Blais promet des mesures d'aide à l'embauche d'immigrants

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Selon le directeur général du Centre R.I.R.E 2000, Benoît W. Songa, dans le secteur des technologies de l'information et de la communication, les portes sont généralement ouvertes pour les immigrants, car les besoins de main-d'oeuvre sont grands.

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(Québec) «Embauchez nos enfants!» Tel a été le cri du coeur d'un leader musulman à qui le gouvernement du Québec demandait, ces dernières heures, ce qui pouvait être fait rapidement pour aider sa communauté à tenter de surmonter le drame épouvantable survenu, dimanche soir, au Centre culturel islamique de Québec.

«Le gouvernement va faire un certain nombre d'annonces pour favoriser l'intégration des immigrants dans les milieux de travail», a promis, mardi, le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, au cours d'un entretien avec Le Soleil.

«C'est bien de les inviter à vivre chez nous, mais si nous prenons trop de temps pour les intégrer sur le marché du travail, ça n'aide vraiment pas personne.»

Ces annonces seront faites à l'occasion du Rendez-vous national sur l'emploi qui se tiendra les 16 et 17 février.

L'automne dernier, le ministre Blais a parcouru le Québec en préparation de cet événement qui traitera, entre autres, des enjeux de la disponibilité de main-d'oeuvre, de l'attraction, de l'intégration et la rétention des talents et du développement des compétences et la formation continue.

La tournée effectuée par le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale lui a permis de constater qu'il y avait encore de la «réticence» de la part des employeurs à embaucher des travailleurs immigrants. Il refuse toutefois de parler de «racisme». C'est plutôt, à son avis, une question de «méconnaissance» de la part des patrons.

Et il y a le sempiternel dossier de la reconnaissance des qualifications professionnelles qui demeure entier. De nombreux travailleurs immigrants qualifiés n'arrivent pas à décrocher un emploi dans leur domaine, car leurs qualifications ne sont pas reconnues dans la Belle Province.

Toujours à l'occasion de sa tournée, François Blais s'est fait dire, autant par les représentants syndicaux que patronaux, que le gouvernement «peut faire mieux» en matière d'intégration des immigrants, notamment pour ceux et celles de la première génération qui éprouvent mille et une misères à trouver un gagne-pain.

De passage, mardi matin, à une activité d'Investissement Québec regroupant une centaine de dirigeants d'entreprises manufacturières, le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale leur a rappelé qu'ils «faisaient partie de la solution» et qu'ils devaient s'ouvrir davantage à la différence.

Discrimination positive et quotas

Directeur général du Centre R.I.R.E 2000, Benoît W. Songa se demande si le gouvernement ne devrait pas mettre sur pied un programme de discrimination positive - et des quotas d'embauche - pour favoriser le recrutement des jeunes et des adultes issus des communautés culturelles.

Il rappelle que, par le passé, une telle mesure avait porté ses fruits, notamment dans le cas des Noirs. 

«Cela avait amené les gens à s'apprivoiser mutuellement et à éliminer graduellement les préjugés à l'égard des Noirs», plaide M. Songa qui estime que la sensibilisation demeurera toujours le meilleur outil pour favoriser l'accession au marché du travail des gens venus des quatre coins du monde. 

Depuis 20 ans, le Centre R.I.R.E 2000 aide les immigrants à s'intégrer à la société québécoise. En 2015-2016, l'organisme a été en contact avec plus d'une centaine de milieux de travail à Québec.

S'il a constaté qu'il y avait eu «beaucoup d'amélioration» au fil du temps, Benoit W. Songa note qu'il reste encore beaucoup de pain sur la planche pour faire comprendre aux employeurs et à leurs salariés «qu'exclure la main-d'oeuvre immigrante compétente, c'est se pénaliser soi-même».

Il indique que dans le secteur des technologies de l'information et de la communication, les portes sont généralement ouvertes pour les immigrants, car les besoins de main-d'oeuvre sont grands. Par contre, c'est une tout autre histoire dans les domaines pour lesquels les besoins de bras et de cerveaux sont moins criants.

«Ça prend des situations particulières pour que les entreprises s'ouvrent aux immigrants», fait-il remarquer.

En ce qui a trait aux musulmans, Benoît W. Songa juge qu'ils sont davantage «victimes de préjugés» que les autres immigrants. «À l'époque, c'était les Noirs», fait-il valoir en signalant qu'une jeune fille voilée aura beaucoup de difficulté à se décrocher un emploi dans la capitale. «Elle apporte avec elle des tas des préjugés.»

Par ailleurs, de l'avis du directeur général du Centre R.I.R.E. 2000, il faut éviter de toujours faire porter le bonnet d'âne aux dirigeants d'entreprise. Bien souvent, l'opposition à l'embauche de travailleurs immigrants vient des salariés de l'entreprise.




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