Les mesures de Trump font baisser la bourse

Alors que la Bourse avait salué la semaine... (AFP, Timothy A. Clary)

Agrandir

Alors que la Bourse avait salué la semaine précédente les premiers jours de la présidence Trump, elle a manifesté beaucoup moins d'enthousiasme face à l'interdiction d'entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane et de tous les réfugiés.

AFP, Timothy A. Clary

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
New York

Wall Street a baissé lundi après les décisions prises lors du week-end par le nouveau président américain Donald Trump, en premier lieu sur l'immigration : le Dow Jones a perdu 0,61 % et le NASDAQ 0,83 %.

Selon les résultats définitifs, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average est descendu à 19 971,13 points et le NASDAQ, à dominante technologique, à 5613,71 points.

L'indice élargi S & P 500 a reculé de 0,60 %, à 2280,90 points.

«Un grand malaise»

La baisse de Wall Street «est liée à ce que M. Trump a décidé cette fin de semaine sur l'immigration», a résumé Bill Lynch, de Hinsdale Associates. «Il y a clairement un grand malaise.»

Alors que la Bourse avait salué la semaine précédente les premiers jours de la présidence Trump - le Dow Jones franchissant même 20 000 points pour la première fois -, elle a manifesté beaucoup moins d'enthousiasme face à l'interdiction d'entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen), et de tous les réfugiés.

«C'est peut-être la fin de la lune de miel», a annoncé M. Lynch. «On s'inquiète des mesures sur l'immigration et des effets qu'elles pourraient avoir sur les entreprises.»

Le coup de froid de Wall Street contraste avec son récent optimisme, qui semblait ignorer les éléments les moins favorables aux affaires du programme de M. Trump - protectionnisme et durcissement de l'immigration - pour se concentrer sur les promesses jugées les plus engageantes.

«La réforme de l'immigration est polémique et risque de mobiliser des efforts qui pourraient plutôt profiter à la mise en place de baisses d'impôts, de dérégulations et de dépenses d'infrastructure...», a prévenu Art Hogan, de Wunderlich Securities. «Vu le tour que prend le début [de la présidence], on craint qu'il ne faille davantage de temps que prévu pour les mesures vraiment souhaitées par les investisseurs.»

Dans ce contexte, les indicateurs américains du jour, qui concernaient tous le mois de décembre, ont paru passer au second plan : de légères progressions des dépenses et des revenus des ménages, une avancée de l'inflation, et un rebond plus marqué que prévu des promesses de ventes de logements.

L'immigration, premier accroc entre Trump et les entreprises américaines

De nombreuses entreprises américaines se sont cabrées devant le décret anti-immigration de Donald Trump, dénonçant des mesures qui pourraient remettre en question leur fonctionnement et leur politique de recrutement tournée vers le monde.

C'est dans la Silicon Valley que les critiques ont été les plus virulentes. Les patrons d'Apple, Microsoft, Google, Facebook, Airbnb ou encore Netflix, qui emploient des milliers d'ingénieurs étrangers, ont jugé «contraires aux valeurs américaines» ces mesures interdisant l'entrée aux États-Unis à des ressortissants de sept pays à majorité musulmane.

Hors high-tech, les grands patrons essaient de trouver le ton juste pour ne pas s'attirer les foudres du nouveau président américain qui leur a, par ailleurs, promis des baisses massives d'impôts et un allègement de la réglementation.

M. Trump n'hésite pas non plus à tancer directement, sur Twitter, des entreprises qui ne se plient pas à ses injonctions. Ford, General Motors et Toyota, entre autres, en ont été victimes.

Mais, confrontées aux conséquences des décisions anti-immigration, de nombreuses multinationales américaines ont exprimé publiquement leur désaccord.

«Ce n'est pas une politique que nous soutenons et je (vous) ferai remarquer qu'elle a déjà été contestée devant un tribunal fédéral et certaines dispositions du décret ont déjà été bloquées, au moins temporairement», a fustigé Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, l'une des grandes banques d'affaires de Wall Street, dont de nombreux responsables ont rejoint l'administration Trump.

Et de poursuivre : «Si le décret devait s'appliquer en l'état, je reconnais qu'il y a un risque potentiel de perturbation pour la firme et en particulier pour certains de nos employés et leurs familles».

Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan Chase et président du lobby des grandes entreprises Business Roundtable, explique que le pays est «plus fort avec la richesse de la diversité du monde qui l'entoure».

Représailles 

Les chefs d'entreprises américains disent craindre que les mesures anti-immigration les privent de gros réservoirs de talents et empêchent leurs employés américains de voyager dans les pays bannis.

Environ 30 % de personnes ayant un emploi dans la ville universitaire de Boston, dont les biotechnologies sont le poumon économique, sont des immigrés, selon un rapport de 2015 du Boston Planning & Development Agency.

«Nous avons beaucoup d'employés dans les pays nommés et faisons des affaires un peu partout dans la région» (Moyen et Proche-Orient), rappelle Jeffrey Immelt, le PDG de General Electric (GE) qui a récemment installé son siège social à Boston.

Le conglomérat industriel, qui a de gros intérêts en Iran et en Irak, deux pays bannis, craint des représailles. Des députés irakiens ont ainsi d'ores et déjà appelé leur gouvernement à appliquer la réciprocité avec les États-Unis si Washington ne revenait pas sur son décret controversé.

«Désorientées»

Le lobby patronal de l'US Chamber of Commerce indique que les sociétés sont «désorientées» par les incertitudes autour des binationaux et des détenteurs de la carte verte, le permis de résidence aux États-Unis.

General Motors et Ford, qui sont suspendus aux futures mesures de la nouvelle administration en matière de libre-échange avec le Mexique et la Chine, indiquent que leurs employés ne sont pas «directement» affectés. Le second souligne toutefois «ne pas soutenir une politique qui va à l'encontre de ses valeurs».

Boeing, autre cible du nouveau président, est resté muet, de même qu'ExxonMobil, dont l'ancien PDG Rex Tillerson devrait devenir dans les prochains jours le chef de la diplomatie américaine.

L'avionneur a vu Donald Trump exiger une baisse des coûts de l'avion présidentiel Air Force One et lui faire miroiter un contrat potentiel concernant des avions de combat.

Contactés par l'AFP, ni Boeing, qui a décroché récemment un contrat mirobolant en Iran, ni le géant pétrolier, qui a des intérêts au Yémen, n'ont donné suite.

Mais, comme le promet Jeffrey Immelt, «nous allons continuer à faire entendre notre voix devant la nouvelle administration et réitérer l'importance de (ces) question(s) pour GE et pour les milieux d'affaires».

Une première opportunité se présentera dès vendredi lors de la réunion d'un cénacle réunissant 19 grands patrons choisis par Donald Trump pour le conseiller sur sa politique économique.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer