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AmeriCan Structures à la conquête de la Chine et de la Corée

Ce croquis illustre un projet d'AmeriCan Structures de... (croquis fourni par AmeriCan Structures)

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Ce croquis illustre un projet d'AmeriCan Structures de 300 unités, en construction actuellement dans la baie de Boston.

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(Québec) Le terrain de jeu d'AmeriCan Structures prend de l'ampleur. L'entreprise de Thetford Mines a décroché des contrats pour 75 millions $ en Corée du Sud, en Chine et aux États-Unis, a appris Le Soleil.

Le carnet de commandes du fabricant de bois s'annonce donc bien garni pour les deux prochaines années, si bien que la compagnie prévoit même doubler au cours des prochains mois la superficie de son usine de production, pour la faire passer de 25 000 à 50 000 pieds carrés, et embaucher environ 25 travailleurs.

Dès le printemps 2017, Ameri­Can Structures entamera la construction d'un projet immobilier mixte comptant 325 unités d'habitation ainsi que de petits hôtels de six chambres avec des lofts. Le développement, évalué à près de 50 millions $, sera sur l'île Jeju en Corée du Sud. Il s'agit du contrat le plus lucratif de l'histoire de l'entreprise.

«Cela va être sur un terrain de golf. C'est un projet de maisons et d'hôtels. Les hôtels vont être situés un peu partout sur le terrain», indique au Soleil René Leclerc, copropriétaire d'AmeriCan Structures avec son fils Maxime. 

Les premiers conteneurs, avec les structures de bois fabriqués à l'usine de Thetford Mines, devraient quitter le port de Vancouver au mois de février pour prendre le large durant une période de 20 jours. Par la suite, des superviseurs d'AmeriCan Structures seront présents sur place pour diriger le chantier, qui emploiera des travailleurs locaux. 

Contrat à Qingdao

Quant au deuxième contrat de 12 millions $, qui se réalisera en partenariat avec une entreprise basée en Chine, soit Eco House, le projet devrait débuter au mois de mars. Il consiste à la construction d'un club house de 20 000 pieds carrés, à Qingdao. La deuxième phase de ce développement prévoit la construction d'une centaine de maisons en bois. 

«C'est un projet également pour un terrain de golf. C'est beaucoup la mode en Chine», souligne M. Leclerc, ajoutant que tout comme pour le chantier en Corée du Sud, les travaux devraient durer environ deux ans.

Si ce contrat se déroule comme prévu, l'homme d'affaires ne cache pas qu'il aimerait avoir à court terme des installations permanentes dans l'Empire du Milieu, surtout que le marché chinois a déjà fait savoir par le passé qu'il souhaitait accroître le nombre de projets immobiliers en bois, afin d'atteindre ses objectifs de réduction des émissions de carbone. 

«Si le projet va bien, je vais faire un joint-venture avec la compagnie de construction Eco House. Le gouvernement de Qingdao leur a donné la responsabilité de faire des constructions en bois. Je vais apporter ma technologie et on va former une nouvelle entreprise qui va être 50-50. On veut ouvrir des bureaux et probablement de la fabrication», explique M. Leclerc, promettant toutefois de garder son usine à Thetford Mines. «Cela va être un très grand pas pour notre entreprise, mais on est prêt à ça. On est rendu là.»

2500 unités à Boston

Du côté du marché américain, M. Leclerc travaille actuellement sur différents projets pour un total de 2500 unités à Boston. «C'est environ des contrats pour 15 millions $. Les constructions sont déjà commencées. C'est entre cinq et six gros projets que nous avons dans le downtown Boston.»

Fondée en 2002, AmeriCan Structures n'en est pas à ses premiers pas en territoire étranger. En 2011, la compagnie avait obtenu un premier contrat en Chine pour un projet de pavillon principal et de huit villas en bois sur un terrain de golf d'une île à Dalian. En 2014, l'entreprise avait également piloté dans l'Empire du Milieu un projet de 10 millions $ pour sept nouveaux centres de recherche en bois de trois étages.

Bien que le carnet de commandes pour 2017 et 2018 soit déjà bien rempli, M. Leclerc n'a pas l'intention de rester les bras croisés. D'autres projets sont actuellement en négociation, notamment en Nouvelle-Guinée. Il s'agirait d'une première percée pour l'entreprise à cet endroit. 

Pour la prochaine année, grâce à ses nouveaux contrats, la compagnie québécoise qui emploie 85 travailleurs réalisera environ 35 % de son chiffre d'affaires en Asie, 60 % aux États-Unis et 5 % au Québec. AmeriCan Strutures se spécialise dans la conception et la fabrication de poutrelles de plancher, de fermes de toit, de murs, de toitures et de planchers préfabriqués.

«Il ne faut pas avoir peur de sortir du pays»

Alors que l'industrie forestière tourne au ralenti, le fabricant de bois de Thetford Mines AmeriCan Structures brasse des affaires à l'étranger comme jamais depuis le lancement de la compagnie en 2002.

La recette du succès? «Il ne faut pas avoir peur de sortir du pays pour faire des affaires et cela s'applique pour tous les secteurs», conseille René Leclerc, copropriétaire d'Ameri­Can Structures. «C'est certain que ce n'est pas facile, il faut s'adapter aux coutumes, mais souvent, c'est très payant comme stratégie», poursuit-il. D'ailleurs, en 2008, lorsque la récession a frappé les États-Unis, AmeriCan Structures s'était tournée vers le marché chinois pour garder ses coffres garnis.

Accord sur le bois d'oeuvre

Depuis un an, plusieurs acteurs du milieu sont inquiets de voir qu'aucun accord encadrant le commerce de bois résineux entre le Canada et les États-Unis n'a encore été signé. Le dernier accord remonte à septembre 2006 et devait se conclure en octobre 2013. Il avait toutefois été prolongé jusqu'en octobre 2015 et aujourd'hui, les pourparlers se poursuivent.

L'impact s'est déjà fait sentir chez certaines compagnies. À Québec, par exemple, la Scierie Leduc, située à Saint-Émile, fermera ses portes au cours des prochains jours.

M. Leclerc confie ne pas être touché par cette situation, même qu'il en tire profit, mais concède qu'elle pourrait avoir «de graves conséquences» sur l'économie.

«Cela avantage notre entreprise, car le bois non transformé - 2 x 4, 2 x 6 ou 2 x 8 - est présentement taxé aux douanes. Lorsque le bois est transformé, comme je fais dans mon usine pour en faire notamment des poutrelles, il n'est pas assujetti à la taxe. Les entreprises américaines ont avantage à acheter des produits transformés», explique l'homme d'affaires. «Mais, s'il n'y a pas d'accord, cela va nuire beaucoup au Québec. L'industrie du bois d'oeuvre représente 60 000 emplois. Si les Américains décident d'acheter leur bois en Russie ou au Brésil, [...] cela va avoir des impacts importants sur le marché», conclut celui qui achète 70 % de son bois dans la province.

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