Bois d'oeuvre: Québec réclame à Ottawa des prêts et des garanties de prêts

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L'industrie forestière québécoise compte pas moins de 60 000 emplois et l'accès au marché américain pour le bois du Québec est considéré comme primordial.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Le Québec accentue la pression sur Ottawa pour faire en sorte que l'industrie du sciage québécoise ne sorte pas vaincue et exsangue des négociations très dures qui s'annoncent entre les États-Unis et le Canada dans le dossier du bois d'oeuvre.

Ottawa doit offrir des prêts et des garanties de prêts aux producteurs de bois d'oeuvre du Québec, pour qu'ils continuent à vendre leurs produits aux Américains, malgré le litige qui oppose présentement les deux pays, ont réclamé mardi la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, et le ministre des Forêts, Luc Blanchette, entourés de plusieurs leaders de l'industrie forestière québécoise, qui ne cachaient pas leur inquiétude, en conférence de presse, en constatant la tournure des événements.

L'industrie forestière québécoise compte pas moins de 60 000 emplois et l'accès au marché américain pour le bois du Québec est considéré comme primordial. Des milliers d'emplois sont en jeu à court terme, particulièrement dans les usines de sciage en régions, qui exportent largement leur production vers les États-Unis.

Nouvelle saga judiciaire

L'industrie américaine du bois d'oeuvre a entamé vendredi dernier une nouvelle saga judiciaire, la cinquième en une vingtaine d'années, contre l'industrie canadienne, sous prétexte de protéger les emplois de ce secteur situés aux États-Unis, en alléguant que les producteurs canadiens reçoivent des subventions qui faussent les règles du jeu.

Les ministres québécois, qui doivent compter sur Ottawa pour mener les négociations avec les Américains, se sont montrés inquiets devant la montée du protectionnisme au sud de nos frontières, tout en se disant confiants de pouvoir démontrer une fois de plus au Département du commerce des États-Unis que l'industrie québécoise n'est pas subventionnée, contrairement aux prétentions américaines.

Le temps presse, car des droits compensateurs sur le bois québécois exporté aux États-Unis pourraient s'appliquer dès le printemps prochain, d'où l'urgence d'obtenir un coup de pouce d'Ottawa, le temps que les recours judiciaires aient pris fin, ont fait valoir les deux ministres. Ces droits pourraient dépasser 25 % à compter de la fin avril, mais devraient être modulés selon chaque province, a dit souhaiter M. Blanchette.

Le gouvernement Couillard semble donc déterminé à interpeller avec insistance le gouvernement Trudeau, pour qu'il fasse le maximum, à la fois pour gagner la bataille judiciaire et pour assurer entre-temps aux producteurs de bois québécois de ne pas subir le contrecoup de cette saga.

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