Ottawa prévient Washington qu'il répliquerait à des tarifs à l'exportation

Durant sa deuxième journée à Washington, Chrystia Freeland s'est... (AP, Andrew Harnik)

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Durant sa deuxième journée à Washington, Chrystia Freeland s'est rendue au département d'État pour rencontrer son homologue américain, Rex Tillerson.

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Alexander Panetta
La Presse Canadienne
Washington

Le gouvernement fédéral a lancé une mise en garde préventive à l'endroit des législateurs américains qui envisagent une taxe sur le commerce transfrontalier: si vous nous imposez des tarifs, préparez-vous à subir le même sort.

Alors qu'elle concluait mercredi sa visite à Washington, la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a dit avoir signifié aux politiciens américains que le Canada s'opposerait vigoureusement à de nouveaux tarifs douaniers - et répondrait conséquemment.

Cet avertissement survient au moment où le Congrès américain entame un débat sur une réforme phare de l'impôt des entreprises, alors que les dernières années ont été marquées par des séries d'efforts en ce sens bloqués par les législatures et administrations antérieures.

«J'ai signifié clairement que nous allions nous opposer fortement à toute imposition de nouveaux tarifs entre le Canada et les États-Unis, a déclaré la ministre Freeland devant les journalistes. [J'ai dit] que nous considérons que des tarifs sur les exportations engendreraient des dommages mutuels, que si une telle idée survenait dès le départ, le Canada répliquerait de façon appropriée.»

La bonne nouvelle est que cette option est encore très hypothétique.

Mme Freeland a indiqué avoir été rassurée, lors de ses diverses rencontres, sur le fait que le débat aux États-Unis sur un ajustement des taxes transfrontalières n'en est qu'à ses débuts, et qu'il y a des positions divergentes sur la question au Congrès américain.

La Maison-Blanche elle-même envoie des signaux contradictoires à ce sujet. Donald Trump a laissé entendre que l'idée d'un vaste ajustement des mesures imposées aux entreprises étrangères à la frontière américaine lui déplaît et qu'il privilégierait de faibles tarifs sur certaines importations. Il a toutefois formulé par la suite des commentaires favorables à un scénario contraire.

«La conversation[...] en est vraiment à ses tout débuts. Comment cela devrait fonctionner, ce que [la politique] devrait comprendre et si les tarifs devraient en faire partie [...] [Ces questions] sont discutées», a dit Mme Freeland.

Le Canada perçu comme un partenaire modèle

La ministre a fait le point devant les médias après deux journées d'entretiens avec des législateurs américains de premier plan et avec son homologue dans l'administration du président Donald Trump, le secrétaire d'État Rex Tillerson.

Son principal constat est en fait plutôt positif: tous les intervenants avec qui elle s'est entretenue perçoivent le Canada comme un partenaire commercial modèle, avec une balance commerciale équilibrée, et des normes du travail similaires.

Mme Freeland a dit avoir souligné l'importance de la relation commerciale entre les deux pays et affirmé que cela s'apparentait finalement à pousser sur une porte déjà ouverte, car tout le monde était d'accord avec elle.

La ministre n'a pas voulu discuter en détail des négociations sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Elle a souligné que le Sénat américain n'avait pas confirmé encore dans leurs fonctions les membres clés qui seront impliqués dans le dossier.

Alors que le Canada et les États-Unis se préparent pour ces discussions, Mme Freeland a précisé avoir commencé à consulter le secteur des affaires au Canada, s'étant entretenue au cours des derniers jours avec des représentants des industries automobile et forestière.

À son premier jour de visite, elle était de passage au Capitole pour rencontrer le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, et les négociateurs du Sénat en matière d'affaires étrangères, John McCain et Bob Corker. C'est durant sa deuxième journée à Washington que Mme Freeland s'est rendue au département d'État pour rencontrer son homologue américain, Rex Tillerson.

Elle a indiqué que l'ancien patron d'Exxon connaît bien le Canada, lui qui a déjà été fortement impliqué dans des projets de sables bitumineux. «J'y suis allé à quelques reprises, bien sûr», aurait-il glissé dans un échange.

Le premier ministre Justin Trudeau pourrait, de son côté, effectuer d'ici quelques jours sa troisième visite aux États-Unis depuis son entrée en fonction. Les responsables des deux pays concernés ont confirmé qu'une telle visite se prépare, tout en précisant que les détails restent à déterminer.

«J'aurai plus d'information à jour sur l'horaire du premier ministre plus tard aujourd'hui ou demain», a dit le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer.

Des sources bien au fait du dossier ont affirmé que les responsables canadiens sont déterminés à exprimer, lors de cette visite, des objectifs clairs dès la première rencontre entre M. Trudeau et M. Trump, en vue d'un progrès sur des dossiers jugés prioritaires.

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