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Le Canada ouvert à renégocier l'ALENA

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L'ambassadeur du Canada aux États-Unis, David MacNaughton

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La Presse Canadienne
Ottawa

Si Donald Trump souhaite renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), le Canada sera tout ouïe, surtout en ce qui a trait à l'épineux dossier du bois d'oeuvre.

C'est ce qu'a déclaré l'ambassadeur canadien à Washington, David MacNaughton, mercredi, alors que le monde entier tentait de digérer les résultats de l'élection présidentielle américaine.

S'il soutient que l'ALÉNA a été bénéfique pour les trois pays impliqués, M. MacNaughton reconnaît que toute entente est sujette à amélioration.

En conférence téléphonique avec des journalistes, le diplomate a cependant refusé de fournir des détails sur les gains que le Canada chercherait à tirer d'un retour à la table de négociations.

L'ambassadeur a néanmoins affirmé que le Canada souhaiterait ouvrir le marché du bois d'oeuvre - un secteur exclu de l'accord sous sa forme actuelle.

La possibilité que l'ALÉNA soit rouvert risque de faire de nombreux mécontents au Canada, à commencer par les agriculteurs.

François Dumontier, directeur adjoint des producteurs de lait du Québec rappelle que les oeufs, le lait et la volaille sont exclus du traité de libre-échange, étant actuellement protégés par le système de gestion de l'offre qui prévaut au pays.

«On est dans le très spéculatif, a-t-il confié en entrevue. Mais (s'il y a) une nouvelle négociation avec les États-Unis, que ce soit pour le Partenariat transpacifique (PTP) ou l'ALÉNA, il faudra s'assurer que notre secteur ne soit pas sur la table comme il l'a été. On a déjà payé. On paie déjà.»

Lors de la course à la Maison-Blanche, le candidat républicain s'était engagé à rouvrir l'entente de 1993, ou à la démanteler face à un refus éventuel du Canada ou du Mexique. Cependant, mettre la hache dans l'ALÉNA s'avérerait fort compliqué, estiment les experts en commerce.

«L'ALÉNA aura été le pire accord commercial de l'histoire», avait clamé Trump, en pleine campagne électorale.

«Je vais dire à nos partenaires de l'ALÉNA que j'ai l'intention d'immédiatement renégocier les termes de cet accord pour obtenir une meilleure offre pour nos travailleurs. Et je ne veux pas dire juste un peu mieux - je veux dire beaucoup mieux», avait ajouté l'ex-vedette de téléréalité.

«S'ils n'acceptent pas de renégocier, alors je vais invoquer l'article 2205 de l'accord pour signaler que les États-Unis comptent se retirer de l'entente», avait-il poursuivi.

Les analystes soutiennent que si un président peut facilement se retirer de l'ALÉNA, les tarifs douaniers ne se rétabliraient pas sans une intervention du congrès - un processus houleux.

Par ailleurs, le traité de libre-échange précédent entre le Canada et les États-Unis ne s'évanouirait pas pour autant, a souligné M. MacNaughton.

En début de matinée mercredi, Justin Trudeau a félicité le président désigné, insistant sur le fait que le Canada n'a pas d'ami, de partenaire ou d'allié plus proche que les États-Unis. Le premier ministre canadien s'est engagé à collaborer avec le gouvernement de Donald Trump.

M. MacNaughton s'attend à ce que les deux dirigeants discutent bientôt

Appel au calme

«Si Donald Trump déchire l'Accord de libre-échange nord-américain [ALENA], il y a l'accord canado-américain qui va revenir en force. Il avait été suspendu par la signature de l'ALENA.»

Le professeur en droit économique international à l'Université Laval Richard Ouellet souhaite rassurer les entreprises. Il souligne d'ailleurs qu'un préavis écrit de six mois est nécessaire si un pays veut mettre fin au traité. 

«Et si M. Trump veut le faire, il va avoir besoin de l'appui du Congrès. [...] Les républicains ont une tradition d'être plutôt libre-échangistes. Ce n'est pas dit que le Congrès va dire oui», indique-t-il, notant que les États du nord des États-Unis dépendent de l'économie canadienne.

Actuellement, près de huit millions d'emplois américains dépendent de la relation avec le Canada, et environ trois millions de Canadiens dépendent de la relation avec les États-Unis.

Partenariat transpacifique

Quant au Partenariat transpacifique (PTP), qui implique 12 pays, M. Trump avait confié s'opposer à l'accord durant sa campagne. Toutefois, mardi, l'ambassadeur américain au Canada, Bruce Heyman, a dit que Barack Obama avait l'intention d'utiliser la fin de son mandat pour faire approuver le PTP.

«Si jamais ils décident de ne pas signer, les Chinois vont profiter de la situation avec le Regional Comprehensive Economic Partnership. Ils vont prendre le leadership de l'influence économique dans toute la zone Asie-Pacifique. C'est une partie de la stratégie économique américaine qui va être repensée, abandonnée. [...] Je ne pense pas que Trump va déchirer l'accord», conclut M. Ouellet.  Jean-Michel Genois Gagnon

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