Trump, une «menace pour l'économie mondiale»

François Dupuis, du Mouvement des caisses Desjardins, Marc... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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François Dupuis, du Mouvement des caisses Desjardins, Marc Lévesque, de l'Office d'investissement des régimes de pensions du secteur public, et Stéfane Marion, de la Banque Nationale, lors d'un événement organisé par le Cercle finance du Québec à l'Hôtel Plaza Québec

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Vendredi, Donald Trump deviendra officiellement le nouveau patron de la Maison-Blanche. Le magnat de l'immobilier a répété à plusieurs reprises miser sur le protectionnisme. Une avenue qui pourrait s'avérer une véritable menace pour l'économie mondiale, prévient Marc Lévesque, vice-président Économie et stratégie de marché et économiste en chef pour l'Office d'investissement des régimes de pensions du secteur public.

Au cours des derniers mois, le prochain président des États-Unis a remis en question certains accords commerciaux, comme l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et le Partenariat transpacifique (PTP). Il a aussi avancé la possibilité d'instaurer de nouvelles barrières tarifaires, entre autres une taxe de 35 % aux entreprises américaines installées à l'étranger et vendant leurs produits aux États-Unis. Ces nombreux propos ont d'ailleurs fait grincer des dents plusieurs dirigeants de compagnie.

Réunis à l'Hotel Plaza Québec, mercredi, dans le cadre d'un événement organisé par le Cercle finance du Québec, différents économistes de la région ont discuté des prévisions économiques pour 2017. Environ 450 personnes ont participé à l'activité. Et sans surprise, la question sur toutes les lèvres pour les 12 prochains mois est : Que fera M. Trump avec ses nombreuses promesses?

Selon M. Lévesque, il serait surprenant que le 45e président des États-Unis parvienne à réaliser toutes ses visées, en raison notamment «du test du Congrès américain». L'économiste s'inquiète toutefois de la «possibilité réelle» de voir une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Rappelons que M. Trump a notamment promis qu'à son premier jour en poste, il allait déclarer publiquement que la Chine est un manipulateur de devise.

«La politique commerciale de M. Trump est une véritable menace pour l'économie. N'oublions pas que la grande crise de 1929-1933 a été provoquée en grande partie par une montée du protectionnisme au niveau mondial. Le protectionnisme, si c'est généralisé et qu'il y a des guerres commerciales, cela peut être extrêmement dommageable», prévient-il, ajoutant que des tarifs douaniers ciblant les importations provenant de la Chine et du Mexique auraient de lourdes conséquences.

Effets en Chine

Si toutes les menaces de M. Trump vont de l'avant, l'économiste estime que la Chine pourrait voir en cinq ans son produit intérieur brut (PIB) passer de 6,5 % de 2 %. «Pour l'économie chinoise, c'est l'équivalent d'une récession», déplore-t-il, notant que cela aurait également «des effets de rebondissement» sur l'ensemble des marchés émergeant en Asie ainsi que les autres pays qui brassent des affaires avec la Chine, notamment en Amérique latine.

M. Lévesque ne partage pas non plus la vision plutôt «optimiste» des marchés boursiers sur les actions du futur président.

«La confiance des consommateurs ainsi que des marchés est à la hausse. Ce n'est pas juste la Bourse américaine qui s'est envolée, ce sont toutes les Bourses mondiales. La perception des marchés semble être que les côtés positifs des politiques de Donald Trump vont dominer et que les côtés négatifs n'auront pas vraiment d'impact», indique M. Lévesque. «Je pense que les marchés ont relativement tort. Les risques sont beaucoup plus élevés que ce que les marchés considèrent actuellement. C'est quelque chose qu'il faut garder à l'oeil», poursuit-il.

Du côté du gouvernement du Québec, on promet de suivre attentivement les gestes de M. Trump, surtout que certains pourraient avoir d'importants impacts sur l'économie de la région.

«L'économie québécoise est très ouverte au commerce international et très dépendante du commerce international. Le maintien de notre niveau de vie et de notre prospérité dépendent de l'accès au marché étranger, notamment américain. Pour nous, le commerce, c'est vraiment l'enjeu principal», a commenté le ministre des Finances, Carlos Leitão.

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