Que se produirait-il si Trump accusait la Chine de manipuler sa devise?

Donald Trump a passé la majeure partie de... (Archives AFP, Greg Baker)

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Donald Trump a passé la majeure partie de la campagne électorale à attribuer à la Chine les problèmes économiques des États-Unis.

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Paul Wiseman
Associated Press
Washington

Le président désigné Donald Trump a promis qu'il déclarerait publiquement que la Chine manipule la valeur de sa monnaie à son premier jour en fonction à la Maison-Blanche.

Le problème, c'est que cela n'est plus vrai. La Chine, deuxième économie en importance au monde après les États-Unis, n'a pas dévalué sa devise pour avantager les exportateurs chinois depuis plusieurs années. Et même si le pays agissait ainsi, la loi ciblant les manipulateurs nécessite que les États-Unis prennent un an pour négocier une solution avant toute possible réplique.

M. Trump a passé la majeure partie de la campagne électorale à attribuer à la Chine les problèmes économiques des États-Unis. Et il est vrai que la relation commerciale entre les deux pays est déséquilibrée. La Chine vend beaucoup plus de produits aux États-Unis qu'elle n'en achète. Le déficit commercial en biens résultant de cette situation s'élève à un imposant 289 milliards $ pour les 10 premiers mois de 2016.

Mais en fait, ces dernières années, la Chine a agi sur les marchés pour augmenter la valeur de sa devise, le yuan, plutôt que pour la réduire.

Jeudi, la Chine est allée plus loin, annonçant l'ajout de 11 monnaies dans le panier de devises qui lui sert à établir un cours de référence du yuan, diluant la part du dollar, selon un document publié par l'administration chinoise du marché des changes.

De quelle manière la devise influe-t-elle sur le déficit commercial?

Lorsque le yuan chinois perd de la valeur à l'égard du dollar américain, les produits chinois deviennent moins dispendieux sur le marché américain et les produits américains sont plus chers en Chine.

Ce qui fait que le département américain du Trésor est à l'affût des signes de manipulation à la baisse du yuan par la Chine. Le Trésor compte des lignes directrices pour placer des pays sur sa liste noire du marché des changes. Un pays doit avoir, par exemple, dépensé l'équivalent de 2 % de sa production économique d'une année pour acheter des devises étrangères avec l'objectif de faire monter la valeur de ces monnaies et de contribuer au déclin de la sienne.

Le Trésor américain n'a pas déclaré la Chine manipulatrice de sa devise depuis 1994.

Qu'arriverait-il si les États-Unis déclaraient la Chine manipulatrice de devise?

Peu de choses probablement, à tout le moins dans un premier temps.

Si le Trésor devait désigner la Chine manipulatrice de sa devise, les États-Unis devraient tenter de résoudre le problème par l'entremise de négociations durant un an.

Si ces négociations échouent, les États-Unis peuvent adopter quelques mesures restreintes comme représailles, dont l'arrêt du financement de programmes en Chine par une agence de développement gouvernementale, la U.S. Overseas Private Investment. Le problème est que les États-Unis ont déjà suspendu les activités de cette agence en Chine il y a plusieurs années, pour punir Pékin dans la foulée de la répression sanglante à Tiananmen en 1989.

Ce qui fait qu'une telle accusation ne serait rien d'autre que les représentants américains «faisant aller leur mâchoire [...] sans conséquence immédiate», a souligné Amanda DeBusk, présidente de la division de commerce international de la firme d'avocats Hughes Hubbard & Reed et ancienne responsable au département du Commerce.

Est-ce que Donald Trump pourrait agir seul?

Gary Hufbauer, expert du droit commercial au Peterson Institute for International Economics, a indiqué qu'à titre de président, M. Trump pourrait tout de même générer par lui-même une escalade du différend sur les devises. Au fil des années, le Congrès a cédé au président un pouvoir élargi pour imposer des sanctions commerciales. M. Trump a menacé d'imposer une taxe - ou tarif - de 45 % sur les importations chinoises pour répliquer à des pratiques jugées inéquitables, dont la manipulation alléguée du yuan.

David Dollar, chercheur principal à l'Institution Brookings et ancien responsable à la Banque mondiale et au département américain du Trésor, a affirmé que la Chine ferait probablement appel à l'Organisation mondiale du commerce «contre toute mesure protectionniste qui violerait les engagements des États-Unis envers l'OMC».

Certains analystes se demandent si M. Trump userait de la menace de taxes ou tarifs comme outil pour obtenir des concessions de la part de la Chine.

Peu importe le motif, la Chine a eu tendance à répliquer chaque fois aux sanctions commerciales. Lorsque l'administration Obama a imposé des tarifs sur les importations de pneus de la Chine en 2009, la Chine a répliqué en mettant en vigueur une taxe sur les produits américains du poulet.

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