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Desjardins lance un fonds de 100 M$ pour des projets en région

Le président et chef de la direction de... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier, affirme que le nouveau fonds servira à stimuler l'activité économique et l'entrepreneuriat en région et contribuera à la mise sur pied d'incubateurs d'entreprises ou de centres d'entrepreneuriat.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le Mouvement Desjardins lance un nouveau fonds de développement de 100 millions $ pour soutenir des projets porteurs en région, a appris Le Soleil. Les investissements s'étaleront sur les trois prochaines années.

«C'est 30 à 35 millions $ par année qu'on va réinvestir dans les communautés, dans des projets socioéconomiques qui vont émerger de nos caisses, de nos régions, autant au Québec qu'en Ontario», indique en entrevue le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier. Ce dernier avait d'ailleurs pris comme engagement de créer cet outil financier lors de sa campagne à la présidence. 

Le fonds de développement, dont la finalité n'est pas d'être du capital de risque, sera financé à travers les gains d'efficacité générés dans l'ensemble du Mouvement Desjardins, que ce soit à travers les filiales ou le réseau. Chaque caisse aura pour rôle de sélectionner les projets les plus porteurs pour sa communauté.

«Notre but est de stimuler l'activité économique. C'est de stimuler l'entrepreneuriat, de contribuer à la mise sur pied d'incubateurs d'entreprise ou de centres d'entrepreneurship. Cela peut également servir au lancement de coopératives dans le domaine de la santé ou de la solidarité», énumère le grand patron. «Cela peut aussi servir, par exemple, à régler des problèmes de main-d'oeuvre en région. Desjardins pourrait créer des projets où on aide des familles à s'installer en contribuant financièrement à travers des développements immobiliers», poursuit celui qui présentera officiellement le nouveau fonds, jeudi, devant des membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

À la recherche d'un coup de pouce financier, les entreprises en démarrage pourront également profiter de ce nouvel outil financier. 

Ce n'est pas le premier fonds du genre à être mis sur pied par l'institution financière pour aider les entrepreneurs et les communautés. En 2015, le Fonds d'aide au développement du milieu, géré par les caisses, a versé 31,8 millions $ pour des projets. Quant au fonds Desjardins Capital régional et coopératif, au 30 juin 2016, il possède dans son portefeuille des investissements de 177 millions $ dans 67 entreprises de la Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches, 61 millions $ en Estrie, 44 millions $ au Saguenay-Lac-Saint-Jean et 63 millions $ en Mauricie.

Conserver les ristournes

Lors de l'une de ses dernières entrevues comme président du Mouvement Desjardins, Monique F. Leroux avait confié que plusieurs caisses à travers la province travaillaient sur des plans pour distribuer autrement les ristournes aux membres, notamment en misant plutôt sur une ristourne collective, comme c'est le cas de la caisse Desjardins de Lévis. Au lieu de remettre un montant aux membres, l'argent sert plutôt à développer deux ou trois projets dans la communauté.

La création du nouveau Fonds de développement a-t-elle comme objectif de faire disparaître les ristournes individuelles? 

«Non», assure M. Cormier. «Ce n'est pas la même chose, mais c'est la même finalité [que celle de la ristourne collective]. Le fonds de développement de 100 millions $ est du nouvel argent que Desjardins rend disponible au sein des régions pour contribuer à leur développement. Alors que la ristourne, ça va continuer d'être comme c'était. On va permettre chaque année aux différents milieux de caisses de décider si elles veulent une ristourne individuelle ou collective.[...] Personnellement, la ristourne est là pour rester et évoluer en lien avec ce que la communauté va vouloir», conclut-il.

En 2015, Desjardins avait versé 154 millions $ en ristournes à ses membres.

Cinq questions pour Guy Cormier

En poste seulement depuis quelque mois, le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, fait déjà sentir sa présence. Cinq questions au grand patron.

Q Au cours des derniers mois, une cure minceur a été entamée au sein de la coopérative. Plus de 100 postes de directeurs et de vice-présidents ont été abolis. Y a-t-il d'autres coupes à prévoir?

R L'ensemble de l'industrie financière est sous pression. Elle vit des changements importants, autant technologiques [qu'en matière] d'habitudes de consommation des membres et de réglementation. Le Mouvement Desjardins n'est pas sur une île déserte à l'abri. Oui, au cours des prochains mois, on va prendre le temps de toujours se questionner sur nos activités et nos façons de faire. Et les différentes pistes d'optimisation qu'on va voir sur notre chemin, on va les saisir. [...] Chaque année, les départs à la retraite représentent de 3000 à 4000 personnes. On va se questionner si nous avons besoin de les remplacer systématiquement. Si on ne peut pas faire les choses différemment.

Q Les conseillers-robots sont de plus en plus présents dans les institutions financières à travers le monde. Desjardins prévoit-il emboîter le pas?

R C'est une tendance de fond dans certains secteurs d'activité de notre milieu, par exemple la gestion du patrimoine, les activités de courtage à escompte, de courtage en ligne ou là, la présence de conseiller-robot peut avoir une grande valeur ajoutée en termes de proactivité. Par contre, il y a d'autres milieux où nos membres veulent faire affaire avec un planificateur financier, une véritable personne qui prend en charge ces besoins. Le Mouvement Desjardins, oui, actuellement, est actif avec les conseillers-robots. On suit les travaux qui se font. On regarde à quel endroit cela pourrait être porteur pour notre avenir, mais il n'est pas dans ma volonté de remplacer toutes nos personnes dans nos points de service par des conseillers-robots. Ce n'est pas ça que nos membres nous demandent. Actuellement, on n'a pas de conseiller-robot chez Desjardins, on est en train de tester des choses dans nos activités de courtage, mais c'est très embryonnaire.

Q Pour les prochains mois, Desjardins est-il plus en mode acquisition ou consolidation?

R Essentiellement, le Mouvement Desjardins a fait au cours des trois ou quatre dernières années plusieurs acquisitions d'importance (entre autres State Farm). Pour moi, sur l'horizon des 12 à 24 prochains mois, je veux m'assurer qu'on consolide, qu'on va aller chercher toutes les synergies et qu'on va chercher tous les bénéfices de ces acquisitions. En même temps, le marché évolue extrêmement rapidement. Je souhaite consolider nos récentes acquisitions et je souhaite être actif pour poursuivre des partenariats d'affaires avec le monde coopératif canadien ou le monde financier canadien. Et, évidemment, si nous avons des opportunités d'acquisitions, on va les regarder avec intérêt. Toutefois, est-ce que c'est ma priorité de faire une autre grosse transaction? Pas nécessairement. Notre priorité est au Canada et en Europe, on est plus avec des partenariats. Si par secteur d'activité (paiement, fintech, assurance de dommages), il y avait une opportunité qui nous donne une capacité additionnelle [...], on va la regarder avec sérieux.

Q Desjardins a entrepris au cours des dernières années un important virage techno. En mars, Le Soleil révélait qu'il y avait des discussions pour établir un espace 360d - un centre de service destiné aux étudiants de 18 à 30 ans - près de l'Université Laval. Où en sont les pourparlers?

R Dans le cadre de différents projets qui tournaient autour de Montréal, nous avons lancé plusieurs activités d'innovation, notamment au niveau des espaces étudiants [espace 360d]. Nous en avons cinq maintenant. Pour Québec, cela se discute. Je sais qu'il a eu des discussions avec l'Université Laval. [On] en discute à différents endroits, notamment à Sherbrooke.

Q  Des rumeurs de changement de nom pour l'amphithéâtre de Québec ont été soulevées dernièrement, seriez-vous intéressé à vous associer au projet?

R Non, ce n'est pas dans nos priorités. On est déjà très actif en termes de commandites avec le Centre Vidéotron. On a déjà une très bonne visibilité dans la région de Québec. S'il y a des demandes qui émergeraient du groupe Québecor, évidemment on prendrait le temps de les écouter.

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