La Banque de Montréal, première banque à s'installer à Québec

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Trois semaines après l'ouverture de sa première succursale à Montréal, le 8 novembre 1817, la Banque de Montréal ouvrait également des bureaux dans la capitale, soit le 28 septembre.

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(Québec) Alors que le Canada devenait un pays et qu'entrait en poste son premier grand patron, John A. Macdonald, en 1867, la Banque de Montréal soufflait déjà ses 50 bougies.

Rien pour rajeunir l'institution financière, vieille de deux siècles, qui a vu le jour le 3 novembre 1817, avec l'ouverture d'une première succursale rue Saint-Paul, dans le Vieux-Montréal, grâce au partenariat de neuf hommes d'affaires, huit anglophones et un francophone, dont John Richardson, surnommé le «père du système bancaire canadien». 

Trois semaines plus tard, la Banque ouvrait également des bureaux dans la capitale, soit le 28 septembre. Et elle établit un partenariat avec une première agence en 1818, à New York, aux États-Unis.

«À ma connaissance nous sommes la deuxième plus vieille compagnie au Québec, après la brasserie Molson [...] et la première institution financière à avoir ouvert ses portes à Québec et au Canada», indique au Soleil L. Jacques Ménard, président de BMO Groupe financier au Québec. 

Dès ses premiers pas, la Banque de Montréal devient la première institution financière à émettre une monnaie canadienne reconnue au pays. Cette monnaie est demeurée la devise de référence jusqu'à la création de la Banque du Canada en 1934. 

«Notre institution a su s'adapter aux générations et aux circonstances. Nous avons passé à travers des hauts et des bas économiques, des changements politiques et des guerres», note M. Ménard, pour expliquer le succès de l'entreprise qui brasse des affaires aujourd'hui dans 22 pays sur 5 continents et compte 12 millions de clients. «Le nerf de la guerre a été l'adaptation. Lorsqu'une compagnie cesse d'être pertinente aux besoins des communautés qu'elle dessert, elle n'existe plus. Nous, nous avons su innover», poursuit-il.

Les années passent, les membres sont de plus en plus nombreux et les coffres de l'institution se remplissent. Durant ce temps, la Banque de Montréal, dont le siège social juridique est toujours dans la métropole, continue d'investir dans le développement économique de la province et du pays. Elle collabore entre autres aux travaux du canal Lachine et à la construction du canal Welland en Ontario, qui relie le lac Ontario et le lac Érié. Elle offre également un appui financier à la réalisation du chemin de fer Champlain et Saint-Laurent.

Alors que le Canada devenait un pays et qu'entrait en... (Infographie Le Soleil) - image 2.0

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À la conquête du monde

En 1859, le vent dans les voiles, l'institution bancaire part à la conquête du monde. Elle ouvre un premier bureau à New York, aux États-Unis, et une première agence permanente à Chicago en 1861. Quelques années plus tard, soit en 1870, elle étend son terrain de jeu jusqu'à Londres. 

Après la Seconde Guerre mondiale, elle poursuit son périple en Europe et ouvre des bureaux entre autres en France et en Allemagne. En 1984, elle fait l'acquisition de la Harris Bank chez nos voisins du sud. Une transaction «de 800 millions $», rappelle M. Ménard, qui avait été considérée comme risquée par plusieurs gens d'affaires.

«Je me souviens lorsque W.D. [Bill] Mulholland a décidé d'acheter la banque Harris. Les gens disaient : "Quoi qui fait là lui?" C'était vu comme un geste assez téméraire. [...] Il a vu très tôt que notre avenir était de devenir une banque nord-américaine avant de devenir une banque mondiale», se remémore M. Ménard.

Durant les années 90, la conquête de nouveau continent se poursuit. La Banque s'établit en Chine en 1995 avec un premier bureau à Guangzhou. Un an plus tard, la banque, dont l'actif totalisait 688 milliards $ au 31 octobre 2016, ouvre un second bureau à Pékin. L'institution devient alors la première Banque canadienne à offrir des services bancaires complets sur le territoire chinois.  

«Aujourd'hui, 10 % de nos employés sont ici au Québec et le tiers aux États-Unis. Il y en a aussi en Chine, en Inde et en Europe, affirme le président. «Chaque pays a ses propres réalités, et il faut s'y adapter. Regardons seulement ce qui se passe du côté des États-Unis», ajoute-t-il, notant que son institution financière est l'une des trois seules banques étrangères dans le monde établies en Chine autorisées à offrir tous les services bancaires dans ce pays.

M. Ménard est d'avis que les défis pour les prochaines années ne manqueront pas, notamment avec l'essor des technologies. «L'un de nos défis est d'être capable de suivre nos clients qui opèrent partout dans le monde. Les suivre, les financer, dans le plus de juridictions possible. Il faut continuer de s'adapter aux réalités de la mondialisation», conclut-il.

Trois questions à L. Jacques Ménard

L. Jacques Ménard, président de BMO Groupe financier... (Archives La Presse) - image 4.0

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L. Jacques Ménard, président de BMO Groupe financier au Québec

Archives La Presse

Q Quel est l'avenir pour les banques?

R On vit dans un milieu très concurrentiel. Au Canada, il y a 80 institutions qui offrent des services financiers. L'avenir du milieu sera défini en grande partie par notre habileté à répondre aux besoins des citoyens, des gouvernements, des institutions et des entreprises de chez nous. Nous n'avons jamais été si bien outillés pour le faire. Nos gens n'ont jamais été aussi bien formés et éduqués. Les technologies sont devenues un facilitateur incroyable qui nous rend plus productifs. On ne pourrait pas faire aujourd'hui les millions de transactions qu'on fait quotidiennement sans ces technologies. Il faut toutefois continuer d'innover.

Q Est-ce que les conseillers-robots sont l'avenir pour les Banques? En 2016, votre institution financière, l'une des premières au pays, avait d'ailleurs lancé son Portefeuille futé BMO, un service numérique de gestion d'avoir.

R C'est le genre de service que les gens dans le monde moderne exigent et ont de besoin. Aujourd'hui, le Portefeuille futé BMO répond bien aux besoins des milléniaux, mais aussi à d'autres clientèles qui souhaitent un service facilement accessible à un coût compétitif. Ça n'exclut pas d'autres services où la présence humaine et le dialogue entre le client et le professionnel est important et même nécessaire pour répondre à des besoins plus complexes. Je ne serais pas surpris que d'ici quelques années, nous ayons dans le créneau [des conseillers virtuels] plusieurs centaines de millions en actifs sous-gestion.

Q Avec l'essor du numérique, croyez-vous que la monnaie canadienne pourrait disparaître?

R Au-delà de 40 % des transactions courantes se font aujourd'hui chez nous de façon numérique, bientôt ça va être 50 %. [...] Il y a toujours de la monnaie papier, mais il y en a de moins en moins. On peut acheter presque n'importe quoi et payer avec une carte de crédit ou avec un autre système numérique. En grande partie, tout le milieu monétaire a été dématérialisé grâce aux technologies. Je ne pense toutefois pas que cela va disparaître.

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