TransCanada dépose une nouvelle demande de permis pour Keystone XL

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Le projet de TransCanada transporterait le pétrole sur une distance de 1900 km, de l'Alberta à Steele City, au Nebraska.

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Clément Sabourin
Agence France-Presse
Montréal

Deux jours après un premier obstacle levé par Donald Trump, l'opérateur TransCanada a formellement demandé jeudi au gouvernement américain d'autoriser la construction de l'oléoduc controversé Keystone XL, devant acheminer le pétrole des sables bitumineux canadiens aux raffineries du golfe du Mexique.

L'entreprise établie à Calgary, dans l'Ouest canadien, a annoncé avoir déposé «une demande de permis présidentiel au département d'État des États-Unis pour l'approbation de l'oléoduc Keystone XL».

Près de dix ans après une première demande de permis présidentiel, nécessaire pour ce type de travaux, TransCanada espère cette fois obtenir gain de cause.

Refusé par le président sortant Barack Obama, au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, l'oléoduc avait reçu un premier feu vert mardi avec un décret signé par Donald Trump. L'ex-homme d'affaires avait également donné son accord de principe à un second projet d'oléoduc, dans le Dakota du Nord.

Climato-sceptique, le nouveau président américain avait répété en campagne électorale qu'il approuverait Keystone XL, un pipeline qui doit traverser l'Amérique du Nord sur 1900 kilomètres, dont 1400 km en sol américain.

«Ce projet d'infrastructure financé par le secteur privé va permettre de répondre aux besoins croissants d'énergie de l'Amérique, en plus de créer des dizaines de milliers d'emplois bien rémunérés et de générer des retombées économiques substantielles aux États-Unis et au Canada», a affirmé dans un communiqué le PDG de la société canadienne, Russ Girling.

Ce projet va contribuer pour 3,4 milliards de dollars au Produit intérieur brut des États-Unis, a affirmé TransCanada.

Nouveaux marchés

Keystone XL a longtemps été un sujet de discorde entre Washington et Ottawa. Fervent défenseur de l'industrie pétrolière, l'ex-premier ministre canadien Stephen Harper, prédécesseur de Justin Trudeau, avait plusieurs fois plaidé auprès de l'administration Obama la cause de TransCanada. En vain.

Barack Obama avait refusé en novembre 2015 son permis présidentiel, nécessaire au démarrage des travaux, en citant une étude menée par le département d'État, selon qui ce projet «n'était pas dans l'intérêt national des États-Unis».

«L'oléoduc ne ferait pas baisser le prix du carburant pour les consommateurs américains», avait noté l'ex-président, soulignant que «transporter du pétrole brut plus sale jusque dans notre pays ne renforce pas la sécurité énergétique des États-Unis».

TransCanada avait répliqué en janvier 2016 en réclamant devant la justice des dommages et intérêts de 15 milliards de dollars américains.

Dans les faits, TransCanada doit maintenant attendre que la diplomatie américaine procède à une nouvelle étude du projet Keystone XL. Mais entre le décret signé mardi par Donald Trump, et le profil du nouveau secrétaire d'État américain Rex Tillerson, ex-PDG d'ExxonMobil, l'issue ne fait guère de doute.

TransCanada compte grandement sur ce nouvel oléoduc pour acheminer le pétrole canadien vers de nouveaux marchés. Les pipelines actuels sont saturés et les producteurs canadiens d'hydrocarbures comptent sur Keystone XL pour rejoindre les raffineries du golfe du Mexique, d'où le brut pourra ensuite être exporté vers d'autres pays.

Le Canada est le sixième producteur mondial d'or noir grâce aux sables bitumineux d'Alberta, décriés par les écologistes pour le coût économique et environnemental de leur extraction. Le pétrole est en effet présent sous forme sablonneuse dans le sous-sol de la forêt boréale, et ce n'est qu'au terme d'un long processus polluant et énergivore que le liquide noir est obtenu.

Ce pétrole n'est rentable que si le cours mondial du baril est au moins de 40 dollars. En octobre et en décembre, deux géants des hydrocarbures, Shell puis Statoil, ont d'ailleurs décidé de se désengager des sables bitumineux canadiens.

Il y a quelques jours, le premier ministre canadien Justin Trudeau avait surpris en affirmant vouloir «mettre un terme progressivement» à l'exploitation des sables bitumineux et «préparer la transition pour rompre la dépendance aux énergies fossiles».

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