Protectionnisme: le Canada dans l'incertitude

«L'engagement de Donald Trump est envers le travailleur... (AP, Cliff Owen)

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«L'engagement de Donald Trump est envers le travailleur américain, les emplois américains, l'industrie américaine et la fabrication américaine», a déclaré le prochain porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, au Globe and Mail.

AP, Cliff Owen

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(Québec) Même s'il n'est pas encore résident à la Maison-Blanche, Donald Trump fait déjà sentir sa présence. Le concessionnaire automobile Ford annule la construction d'une usine de 1,6 milliard $ à San Luis Potosi, au Mexique, et le magnat de l'immobilier poursuit en menaçant General Motors (GM) de «payez une lourde taxe frontalière» si l'entreprise ne construit pas ses véhicules aux États-Unis. Qu'adviendra-t-il des véhicules américains fabriqués au Canada? Doit-on s'inquiéter?

Peut-être bien que oui, selon les dires du prochain porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, lors d'une entrevue avec The Globe and Mail

«L'engagement de Donald Trump est envers le travailleur américain, les emplois américains, l'industrie américaine et la fabrication américaine», a déclaré M. Spicer, questionné sur l'impact pour l'industrie automobile canadienne. «Il a été très clair tout au long de la campagne que son objectif est de mettre les États-Unis d'abord, de restaurer la base manufacturière américaine. [...] Il veut ramener les emplois à la maison. Il ne veut plus que les entreprises américaines quittent le pays pour s'établir ailleurs et continuent de brasser par la suite des affaires aux États-Unis», a ajouté le porte-parole, précisant que le futur président ne vise toutefois pas de pays en particulier.

Pour l'heure, selon le site du gouvernement Innovation, Sciences et Développement économique Canada, 22 modèles différents de véhicules - GM, Ford, Toyota, Honda et Fiat Chrysler - ont été fabriqués dans les usines canadiennes (principalement situées en Ontario) en 2015. Ce n'est toutefois pas tous les modèles qui sont exportés chez nos voisins du sud. 

Barrière tarifaire

Selon le professeur titulaire du Département de management de l'Université Laval, Yan Cimon, la situation est quelque peu «inquiétante» pour l'industrie automobile canadienne et les emplois qui y sont liés, surtout si une «lourde taxe frontalière» s'applique aussi pour le Canada. Rappelons que M. Trump avait également promis de renégocier ou de mettre fin à l'Accord de libre-échange nord-américain. 

«C'est normal qu'un pays comme les États-Unis veuille mettre avant tout son intérêt national, mais cela ne doit pas être fait au détriment de son propre intérêt. Dans le monde d'aujourd'hui, les réseaux de production sont mondiaux», commente au Soleil le professeur, rappelant que le futur président avait déjà menacé des entreprises américaines, ayant niche à l'étranger, de taxer à hauteur de 35 % leurs produits vendus aux États-Unis. 

«Le fait de vouloir mettre un tarif de 35 %, non seulement est en contravention avec les accords en vigueur, mais en plus cela va nuire à terme à leur économie», poursuit-il, concédant qu'une telle mesure aurait aussi un impact sur les fabricants canadiens. «La situation pour les usines canadiennes est inquiétante, oui, mais à court terme, pas nécessairement. Lorsque l'administration Trump sera au pouvoir et qu'elle tentera d'imposer ce genre de tarif ou de réglementation, elle va se heurter à plusieurs murs.»

M. Cimon perçoit la volte-face de Ford au Mexique comme une stratégie entre autres pour plaire au nouveau président. De son côté, Ford assure avoir pris cette décision seulement d'un point de vue d'affaires. 

Pour Benoît Charette, journaliste spécialisé en automobile, l'industrie de l'automobile canadienne ne devrait pas être touchée à court terme par les mesures de M. Trump. 

«Je ne vois pas de menace réelle dans le court terme. Oui, on peut ramener des emplois, mais à court ou moyen terme, il va y avoir un coût à ça. Le Canada, nous ne sommes pas le premier menacé, car les emplois ne coûtent pas beaucoup moins cher qu'aux États-Unis. Le peuple américain voit beaucoup la menace du côté du Mexique et non du Canada. Il a trop à perdre s'il impose ces mesures du côté canadien», affirme-t-il.

Malgré les menaces de M. Trump, les titres de General Motors (NYSE:GM), de Ford (NYSE:F) ainsi que Fiat Chrysler (NYSE:FCAU) ont tous grimpé mardi de respectivement 0,89 %, 3,79 % et 4,71 %.

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