Industrie de la restauration: les immigrants appelés en renfort

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Régis Labeaume, ici en présence de François Meunier, vice-président aux affaires publiques à l'Association des restaurateurs du Québec, se dit conscient du problème de main-d'oeuvre dans l'industrie de la restauration.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) L'Association des restaurateurs du Québec (ARQ) souhaite miser sur les immigrants et les réfugiés ainsi que sur les travailleurs étrangers pour répondre aux problèmes de main-d'oeuvre que connaît actuellement l'industrie de la restauration.

Dès la semaine prochaine, un projet pilote sera lancé dans la capitale par l'ARQ pour aider les immigrants syriens à dénicher un emploi et du même coup diminuer les maux de tête de certains restaurateurs. Le projet est réalisé en partenariat avec le Centre de formation professionnelle Fierbourg. Une douzaine de personnes et restaurants de Québec participeront à l'aventure.

«Les immigrants vont passer des entrevues. Le restaurateur doit engager la personne», indique François Meunier, vice-président aux affaires publiques à l'ARQ, notant avoir plusieurs candidats. «C'est un programme d'intégration du marché du travail à des clientèles sous-représentées. Dans certains cas, certains ne parlent même pas le français. Mais l'objectif, c'est que la personne reste à l'emploi après son stage», poursuit-il.

Durant 26 semaines, les participants suivront des cours au centre de formation et développeront leurs connaissances et techniques dans les cuisines de leur restaurant comme aide-cuisinier.

Pour le moment, le programme est «un test» à savoir s'il pourrait être développé dans d'autres régions. C'est toutefois l'objectif de M. Meunier. «Je veux que ce programme soit étendu à d'autres endroits. Mais on va commencer par faire le test, car cela demande beaucoup d'engagements du restaurateur. Il doit identifier une personne dans son entreprise qui va servir de coach à l'immigrant. Le responsable va devoir suivre une formation», dit-il.

D'ici 2030, 19 000 postes seront à pourvoir dans le secteur de la restauration, estime M. Meunier, étant du même avis que le maire de Québec lorsqu'il dit que «le salut de la restauration» pour la main-d'oeuvre passe par les travailleurs étrangers.

D'ailleurs, lors de son discours mardi à l'assemblée générale de l'ARQ, M. Labeaume a confié avoir eu des discussions avec des maires d'Europe pour attirer des travailleurs dans la région.

«On peut être fier de notre taux de chômage aussi bas, mais on est conscient du problème de main-d'oeuvre. Et cela créera des problèmes pour l'avenir. Je sais que des restaurants ont dû fermer car ils ne trouvaient pas de main-d'oeuvre, affirme-t-il. On travaille fort pour trouver des solutions qui ne sont pas évidentes. [...] Je suis convaincu que le salut passe par la francophonie européenne. Certains maires là-bas sont prêts à nous aider. Je trouve toutefois qu'on n'est pas très opportunistes», poursuit-il, dénonçant la non-flexibilité des conditions d'immigration au fédéral.

Deux années difficiles

Quant à savoir si le secteur de la restauration se porte bien, M. Meunier a rappelé que l'industrie sort de deux années difficiles. Lundi, l'Office du tourisme de Québec affirmait que les fréquentations dans les restaurants avaient bondi de 8,9 % durant la saison estivale.

«Deux mille seize a été très bon. Toutefois, on est dans un contexte extrêmement concurrentiel. Avant de se réjouir, il faut voir sur un plus long horizon», prévient le vice-président aux affaires publiques à l'ARQ, soulignant qu'il reste encore beaucoup de travail à faire, notamment en matière de réglementation sur l'alcool. «Cela fait 15 ans qu'on attend une modernisation de la loi sur les permis d'alcool. Il y a aussi le débat sur le salaire minimum à 15 $.»

La restauration dans la région de la Capitale-Nationale

  • 1876 établissements en février 2016
  • 1,3 milliard $ en ventes estimées en 2015
  • 22 200 emplois en 2015
  • 12 % le poids relatif des ventes de la restauration dans la région de la Capitale-Nationale par rapport au Québec

Cinq conseils aux restaurateurs

Le milieu de la restauration est appelé depuis quelques années à revoir son modèle d'affaires. Tous les experts s'entendent pour dire que les restaurateurs refusant d'innover mourront à petit feu. Voici cinq conseils de Bernard Boutboul, expert en marketing et développement de la restauration chez la firme Conseil Gira, pour survivre dans le marché. «Aujourd'hui, il faut tout remettre en cause, car la restauration n'est plus ce qu'elle était», estime-t-il.

Nourriture

«L'abaissement de la qualité de la nourriture pour vendre moins cher, pour faire plus de volume, cela ne fonctionne plus. Les consommateurs viennent au restaurant pour se faire plaisir. Tout le monde doit monter en gamme, même dans le fast food. Les gens sont prêts à payer pour de la qualité. Lorsque les prix sont trop bas, ils sont inquiets.[...] Il faut aussi toujours innover au niveau de la carte, par exemple avec des cafés gourmands pour le dessert.»

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Liberté de structure

«Il faut écouter davantage le consommateur. Ils ont des besoins différents sur leur alimentation. Aujourd'hui, il faut lui donner la main, ce qui veut dire lui donner la possibilité d'intervenir sur son assiette, soit en lui permettant de rajouter des produits ou en lui offrant de structurer son repas comme il le veut. Si une personne souhaite commencer par un dessert, elle devrait pouvoir le faire. Dernièrement, McDonald's a innové en proposant sur les bornes de commande de faire un hamburger personnalisé. Il faut le faire aussi dans la gastronomie.»

***

Spectacle

«L'expérience client doit être une priorité. Le moment que le consommateur passe dans le restaurant, que ce soit 15 minutes ou 2 heures, doit être exceptionnel. S'il ne se passe rien, il va acheter ailleurs, notamment dans une grande surface ou un food truck. Il faut avoir sa personnalité.»

***

Virage numérique

«Je pense que la digitalisation est une bonne chose à condition qu'on ne supprime pas le contact entre le personnel et le client. La digitalisation est faite pour aider le client et non pas pour se substituer au personnel. Ce dernier doit être encore plus présent auprès du consommateur pour lui parler, le conseiller et lui demander ce qu'il aimerait. La digitalisation peut servir à accélérer le processus. Par exemple, l'addition est une séquence qui va disparaître dans toutes les formes de restauration. C'est trop long. On va voir des applications pour payer avec le cellulaire.»

***

Travailleurs

«L'innovation dans le personnel, c'est simple. Jusqu'à présent, les restaurateurs misaient sur des employés qui avaient les compétences techniques plutôt qu'un aspect commercial. Aujourd'hui, il faut faire le contraire. Il faut aller chercher des gens qui aiment et qui éprouvent du plaisir à faire plaisir à des clients. Et après, on leur apprend comment on porte des assiettes. Il faut maintenant avoir des commerçants souriants dans les salles plutôt que des techniciens.» Jean-Michel Genois Gagnon

Note: La firme conseil Gira est une agence spécialisée dans la restauration à travers le monde. Elle aide entre autres des restaurateurs à ouvrir leur commerce, mais également à retrouver une bonne santé financière.

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