Trump s'apprête à renégocier l'ALENA

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Donald Trump lors d'une allocution à la Maison-Blanche, dimanche.

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Associated Press
Washington

Le président des États-Unis, Donald Trump, a affirmé dimanche qu'il allait commencer à renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) avec les dirigeants du Canada et du Mexique qu'il doit rencontrer prochainement.

En marge d'une prestation de serment de nouveaux membres de son équipe, M. Trump a annoncé à la Maison-Blanche qu'il avait organisé des rencontres avec le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le président mexicain, Enrique Peña Nieto.

Son chef de cabinet, Reince Priebus, a affirmé à Fox News Sunday que M. Trump s'attarderait dans sa première semaine complète en fonction à renverser certains des éléments de l'ordre du jour de son prédécesseur et qu'il prévoyait signer des décrets sur l'immigration et le commerce. M. Priebus n'est pas entré dans les détails.

La semaine dernière, le milliardaire Wilbur Ross, l'homme d'affaires désigné par Donald Trump pour devenir secrétaire américain au Commerce, avait prévenu que la nouvelle administration à Washington se pencherait «très, très rapidement» sur l'ALENA.

Il expliquait que les États-Unis devaient consolider au mieux les relations avec leurs voisins avant de se tourner vers d'autres régions du monde.

Donald Trump a souvent qualifié l'ALENA de «désastre» et a promis de se débarrasser de cet accord commercial, ou du moins d'en renégocier les termes. Après l'élection présidentielle américaine, le gouvernement libéral à Ottawa a ouvert la porte à une «amélioration» de l'ALENA, entré en vigueur il y a 23 ans, en 1994.

L'ALENA associe les États-Unis, le Canada et le Mexique dans une vaste zone de libre-échange. Il fait partie des cibles privilégiées de Donald Trump qui l'accuse d'avoir encouragé l'exode d'emplois manufacturiers américains vers le Mexique.

La nouvelle administration républicaine a d'ores et déjà averti que si ses partenaires refusaient une négociation «qui apporte aux travailleurs américains un accord équitable», les États-Unis quitteraient l'ALENA.

Selon les statuts de l'accord, l'une des parties peut notifier aux autres son intention de le quitter, ouvrant alors une période de 180 jours pour entamer de nouvelles négociations. Si aucun nouvel accord n'est conclu, l'ancien est alors dissous.

Rencontres à venir

La rencontre avec M. Peña Nieto à la Maison-Blanche a été fixée au 31 janvier. Aucune date n'a été annoncée à ce jour pour la rencontre avec M. Trudeau.

Louant le président mexicain - «il a vraiment été extraordinaire» -, M. Trump a fait part de son espoir d'arriver à «de très bons résultats» avec ce pays frontalier des États-Unis sur les questions d'immigration et de sécurité.

Durant sa campagne, le magnat de l'immobilier s'est engagé à construire un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, financé, a-t-il assuré, par Mexico.  Avec AFP

Le Québec aura son mot à dire, selon Daniel Turp

Alors que Justin Trudeau s'apprête à renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) avec ses homologues américain et mexicain, le Québec devrait rapidement se positionner et exiger d'avoir un mot à dire lors de ces pourparlers. 

C'est ce que croit Daniel Turp, professeur de droit international à l'Université de Montréal. «Les accords de libre-échange aujourd'hui, c'est tellement large, ça porte sur tout! J'espère que je vais entendre bientôt le gouvernement du Québec dire qu'il veut être associé à cette renégociation. Les intérêts des Québécois et des Québécoises sont en jeu», soutient M. Turp.

Le juriste explique que si les termes de l'ALENA sont modifiés, le dossier rebondira nécessairement à l'Assemblée nationale. Depuis 2002, le gouvernement du Québec a l'obligation de présenter toute modification à un «engagement international important» aux parlementaires, qui pourront en débattre. «L'Assemblée nationale doit approuver les changements apportés avant que le Québec ne soit officiellement lié à un accord commercial», explique M. Turp. D'où la nécessité pour le gouvernement québécois d'être dans le coup dès le début des négociations, juge-t-il. 

Ce n'est jamais arrivé toutefois, dans l'histoire du Canada, que le Québec n'approuve pas un accord commercial international. 

M. Turp souligne que ni le fédéral ni aucune autre province n'ont d'obligation semblable. Ainsi, Justin Trudeau pourrait décider, comme l'ont fait ses prédécesseurs, de négocier derrière des portes closes. «Mais je crois qu'il faut de la transparence. On ne doit plus priver les citoyens et les entreprises du droit de savoir qu'est-ce qui se passe, et de savoir quels impacts peuvent avoir les modifications. Ça a été le grand défaut des négociations antérieures de ces textes», soutient M. Turp. 

Règles d'origine

Pour l'instant, impossible de savoir ce que le président américain Donald Trump veut réellement changer dans l'ALENA. Il a été question de modifier les règles d'origine des produits, ce qui pourrait faire en sorte que les frontières américaines se referment sur certains produits canadiens. Mais l'ALENA est un vaste accord qui englobe plusieurs points, comme la libre circulation des gens d'affaires au sein des trois pays membres, par exemple. 

Entré en vigueur en 1994, l'ALENA n'a pas subi de modifications significatives depuis 23 ans, indique M. Turp. Ex-député du Parti québécois, Daniel Turp est aujourd'hui président de l'Institut de recherche sur l'autodétermination des peuples et les indépendances nationales.  Patricia Cloutier

Le cabinet Trudeau réuni pour faire face à la nouvelle administration

Le cabinet Trudeau se retrouve à Calgary pour une... (La Presse canadienne, Jeff McIntosh) - image 4.0

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Le cabinet Trudeau se retrouve à Calgary pour une retraite de trois jours.

La Presse canadienne, Jeff McIntosh

La bromance - relation plus que chaleureuse entre le premier ministre Justin Trudeau et l'ex-président Barack Obama - est chose du passé.

M. Trudeau et son gouvernement libéral fédéral doivent désormais affronter la réalité d'une présidence occupée par le républicain Donald Trump, alors que les ministres se réunissent dimanche pour une retraite de trois jours.

Jusqu'à ce jour, M. Trudeau avait eu la vie relativement facile dans les relations du Canada avec les États-Unis, M. Obama ayant été notamment un allié naturel sur le front des changements climatiques. Désormais, les libéraux se préparent pour une ère complètement nouvelle avec Washington, et cela devrait être sur toutes les lèvres à l'occasion de ces discussions entre ministres du cabinet Trudeau.

M. Trump a promis lors de son discours d'assermentation, vendredi, de donner naissance à «une nouvelle fierté nationale» et de ramener les emplois aux États-Unis. La politique étrangère a été très peu abordée.

Selon Roland Paris, ancien conseiller de M. Trudeau en politique étrangère, les libéraux ont adopté jusqu'à maintenant une approche judicieuse en tendant la main à l'équipe de transition de M. Trump «dans l'objectif de commencer à faire valoir l'importance du partenariat économique et l'intérêt des États-Unis à le maintenir».

Mais M. Paris estime que le véritable travail ne fait que commencer, et que l'approche de la nouvelle administration américaine risque de ne «ressembler à aucune autre» avant elle à Washington.

«C'est un grand virage. Cela est vrai pour le Canada, mais aussi pour tous les pays du monde», a-t-il affirmé.

Le gouvernement libéral espère envoyer le message à l'administration Trump que le Canada et les États-Unis ont des priorités communes, a expliqué le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr.

«Nous devrons voir ce que l'administration fait réellement», a-t-il soutenu dimanche, à Calgary.

«Plusieurs déclarations ont été faites et il y a eu beaucoup de spéculation, mais nous commençons cette relation en nous disant qu'il y a des points communs dans le secteur de l'énergie et nous nous pencherons là-dessus», a-t-il ajouté.

Remaniement

M. Trudeau a déjà remanié son cabinet pour s'adapter à l'arrivée de M. Trump en désignant la spécialiste du commerce Chrystia Freeland aux Affaires étrangères, et en lui affectant le général à la retraite Andrew Leslie comme secrétaire parlementaire, qui a côtoyé plusieurs des anciens commandants militaires ayant décroché des postes importants dans l'administration Trump.

Le gouvernement libéral a dit rechercher les intérêts communs avec l'administration Trump dans la volonté d'une croissance de la classe moyenne.

Avant d'obtenir ces nouvelles fonctions, Mme Freeland avait déjà tâté le terrain à Washington, discutant avec des membres du Congrès et de l'équipe de transition de M. Trump à titre de ministre du Commerce international du Canada.

Mme Freeland s'est entretenue avec l'ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich, aujourd'hui conseiller de M. Trump, de même qu'avec Stephen Schwarzman, le chef de la direction de la firme d'investissement Blackstone Group, qui a été nommé en décembre pour diriger le comité sur la stratégie et les politiques du président - le Strategic and Policy Forum.

M. Trump souhaite que les 16 chefs de la direction et leaders d'affaires dans le groupe lui offrent une perspective du secteur privé sur les manières de créer de l'emploi et de stimuler la croissance.

Poursuivre la discussion

Georganne Burke, une partisane de M. Trump née aux États-Unis et qui est vice-présidente d'une firme de relations publiques de Toronto, a dit croire qu'il serait une bonne idée pour les libéraux de poursuivre la discussion avec M. Schwarzman et son groupe.

«M. Trump veut ramener des emplois et c'est ce à quoi s'attelle ce groupe. Il pourrait y avoir certains secteurs où les visions seraient complémentaires», a-t-elle soutenu.  La Presse canadienne

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