«Louis, il va brasser la cage!»

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et responsable de la région de la Capitale-Nationale, François Blais, se réjouit de la nomination du président du Groupe Optel, Louis Roy, au Comité consultatif sur l'économie et l'innovation.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) «Les membres du comité ne savent pas ce qui les attend. Louis, il va brasser la cage! C'est une bonne chose», avertit le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et responsable de la région de la Capitale-Nationale, François Blais.

Vendredi dernier, le gouvernement du Québec complétait la formation du Comité consultatif sur l'économie et l'innovation, présidé par l'ancienne présidente du conseil et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Monique F. Leroux, avec la nomination de quatre représentants de la région de Québec. Avec Marie-France Poulin, Nancy Florence Savard et Alain-Jacques Simard, Louis Roy complète le quatuor. Il est cofondateur et président du Groupe Optel, une compagnie qui fait travailler près de 600 personnes et dont le chiffre d'affaires a fait un bond prodigieux de 337 % en trois ans.

Lundi, cette entreprise technologique de Québec spécialisée dans le développement et la fabrication de solutions d'inspection pour les chaînes de production des grands fabricants de médicaments du monde entier annonçait la création de sa nouvelle unité d'affaires - Optel Medevon - qui sera consacrée exclusivement à assurer la traçabilité des dispositifs médicaux. 

Présent à la conférence de presse, le ministre François Blais a remercié Louis Roy d'avoir accepté l'appel lancé par le gouvernement du Québec.

D'entrée de jeu, l'homme d'affaires prévient que les politiciens n'aimeront sans doute pas entendre ce qu'il aura à leur dire.

«Moi, c'est connu, j'ai un point de vue assez marginal», insiste Louis Roy qui, inquiet pour l'avenir des générations futures, ne cesse de répéter que les entreprises ne doivent pas rester sur la touche et adopter un comportement socioresponsable. Pour lui, les profits des entreprises doivent servir à changer le monde.

«Le Groupe Optel n'est pas une entreprise publique. Ma vision n'est donc pas dictée par les résultats financiers trimestriels. Mon horizon est de 25 ans. Vingt-cinq ans pour assurer un avenir durable à nos enfants. Si nous ne faisons rien, la société québécoise va crasher», affirme Louis Roy.

Voir plus loin que le bout de son nez

Parce que l'objectif d'un gouvernement est de se faire réélire, il cherche d'abord et avant tout à «prendre des décisions pour plaire à court terme». Comme construire des ponts et des autoroutes.

C'est pourquoi Louis Roy est convaincu qu'il «n'aura pas l'écoute» du gouvernement.

S'il croit qu'il ne parviendra pas à convaincre le gouvernement de voir plus loin que le bout de son nez, Louis Roy espère cependant que son message trouvera une oreille attentive auprès des leaders économiques de la trempe des Alain Bouchard (Couche-Tard), Louis Vachon (Banque Nationale) ou Michael Sabia (Caisse de dépôt et placement) qui sont aussi membres du Comité consultatif sur l'économie et l'innovation.

À partir de là, croit-il, un mouvement pourrait se mettre en branle pour faire entendre raison aux élus du peuple en vue de l'instauration des mesures favorisant l'avenir des générations montantes et le développement durable.

«Je veux amener le plus d'entrepreneurs à se positionner contre l'évasion fiscale, pour les réinvestissements dans la collectivité, pour la réduction de la pollution et des émissions de gaz à effet de serre et contre le phénomène de l'obsolescence programmée qui encourage la surconsommation», indique Louis Roy.

Et s'il se rend compte qu'il ne «fit» pas dans le comité, l'entrepreneur jure qu'il n'en perdra pas le sommeil. Rien ne l'empêchera de continuer de propager son message.

Il le répète. Son horizon n'est pas de trois mois, mais de 25 ans.

Groupe Optel : après les médicaments... le dentifrice

Président d'Optel Medevon, Alain Chandonnet voit gros. Des revenus annuels de «plusieurs dizaines de millions de dollars par année d'ici cinq ans».

Président du Groupe Optel, la société-mère d'Optel Medevon, Louis Roy n'est pas d'accord avec lui. «Alain est beaucoup trop conservateur. Ça sera plus que ça!»

Et des emplois, la nouvelle unité d'affaires du Groupe Optel consacrée à l'inspection et la traçabilité des dispositifs médicaux prévoit en créer ou en consolider 250 au cours des prochaines années.

Depuis près d'une trentaine d'années, l'entreprise du Parc technologique du Québec métropolitain propose aux fabricants de médicaments des systèmes de vision automatisés permettant d'assurer un suivi constant des produits à partir du site de production jusqu'aux consommateurs. Une façon d'assurer de réduire la contrefaçon de médicaments et les risques liés au mauvais étiquetage, aux erreurs de dosage et au mélange des produits.

Diversification

En créant Optel Medevon, le Groupe Optel, qui possède des usines à Québec, en Irlande, en Inde et au Brésil, opte pour la diversification.

Il part à la conquête du marché des dispositifs médicaux.

Un marché mondial de 500 milliards $ par année très vaste. Ça va du dentifrice au verre de contact, en passant par la pompe à insuline et la machine à résonance magnétique.

Aux États-Unis, une loi a été adoptée - son entrée en vigueur s'étendra jusqu'en 2020 - pour obliger les manufacturiers à assigner un numéro d'identification unique à chaque dispositif médical.

«Plusieurs autres pays sont en train d'emboîter le pas», informe Alain Chandonnet en signalant que le processus d'empaquetage et d'identification est fait généralement manuellement. «Nous proposons un système automatisé de A à Z.»

L'implantation d'un système de traçabilité uniformisé permettra, entre autres, de faciliter le rappel de produits pouvant représenter des dangers pour les consommateurs, d'identifier les produits originaux de ceux qui sont contrefaits et de permettre aux établissements de mieux gérer les inventaires liés aux dates de péremption des produits.

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