CRTC: baisse des taux provisoires sans trop d'effet

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Sur la photo, Jean-Pierre Blais, président du CRTC, dont la décision n'est pas assez marquante pour abaisser la rentabilité des grandes entreprises de télécommunication et les forcer à revoir leur façon de financer leurs activités sur le Web, selon un analyste pour valeurs mobilières.

La Presse canadienne, Justin Tang

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Aleksandra Sagan
La Presse Canadienne
Toronto

Plusieurs experts doutent que les grandes firmes canadiennes de télécommunication changent leur façon de financer la croissance de leurs plateformes numériques malgré la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de réduire les taux facturés à leurs petits concurrents pour qu'ils puissent accéder aux services qu'ils offrent.

La décision du CRTC n'est pas assez marquante pour abaisser la rentabilité des grandes entreprises de télécommunication et les forcer à revoir leur façon de financer leurs activités sur le Web, estime un analyste pour Valeurs mobilières Desjardins, Maher Yaghi.

Aucune décision du CRTC n'a encore fait reculer les câblodistributeurs dans leur volonté de faire des investissements majeurs, a-t-il souligné.

Au début du mois d'octobre, le CRTC annonçait les nouveaux taux provisoires que Bell, Rogers, TELUS, SaskTel, Shaw, Cogeco, MTS et Vidéotron doivent facturer aux fournisseurs d'accès Internet indépendants pour que ceux-ci aient accès un réseau plus rapide.

Ces taux étaient, pour la plupart, plus bas que ceux que les grandes entreprises de télécommunication réclamaient, parfois de 89 %, avait indiqué le CRTC.

Bell Canada espère que le CRTC fixera les taux finaux à un niveau qui permettra aux entreprises de continuer de financer des projets d'infrastructures numériques, a fait valoir son président et celui qui est à la tête de BCE, George Cope.

Si les taux sont trop bas, «de tels investissements pourraient être restreints», avait-il récemment confié à des analystes au cours d'une téléconférence, alors que Bell injecte anuellement 3,7 milliards $ à cet effet.

TELUS - qui a investi 2,85 milliards $ en nouvelles infrastructures cette année - a exprimé des inquiétudes analogues.

En réponse, le CRTC a dit que ses taux provisoires sont «justes et raisonnables» et permettent la poursuite d'investissements tout en assurant une plus grande concurrence.

Maher Yaghi a reconnu, en entrevue à La Presse canadienne, que les petites entreprises pourraient désormais offrir des forfaits à moindre coût et potentiellement accaparer une part plus grande du marché. L'expert estime toutefois que leur croissance devra être considérablement grande pour réellement inquiéter les géants comme Bell et Vidéotron.

Craintes

Un analyste pour RBC Dominion Valeurs mobilières, Drew McReynolds, estime que les fournisseurs d'accès Internet indépendants n'occupent que 15 % du marché.

Les grandes entreprises craignent donc davantage que leurs rivaux indépendants puissent, à long terme, se moderniser et connaître une croissance plus rapide qu'elles-mêmes, a expliqué M. Yaghi.

Quoi qu'il en soit, l'analyste du groupe Scotia Capitaux, Jeff Fan, juge que la concurrence entre les gros joueurs de l'industrie est suffisante pour que l'effet de la décision du CRTC soit nul dans les six prochains mois ou même dans la prochaine année.

Le CRTC - qui continue de consulter les acteurs du milieu des télécommunications - devrait annoncer des taux finaux à la mi-2017.

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