Saisies records de maisons à Québec

À Québec, entre janvier et décembre 2016, 91 délaissements... (123RF, Warakorn Harnprasop)

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À Québec, entre janvier et décembre 2016, 91 délaissements de propriété ont été enregistrés, comparativement à 77 en 2015.

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(Québec) Les mauvais payeurs ont été nombreux dans la région de Québec en 2016. Le nombre de saisies de propriétés résidentielles s'avère un record pour la dernière décennie, a constaté Le Soleil.

Selon des données fournies par le portail Nominis (anciennement GDL Crédit Ressource Québec), en 2016, 180 propriétaires de la région - Lévis, Québec, Portneuf et la Côte-de-Beaupré - ont dû délaisser leur résidence par voie d'un jugement de délaissement ou d'un délaissement volontaire. Ce nombre surpasse de 30 l'ancienne marque de 2014, où 150 propriétaires avaient été contraints de remettre à leur institution financière les clés de leur demeure. Pour les amateurs de chiffres, comparativement à la moyenne des cinq dernières années (123), pour 2016, les saisies représentent un bond de 46 %.

Pour la ville de Québec, dont la situation est comparable, il s'agit également d'une année record. Entre janvier et décembre derniers, 91 délaissements de propriété ont été enregistrés, comparativement à 77 en 2015. Les données pour les 12 derniers mois représentent une hausse de 34 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années (68). 

Selon le propriétaire du syndic Jean Fortin & Associés, Pierre Fortin, l'augmentation du nombre de délaissements s'explique certes par l'endettement des ménages, mais également par le fait qu'il est plus difficile de vendre sa maison aujourd'hui dans un court laps de temps - la moyenne dans la province est de 110 jours - lorsqu'un besoin de liquidité se fait sentir. Pour la ville de Québec, M. Fortin ne cache pas que la situation est quelque peu inquiétante, malgré le fait qu'il s'agisse que d'un petit volume de personnes touchées vis-à-vis l'ensemble de la population.

«Quand on regarde certaines régions, les données s'expliquent en partie par le fait que leur taux de chômage est plus élevé. Pour la ville de Québec, ce n'est pas une question de chômage [le taux est de 4,4 %], indique M. Fortin. Ce que les chiffres ne démontrent pas, c'est que lorsqu'une personne perd son emploi, ce n'est pas nécessairement cette même personne qui figure dans la colonne de ceux ayant retrouvé un travail le même mois. Ceux qui perdent leur travail subissent un choc financier et se retrouvent souvent dans une situation précaire durant un certain temps», dit-il pour expliquer en partie la situation.

Pour le propriétaire du syndic, le nombre de saisies «ne peut qu'être encore plus élevé» en 2017, en raison notamment de l'instauration en octobre des nouvelles règles visant à resserrer les conditions pour obtenir un prêt hypothécaire de la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Ces mesures devraient se traduire par une réduction de l'accès à la propriété. Une hausse des taux d'intérêt pourrait aussi avoir un lourd impact sur le nombre de saisies.

«Lorsqu'on analyse les chiffres, on voit que la moyenne des délaissements a été d'environ 7,5 par mois dans la ville de Québec. À partir de septembre, c'est neuf délaissements par mois qui ont été enregistrés sauf pour novembre [sept]. Janvier est normalement l'un des plus gros mois de l'année, ce qui laisse croire que la tendance va se poursuivre», affirme-t-il. «Surtout que les acheteurs doivent maintenant répondre à de nouvelles règles. Ils doivent respecter des ratios qui sont plus élevés. Cela va assurément avoir un impact sur les délais de vente et de revente», poursuit-il.

Insolvabilité

M. Fortin dresse un parallèle entre le nombre de saisies de propriétés et la quantité de dossiers d'insolvabilité (faillites et propositions) dans la Capitale-­Nationale. Après une augmentation du nombre de dossiers d'insolvabilité de 20 % entre 2014 et 2015, la tendance s'est poursuivie entre 2015 et 2016 avec un bond de 7,8 %. Pendant ce temps, la province a connu une baisse de 0,7 % du nombre de dossiers d'insolvabilité.

Par ailleurs, les données tirées du portail Nominis indiquent que 381 préavis de délaissement (avis de 60 jours) ont été envoyés par des institutions financières depuis janvier 2016 à des citoyens de la Ville de Québec ayant été incapable de répondre à leurs obligations financières. Une diminution par rapport à 2015 où 478 personnes avaient reçu un avertissement. 

Malgré la baisse, la situation est tout de même préoccupante, prévient M. Fortin, lorsqu'il compare le ratio entre les préavis et les délaissements des dernières années. «Ce n'est plus 16 % comme en 2015, c'est 24 % aujourd'hui. Ce n'est plus juste des avertissements. C'est plus de gens qui ont perdu leur maison», commente-t-il.

À travers la province, on dénombre pour les 12 derniers mois 2753 reprises, soit 383 de plus qu'en 2015, une hausse de 16 %. La valeur des propriétés ayant été saisies s'élève à plus de 560 millions $. En ce qui concerne les préavis, le bilan est de 9138 en 2016, une diminution comparée à 9893 en 2015.

La majorité des délaissements de la dernière année ont été enregistrés dans la région de Terrebonne (208), de Montréal (167), de L'Assomption (134), de Chicoutimi (Saguenay) (119), de Laval (93), suivie de Québec.

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