie puisse rivaliser à armes égales.  

«Notre secteur n'a jamais été vraiment reconnu comme une industrie en soi. On était classé plutôt dans les meubles, la transformation du bois ou dans l'industrie des portes et fenêtres», déplore l'homme d'affaires. «Notre domaine est pourtant un marché énorme. Selon une étude de marché que nous avons réalisée il y a deux ans, l'industrie génère plus de 1,3 milliard $ au Québec», avance-t-il.

Invité à décrire son secteur d'affaires, M. Bouchard indique que l'industrie de la cuisine - fabricants et détaillants d'armoires et de comptoirs - dans la province est actuellement occupée «à 90 % par des entreprises québécoises». Elle compte environ 1000 compagnies qui font travailler près de 14 000 personnes. 

«À travers le monde, notamment aux États-Unis, nos compétiteurs sont des entreprises avec des chiffres d'affaires dans les 100 millions $. Au Québec, nous ne les ressentions pas trop, car c'est un peu comme un village de Gaulois. Le marché est presque en totalité la propriété de compagnies d'ici. Toutefois, il commence à y avoir certaines menaces à l'horizon», prévient le président, ajoutant du même souffle que son secteur est composé de nombreuses petites et moyennes entreprises. Ces dernières n'ont pas tous les fonds nécessaires pour s'offrir le dernier cri en matière de technologie.

Représentations

Depuis quelque temps, des membres de l'AFDICQ échangent sur le sujet avec des responsables au ministère des Finances et au ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation. D'ailleurs, la directrice générale de l'association Virginie Cloutier s'est inscrite dernièrement au registre des lobbyistes.

L'AFDICQ souhaite que le gouvernement de Philippe Couillard tienne compte de leur secteur d'activités dans ses prochains programmes de financement ou les mesures fiscales à être instaurées. 

«La question à se poser est : "Est-ce qu'on veut se consolider ou se faire prendre notre marché par des entreprises étrangères?"» demande M. Bouchard, énumérant quelques désirs de son organisation : le retour du programme LogiRénov, des crédits d'impôt pour l'achat de matériel et une aide pour favoriser la formation à l'interne. «Les entreprises comme IKEA arrivent ici avec des logiciels qui valent des centaines de milliers de dollars», ajoute-t-il. 

Meilleur et moins cher 

Afin d'aider les producteurs locaux, M. Bouchard invite aussi les citoyens à encourager les compagnies québécoises. «Les gens ont souvent la perception que chez IKEA, c'est moins cher, et ils n'ont pas raison de croire ça. Il y a des compagnies d'ici qui offrent des produits beaucoup moins chers et de meilleure qualité», assure le président, dont l'entreprise brasse des affaires également au sud de la frontière.

Bien qu'un coup de pouce de Québec serait le bienvenu, M. Bouchard ne cache pas que plusieurs joueurs vont devoir faire leur bout de chemin pour survivre aux prochaines années, notamment en explorant de nouveaux territoires. «C'est aussi notre responsabilité de se prendre en main», conclut-il.

Fondée en 1981, l'AFDICQ, dont le siège social est à Lévis, regroupe aujourd'hui près de 200 membres.

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