Juristes de l'État: grève et espoir de reprise des négos

À Québec, des avocats et notaires manifesteront vêtus... (La Presse, Olivier Jean)

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À Québec, des avocats et notaires manifesteront vêtus de leur toge, lundi dès 8h30 devant la place George-V, sur la Grande Allée.

La Presse, Olivier Jean

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(Québec) Les avocats et notaires de l'État québécois commencent lundi matin leur grève générale illimitée avec des manifestations sur fond «d'ouverture» vers un retour à la table de négociations.

«Il semblerait qu'il y ait espoir d'un retour à la table», a dit au Soleil dimanche le président du syndicat Les avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ), Jean Denis. Ce dernier dit avoir «eu des nouvelles du gouvernement» vendredi. Une discussion «informelle» qui montre toutefois une possible reprise du dialogue, une première depuis juin, selon Me Denis. 

«J'en comprends que notre demande est prise au sérieux. Maintenant, il faudra voir si la machine, c'est-à-dire la table de négociation, va bouger en ce sens-là», a-t-il poursuivi à propos de cette «lueur d'ouverture» pour ces juristes de l'État sans contrat de travail depuis mars 2015.

Ces notaires et avocats travaillent dans les ministères et organismes gouvernementaux. Ils représentent l'État devant divers tribunaux et agissent comme conseillers juridiques pour les ministres et les présidents d'organisme.

Mais la possible ouverture de vendredi ne change en rien, à court terme, le début de la grève générale illimitée votée à 84 % en assemblée le 12 octobre. À ce moment, 751 membres sur 1050 juristes, soit environ 70 % des membres, ont participé au scrutin.

Et le débrayage sera visible. À Québec, des avocats et notaires manifesteront vêtus de leur toge, lundi dès 8h30 devant la place George-V, sur la Grande Allée. La marche descendra jusqu'au palais de justice de Québec, où le président Jean Denis prendra la parole à 10h. La manifestation reviendra vers la haute ville pour 11h30. Me Denis promet une marche sobre. «Il n'y aura pas de "so-so-so-solidarité" ni de chansons, ce sera dans le silence», a-t-il illustré.

D'autres rassemblements sont prévus devant les palais de justice de Montréal, Trois-Rivières, Gatineau, Drummondville, Sept-Îles, Rouyn-Noranda et Val-d'Or.

Le principal point de litige concerne le mode de négociation des conditions de travail.

Les juristes souhaitent un mode d'arbitrage appuyé d'un comité de rémunération en cas d'impasse avec l'employeur. Ce système est notamment appliqué en Ontario, en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Nouvelle-Écosse.

Le dernier débrayage des juristes de l'État remonte à 2011. «La dernière fois, ç'a pris 10 jours et demi avant qu'ils nous fassent une loi spéciale pour nous obliger à rentrer», a expliqué M. Denis.

Projets de loi retardés

La grève risque de créer une certaine paralysie sur le plan législatif à l'Assemblée nationale, notamment pour la rédaction de projets de loi, de règlements et d'avis juridiques.

Dimanche, Jean Denis a énuméré des projets de loi comme celui sur les pitbulls ou encore le projet de loi sur le statut de métropole pour Montréal. Le projet de loi du ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, sur l'étiquetage des organismes génétiquement modifiés (OGM) ou celui sur les pesticides «risquent de ne pas être déposés», a dit le président de LANEQ. 

À la veille du déclenchement de la grève, le Tribunal administratif du travail a fait connaître dimanche aux parties les services essentiels à maintenir. Ils couvrent notamment les procédures d'urgence et celles «nécessaires afin d'éviter la perte d'un droit pour l'État et les citoyens».

Le tribunal reconnaît aussi le «privilège de l'Assemblée nationale» selon lequel les grévistes convoqués à un exercice démocratique comme une commission parlementaires doivent y assister, a expliqué Jean Denis.

Le conflit en bref

• 1100 avocats et juristes de l'État sans contrat de travail depuis mars 2015

• Grève générale illimitée votée à 84 % le 12 octobre avec taux de participation de 70 %

• La rédaction de divers projets de loi risque d'être touchée, dont celui sur les pitbulls, le projet de loi sur le statut de métropole pour Montréal, celui sur l'étiquetage des organismes génétiquement modifiés ou encore celui sur les pesticides.

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