L'APEC à la défense de la mondialisation

Justin Trudeau et les leaders du Sommet de... (La Presse canadienne, Sean Kilpatrick)

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Justin Trudeau et les leaders du Sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique-à Lima, au Pérou, se sont bien amusés pendant la séance de photographie.

La Presse canadienne, Sean Kilpatrick

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Jordan Press
La Presse Canadienne
Lima

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et les leaders de la vingtaine d'autres pays qui prennent part au Sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) tentaient de présenter, dimanche, la mondialisation sous une facette modérée, dans la foulée d'une apparente montée des mouvements d'opposition au libre-échange.

Les discussions qui se déroulaient dimanche derrière des portes closes, au Pérou, visaient principalement à fournir une réponse directe au discours protectionniste véhiculé par le président américain désigné, Donald Trump, et les partisans de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Bien que Donald Trump ne soit pas au Pérou, sa présence se faisait sentir. Le premier ministre australien, Malcom Turnbull, a lancé à la blague à Justin Trudeau, lors d'une rencontre à l'heure du déjeuner, que de «gros changements politiques» s'annonçaient dans le voisinage du Canada.

Justin Trudeau a hoché de la tête, se contentant de répondre qu'il est possible que de tels développements surviennent.

L'objectif des rencontres de dimanche est de déterminer comment présenter la mondialisation comme une approche économique modérée, a dit le directeur général du secrétariat de l'APEC, Alan Bollard, faisant référence à la croissance économique inclusive et durable.

Apposer des mots sur le principal thème du sommet qui prend fin dimanche soir est simple, a noté M. Bollard, ajoutant qu'il est toutefois plutôt complexe de passer de la parole aux actes.

Lourde tâche

Justin Trudeau et ses homologues auront la lourde tâche de convaincre Donald Trump et ses partisans que le commerce international peut être bénéfique autant d'un point de vue national que mondial.

Le premier ministre canadien ne devrait pas s'adresser aux journalistes avant la conclusion du sommet, dimanche soir.

Le partenariat transpacifique (PTP) s'est retrouvé au coeur des discussions, alors que les ministres canadiens du Commerce international, Chrystia Freeland, et des Affaires étrangères, Stéphane Dion, ont multiplié leurs rencontres avec des homologues, des membres du Congrès américain et des hommes d'affaires.

Le PTP doit inclure 12 États du littoral du Pacifique dont les économies totalisent 40 % du produit intérieur brut mondial, notamment le Canada, le Mexique, le Japon et les États-Unis.

Donald Trump s'est toutefois engagé à retirer les États-Unis des pourparlers devant mener à la mise en place de l'entente.

L'Asie-Pacifique veut approfondir le libre-échange, avec ou sans Trump

Les dirigeants de la zone Asie-Pacifique devaient réaffirmer dimanche à Lima leur ferme volonté d'intensifier leurs échanges commerciaux, à rebours de la croisade protectionniste annoncée par le futur président des États-Unis Donald Trump.

Les responsables des 21 économies de l'Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) se sont réunis à huis clos dans la matinée avec la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, pour évoquer les défis de l'économie mondiale.

Ils ont ensuite posé pour une photo de famille, arborant sur l'épaule droite des étoles couleur tabac en laine de vigogne, un mammifère des Andes très prisé pour la finesse de son lainage.

L'APEC devait adopter une déclaration finale réaffirmant la volonté des pays des deux rives du Pacifique à poursuivre leur intégration économique en levant les barrières commerciales.

Les dirigeants de l'APEC devaient prendre l'engagement de «conserver (leurs) marchés ouverts et de lutter contre toute forme de protectionnisme», de ne pas dévaluer leurs monnaies respectives «à des fins compétitives» et d'oeuvrer activement à la création à long terme d'une Zone de libre-échange Asie-Pacifique totalement intégrée, selon le projet de déclaration finale dont l'AFP a obtenu copie.

Les pays de la zone Asie Pacifique - ceux qui ont le plus bénéficié de la mondialisation - représentent 60 % du commerce planétaire et 40 % de sa population.

Le retour au protectionnisme n'aurait selon eux pour effet que de réduire les échanges commerciaux et de «ralentir les progrès dans la récupération de l'économie internationale».

«Moment charnière»

Inquiets de «l'opposition croissante à la mondialisation» aux États-Unis et en Europe et de «l'émergence de tendances protectionnistes», ils devraient néanmoins insister sur la nécessité d'une «plus juste répartition des bénéfices» de la mondialisation entre «toutes les couches des sociétés».

Ces positions vont à rebrousse-poil des engagements de campagne de Donald Trump, promettant un vigoureux tour de vis protectionniste censé protéger les emplois industriels contre la concurrence à bas coût de pays comme la Chine ou le Mexique.

Beau joueur, Barack Obama avait exhorté samedi la communauté internationale à «laisser une chance» à son successeur, en relevant qu'«on ne gouverne pas toujours comme on a fait campagne».

Lors de son dernier entretien bilatéral avec Barack Obama, le président chinois Xi Jinping a toutefois averti qu'après l'élection de M. Trump, la relation entre Pékin et Washington affrontait «un moment charnière».

«J'espère que les deux parties vont travailler ensemble pour se concentrer sur la coopération, gérer nos différences et faire en sorte que la transition se passe en douceur et que la relation continuera de se développer», a-t-il ajouté.

Leadership chinois

Xi Jinping a affiché à Lima l'ambition chinoise d'assumer le leadership unique des négociations de libre-échange dans la région Asie-Pacifique, pour combler le vide laissé par le probable futur abandon de l'accord de libre-échange TPP promu par Washington.

«Nous n'allons pas fermer la porte au monde extérieur, mais l'ouvrir encore plus largement», a-t-il lancé, plaidant pour une «Zone de libre-échange de l'Asie-Pacifique» comme «initiative stratégique vitale pour la prospérité à long terme de la région».

Pendant sa campagne, Donald Trump avait attaqué avec virulence le Partenariat transpacifique (TPP) signé en 2015 entre 12 pays de la région. Mais cet accord, qui laissait la Chine sur la touche, nécessite pour entrer en vigueur l'approbation fort improbable du Congrès américain dominé par les Républicains.

La Chine s'est engouffrée dans la brèche pour relancer à Lima son initiative alternative de Partenariat économique intégral (RCEP), un projet d'accord de libre-échange entre l'Asean (Association des nations du sud-est asiatique), l'Australie, la Chine et l'Inde notamment... mais sans les États-Unis.

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