Hydro-Québec a faim

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De passage dans la capitale, le président-directeur général d'Hydro-Québec, Éric Martel, a livré une conférence mercredi devant des membres de la Chambre de commerce de Québec portant sur le plan stratégique 2016-2020 de la société d'État.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Hydro-Québec a faim! La société d'État cherche à faire des emplettes à l'étranger et envisage la construction d'un nouveau mégaprojet hydroélectrique lorsque le développement de La Romaine sera complété.

De passage dans la capitale, le président-directeur général d'Hydro-Québec, Éric Martel, a livré une conférence mercredi devant des membres de la Chambre de commerce de Québec portant sur le plan stratégique 2016-2020 de la société d'État. Durant son discours, le pdg a confié qu'il étudiait la possibilité de construire une nouvelle grande centrale électrique dans le Grand Nord. 

«Est-ce qu'on construit une prochaine grande centrale? On veut faire ça. On est en train de regarder sur quelle rivière. On discute avec les premières nations pour savoir comment on peut travailler ensemble, a indiqué M. Martel. On voudrait un projet prêt à démarrer en 2020.» 

La construction de la quatrième centrale de La Romaine devrait être complétée en 2020. Actuellement, deux des quatre centrales électriques situées sur la Côte-Nord sont fonctionnelles. À terme, le projet évalué à 6,5 milliards $ fournira 1550 mégawatts (MW) à Hydro-Québec.

Quant à l'ampleur que pourrait avoir le nouveau développement, le patron de la société d'État s'est montré très prudent. «Cela va dépendre de ce que l'on a besoin. Ça pourrait être de l'ampleur de La Romaine. Cela pourrait être plus gros», a-t-il dit. 

Endroit non dévoilé

Pour le moment, M. Martel refuse de révéler les endroits ciblés où pourraient être érigés les barrages. «On pourrait choisir une rivière où on construit deux barrages et au besoin, on en ajoute deux ou trois autres avec le temps», avance-t-il, ajoutant que si le projet d'une nouvelle grande centrale ne voit pas le jour, la société d'État pourrait se tourner vers l'international pour brasser des affaires. «Parce que la chose que je ne veux pas, c'est qu'on perde notre expertise.»

Rappelons qu'en 2012, l'ancien président d'Hydro-Québec Thierry Vandal avait confié qu'il projetait pour 2020 construire deux centrales sur la rivière Petit-Mécatina, de 1200 MW au total.

Nouvelles avenues

Continuellement à la recherche de nouvelles avenues pour garnir ses coffres, le pdg n'a pas caché regarder actuellement attentivement du côté des autres provinces canadiennes, aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Europe pour faire des acquisitions ou développer des partenariats d'affaires. D'ailleurs, cet été, la société d'État est venue bien près de conclure une transaction d'environ 4 milliards $ en Europe. Elle consistait en l'achat de 24,5 % du réseau de lignes de transport RTE appartenant à Énergie de France (EDF).

«Avant les années 90, Hydro-Québec avait toujours une croissance de 5 à 6 %. La société québécoise grossissait et on avait ce volume-là année après année. On faisait peut-être moins attention à nos coûts», indique M. Martel, qui a grandi à Beauport. «Depuis 2007, le défi, c'est que nous n'avons aucune augmentation. Ça fait 10 ans qu'on baisse nos coûts.»

Au cours des dernières années, Hydro-Québec a notamment fait passer son nombre d'employés de 26 000 à 19 500. Cette stratégie «a toutefois ces limites», affirme le pdg, notant qu'il s'agit du plus bas taux de travailleurs depuis 1986. «Je ne peux pas geler le salaire des employés pour les 15 prochaines années, parce qu'on prévoit qu'il n'y aura pas une très grosse augmentation de la demande. Cela amène le défi qu'il faut absolument grossir la ligne de revenu. Et si cela n'a pas lieu au Québec, il faut aller voir ailleurs», poursuit-il.

Tout en poursuivant sa cure minceur, la société d'État souhaite doubler ses revenus d'ici 2030, à 27 milliards $. 

Pour atteindre sa cible, Hydro-Québec espère entre autres augmenter son exportation d'électricité chez nos voisins du sud. La société d'État mise également sur de possibles acquisitions ou fusions pour faire fructifier son avoir. «On travaille actuellement sur six ou sept projets de front et il y en a trois ou quatre plus actifs», conclut M. Martel.

La semaine dernière Hydro-Québec a signé une entente commerciale avec l'Ontario, qui lui rapportera 1 milliard $.

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